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Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]

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Haku

Originaire depuis le : 19/09/2016
Récits contés : 170

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Âge : 18
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MessageSujet: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Jeu 1 Mar - 18:52

Dans cette immense fourmilière, Haku ne manque pas d’occupations. Survivre est tout un combat depuis son arrivée ici. L’hybrid tente d’assimiler le mode de vie des docks tout en cherchant à s’intégrer le plus naturellement du monde. Le soir venu, il déambule dans les rues, avec sa renastu. Les premiers jours, quand la nuit ne laisse plus place qu’aux fêtards et que la faim se fait sentir, il quitte le cratère et s’en va chasser dans le désert. La perte de ses flèches pendant une tempête l’a obligé à réapprovisionner son stock à partir de débris de bois récupérés aux ateliers. Il rentre à nouveau dans la ville avant le levée du soleil où il cherche un nouveau lieu pour dormir. Il alterne systématiquement ses planques, profitant de sa tente quand c’est possible. Plus tard, il lui vient l’idée de capturer des pigeons pour, au petit matin, aller voir un stand susceptible de le faire griller. Les marchands le regardent avec des yeux ronds, certains refusent, d’autres acceptent. Haku repère les plus compréhensibles, il mémorise également le dédale sinueux de la ville, un gros défi même pour un éclaireur aguerri.

Ayant compris que tous les métaux qui parsèment la ville sont extraites à la mine, il décide d’en visiter une. Le moyen le plus simple est de s’y engager comme aspirant-apprenti. Il fait sans souci passer ses lunettes de pilote pour son dzêta de vision nocturne. Les mineurs lui laissent sa chance et le font pousser des wagonnets et déplacer des sacs lourds comme des ânes morts pendant des heures. Qu’importe, son objectif du soir est réalisé. Le plus dur était l’atmosphère étouffante, lui rappelant son exploration des tunnels oppressants chez la sirène. À la fin de la soirée, il est bien content de recevoir la récompense pour la sueur de son front. Il avoue ensuite ne pas vouloir revenir le lendemain pour trouver un travail où ses aptitudes seraient plus profitables. Son ex-employeur convient qu’il a plus la carrure d’un assistant en mécanique ou d’un futur pilote.

Avec l’argent de cette journée, il a assez pour prendre une chambre individuelle à l’auberge. Il y prend une douche – ce qu’il n’avait pas pu faire à son travail où les douches étaient collectives – avant de s’écrouler sur le lit. Miu vient le rejoindre par la fenêtre, il trouve le sommeil quand les lampes de la rue s’éteignent enfin. Il est réveillé à midi par le personnel voulant libérer la chambre. Piteux, il monte sa tente quelques rues plus loin et poursuit sa journée de sommeil. Sa « bizarrerie », son rythme de vie nocturne l’a toujours handicapé.

Le soir venu, il visite spécialement les docks de Nolmë. Les aéronefs le fascinent peu à peu. Pour tester, il prend un vol qui le mena directement de l’autre côté de la ville. Peu de temps après, il apprend avec consternation que la ville dépend entièrement d’Anathorey pour s’approvisionner, comme une taupe édentée qu’on nourrit pour qu’elle continue de creuser ses tunnels. Il met de côté son affliction et parle à des pilotes et des mécaniciens pour appréhender leurs conditions de vie. La carrière de pilote aurait pu lui convenir mais elle nécessite des merrils d’apprentissage et offre surtout peu de contacts ; il ne devait pas perdre de vue son objectif premier.

Il n’est pas venu ici pour commencer une nouvelle vie, il y est pour comprendre la vie des üniks : un colossal casse-tête sans mode d’emploi. Parfois, il regrette sa décision. Sa forêt lui manque, ses amis et sa famille aussi. Le temps s’écoulerait et il manquerait les années les importantes de son petit frère. Il n’a pas encore trouvé le moyen de leur transmettre discrètement ses nouvelles. Il est seul, isolé. Ses tentatives pour avoir des nouvelles de Diyo se sont révélées jusque là infructueuses. Il a essayé l’annuaire, l’annonce dans le journal et le tour des hôtels, aucun indice. Son ami doit préférer dormir dans les rues, lui aussi. Haku ne tient pas à visiter les commissariats de police. Et il veut encore moins envisager pire éventualité. Sans prévenir, tous les revers et déceptions accumulées le font craquer. Miu sent sa détresse et vient se blottir contre lui. L’anemös laisse ses larmes couler jusqu’à sentir une amélioration. Avec une nouvelle résolution, il quitte les docks pour aller réfléchir au Parterre.

Ses pas le mènent à un bar avant les ruelles menant aux quartiers peu recommandables. Il n’aime pas ces quartiers-ci et les évite comme la peste. Les regards des passants là-bas y sont très perturbants, comme émettant des ondes négatives. L’anemös s’installe au comptoir du bar où des gens bien plus avenants et inoffensifs ne font que se divertir d’une rude journée. Lui avec un sac de voyage et ses lunettes de ville teintées en pleine nuit, doit paraître bien incongru. Après avoir réglé sa consommation, il demande directement au serveur s’il n’a pas la moindre idée du moyen pour retrouver un ami perdu de vue. L’ünik propose l’annuaire. Haku le remercie et soupire. Peut-être n’est-il tout simplement pas ici, il y a d’autres villes à Urban City après tout mais il doit bien y avoir un moyen de se renseigner.

L’éclaireur interroge un ou deux consommateurs sur ce problème avant de s’asseoir à nouveau. Quelques temps après, un ünik quitte ses collègues pour s’asseoir à ses côtés. L’anemös le reconnaît sans peine pour avoir suivi ses instructions dans la mine tout juste la veille. Il a été très gentil avec lui. Le mineur a la petite quarantaine, encore assez de force, la figure crasseuse mais aimable avec des yeux bleus dépourvus d’aura menaçante.

- Salut, mon p’tit. Ça va ? Sinon, j’ai entendu ce que tu disais. Tu cherches un ami à toi et tu as tout essayé, c’est bien ça ?
- Bonsoir monsieur Gates, oui c’est malheureusement ça. Je vous offre un verre ?
- Avec joie.
- Qu’est-ce que je devrais faire à votre avis ?
dit Haku en interpellant le serveur.
- Il s’trouve que je connais l’informateur qu’il te faut. Il m’a aidé pour un cas similaire et il coûte presque rien. Mais il n’a pas de comptoir. Pour le joindre, prends la troisième rue à droite puis la quatrième à gauche et continue jusqu’à trouver une boîte aux lettres toute seule.
- Mais c’est au Ghetto
, constate Haku avec horreur.
- Pas si loin, tu peux y faire un tour rapido. Je te conseille d’y allez de jour. Ah ! Nos verres arrivent ! Laisse-y un message et au bout de quelques jours, tu recevras ta réponse en toute discrétion.
- C’est un renseignement précieux, pourquoi me le divulguer ?
- Et pourquoi pas ? T’es poli, travailleur et tout. J’aimerais pas que mon fils patauge tout seul comme ça. J’te laisse, mes camarades vont s’impatienter.
- Merci pour le renseignement.
- De rien, ravi d’aider. Bon courage, p’tit !
dit-il en emportant sa bière.

Comme quoi, on peut gagner autre chose que des cales aux mains à porter des chargements très lourds. Armé de ce nouvel espoir, l’anemös finit sa boisson tout en écrivant sa requête puis va affronter les quartiers mal famés. Sa Miu adorée le rejoint aussitôt. Ignorant les femmes aux regards concupiscents et les hommes aux têtes de voleurs, il suit les instructions et trouve la boîte aux lettres suspecte. Il use de son don de camouflage pour disparaître dans l’ombre et attend le moins d’affluence possible pour glisser son message.

Un client anonyme a écrit:

Bonsoir/Bonjour, je sollicite vos compétences pour retrouver quelqu’un à Nordkia (et peut-être ailleurs). Il s’agit d’un grand brun un peu taciturne, cernes sous les yeux, iris noires, cheveux courts, nez droit, légère barbe, tatouages noirs, vingtaine d’ihrs, répondant au nom de Diyo. Quand vous voudrez me contacter, allez à l’entrée des docks à la tombée de la nuit et tendez des mûres à un canidé au pelage doré.
Merci d’avance.
H.


Dernière édition par Haku le Dim 18 Mar - 21:57, édité 1 fois
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Dim 18 Mar - 19:56


La lumière du jour perçait à travers les volets mal fermés. Délabrés serait plutôt le bon mot. Même si ces derniers étaient correctement fermés, tant qu’ils ne seraient pas réparés ou remplacés, la clarté continuerait à s’immiscer dans l’appartement miteux. J’ouvris les yeux difficilement. Je détestais être réveillé de cette façon. Devoir sortir des bras de Morphée à cause des rayons du soleil et non pas parce que je n’avais plus sommeil était pire que tout. Cela annonçait une mauvaise journée. Il y avait de grandes chances pour que je sois de mauvaise humeur. Déjà que l’envie n’était pas là, il fallait en plus que j’ai un poids sur la poitrine. La pièce étant suffisamment éclairée, il m’avait suffi de baisser la tête pour trouver l’origine de cette pression. C’était le gosse dont je m’occupais. Nous avions pris l’habitude de dormir ensemble. L’appartement que nous squattions n’étant pas très grand, il n’était pas possible d’y avoir deux chambres distinctes. Le petit avait tendance à venir se blottir contre moi dès que quelque chose le contrariait ou lui faisait peur. Il avait sûrement du faire un cauchemar durant la nuit puisque nous nous n’étions pas endormi dans cette position. Je soupirais avant de caresser doucement sa tignasse brune pour détendre son étreinte, pour apaiser ses craintes. Et peut-être aussi pour calmer un peu ma mauvaise humeur naissante.

Il m’avait fallu de longues minutes pour parvenir à sortir du lit. Il le fallait pourtant. J’avais du travail à faire. Et l’argent ne tombait malheureusement pas du ciel. Après m’être débarbouillé, j’étais sorti. J’avais embarqué avec moi, carnets et autres notes pour mes clients. J’avais laissé tomber les boulots de jour que j’avais l’habitude de faire pour me concentrer sur mes travaux nocturnes. Il y avait des périodes où ce genre de travail était plus important et surtout rapportait plus. C’était le cas en ce moment. Il y avait eu une recrudescence de demandes d’informations concernant des personnes disparues ou d’époux soupçonnés d’adultère. Je n’avais pas eu d’autre choix que « d’abandonner » le travail d’apprenti boulanger pour me concentrer sur ce qui rapportait vraiment. Et pis, ce n’était pas spécialement plus difficile. Lorsque cela se calmerait avec les requêtes, je reprendrais un emploi « normal ».

Le déroulement de la matinée était simple. Je devais faire part du résultat de mes enquêtes aux différents demandeurs. Enfin. Ici, c’était surtout des demandeuses. Les offres concernaient des maris infidèles. Photos à l’appui, j’avais donné raison aux soupçons de trois d’entre elles. Pour la quatrième, malgré les sorties nocturnes de son homme, celui-ci avait un comportement exemplaires. Il avait beau rentré tard, ce n’était qu’à cause du travail qui s’accumulait. En aucun cas, il n’avait trompé sa femme. Au contraire. Il tentait de lui faire une surprise. Bien entendu, je ne vendis pas la mèche pour ce point-là. Une surprise devait rester une surprise. Mes comptes rendus terminés, je retournais à la boite aux lettres afin de voir si de nouvelles missions m’attendaient. Et, effectivement, trois nouvelles demandes m’avaient été formulées. Deux toujours sur des histoires d’adultère et une dernière un peu plus étrange. Le client recherchait un camarade. Une description physique était fournie. Bizarrement, cela me parlait. Ou du moins, m’évoquait quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. J’avais déjà du rencontrer voir même discuter avec cette personne. Il allait falloir que je fouille dans ma mémoire. Et plus précisément dans mes nombreux carnets. De toute façon, ce n’était pas à cette heure-là que je pourrais récolter des informations sur les adultères.

De retour à mon appartement, le gamin était réveillé. Et visiblement, il m’attendait avec impatience. A peine arrivé, il m’avait bondi dessus pour me faire une « surprise ». J’avais simulé l’étonnement avant de soupirer dès qu’il s’était calmé. Je déposais mon sac plastique avec la nourriture prévu pour ce repas sur la petite table. Aussitôt, le garnement s’installa et fouilla à l’intérieur pour trouver l’objet de sa convoitise. C’était vraiment facile à comprendre les enfants. J’attrapais ma part aussi et ce fut à mon tour de fouiller. Les cartons cette fois. Je devais retrouver un carnet dans lequel le nom Diyo était inscrit. Et vu le nombre de volume en ma possession c’était aussi compliqué que de trouver une aiguille dans une botte de foin. Un à un, je passais les carnets de note en revu. Aoru, intrigué par ce que je faisais, se mit à participer. Nous ne saurions pas trop de deux à chercher. Les heures passant, il fallait que je me prépare. Je laissais donc le petit poursuivre les recherches tout seul. Je m’enfermais alors dans la salle d’eau. Je me débarbouillais avant de me changer. J’allais changer de sexe. C’était la meilleure façon de faire parler un homme qui a tendance à aller voir ailleurs. Et puis, c’était « simple » à simuler lorsqu’on avait un corps assez androgyne comme le mien. J’enfilais une jupe courte plissée de couleur rouge. J’agrémentais le bas d’un chemisier blanc donnant une vue dégagée sur ma fausse poitrine. J’arrangeais ma coiffure pour qu’elle soit plus féminine. Il ne restait que la touche maquillage. Fond de teint pour cacher ma cicatrice. Mascara et rouge à lèvres rouges. Je me trouvais vraiment pas mal. En sortant de la salle d’eau, je demandais l’avis de mon jeune colocataire :

- "Alors comment tu me trouves ?"

Bien sûr, il ne répondit pas. Aucun son ne sortit de sa bouche. Il leva juste ses deux pouces. Signe qu’il validait la tenue. Tant mieux. Il me tendit ensuite un carnet. Je le feuilletais rapidement et je tombais sur le nom que nous cherchions tout à l’heure. Il avait fait du bon boulot. Je lui ébouriffais gentiment les cheveux pour le féliciter. J’avais maintenant tout ce qu’il faut. Quelques informations pour commencer la négociation avec le client inconnu et l’accoutrement pour mener mes recherches de nuits pour mes clientes. Avec tout ça, le soir était en train de tomber et il était temps d’aller travailler. Je m’apprêtais à sortir pour retrouver le dénommé H mais le gamin en avait décidé autrement. Il agrippait fermement ma jambe. Je soupirais.

- "Lâches moi Ao, faut que j’y aille. Je reviendrais vite promis."

Il ne relâcha pas sa prise. Il l’agrémenta même en secouant la tête vigoureusement. Deuxième soupir. Je sentais qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Il m’avait fait le même coup lorsque j’avais voulu le ramener chez lui après l’avoir trouvé. Du coup, je cédais à son caprice. Le dénommé H ne devait pas être mauvais. Déjà il recherchait un ami. Il avait écrit sa requête avec des mots de politesse, chose que tous les clients ne faisaient pas. Et s’il connaissait Diyo, il devait être du même continent. Et donc, d’Aoru qui était lui aussi un Hybrid. C’est pour ça qu’il ne sortait pas beaucoup. Il risquait gros si sa véritable nature était découverte. On rencontrerait ce H, je le ramènerais à l’appartement ensuite et je repartirais poursuivre ma mission.

Le garçon était ravi. Il marchait à côté de moi gaiement en me tenant la main. J’étais certain que nous donnions l’impression d’être une mère et son enfant. Je m’en fichais des idées reçues. Les gens pouvaient bien penser ce qu’ils voulaient. Les informations, c’était moi qui les récoltais. Nous arrivâmes au lieu de rendez-vous. A l’entrée des docks. Nous attendîmes que la bestiole indiquée dans le mot arrive. Aoru la guettait. Moi, j’écoutais. Certains dockers terminaient seulement leur journée de travail. Les ragots du jour allaient bon train. Et pis, mon client devait être dans le coin. Le petit garçon tira sur ma manche en pointant du doigt l’animal que l’on attendait. C’est le gamin qui lui tendit des mûres. Le canidé les attrapa avec plaisir et les enfourna dans sa gueule. Il nous indiqua ensuite le chemin pour retrouver son maître. La bête nous dirigea dans une allée non loin de la rue commerçante. Un homme était là. C’était probablement le dénommé H.

- "C’est vous qui recherchait quelqu’un ? Nous devrions aller dans la taverne au bout de la rue. Nous serons plus à l’aise pour discuter. "

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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mar 20 Mar - 18:49

Après avoir déposé sa requête dans la boîte aux lettres, Haku a quitté les ghettos pour reprendre ses activités de recherche. Il se dit après des jours d’errance que le métier de barman serait parfait pour apprendre à connaître les dockers, en plus de prendre place la nuit. Le hic est que c’est vraiment un métier de contact. L’hybrid n’était déjà pas très doué chez lui, à cause de sa timidité et de sa tendance à fixer les gens. Les lunettes teintées qu’il s’est acheté pouvaient résoudre le seconde problème mais qu’en serait-il du premier ? Autre gros souci, l’uniforme. Ses plumes passeront difficilement inaperçus sous le tissu. À cause de ces dernières, il doit s’infiltrer en douce dans la piscine municipale pour se laver pendant la nuit.

Il dort près d’un entrepôt puis mange un dîner composé de pigeon, de légumes frits et de pain frais. Il gagne ensuite l’entrée des docks. Sa tente et son gros sac de voyage reposent à l’abri des regards entre les toits de deux maisons, dans une zone mal éclairée. Il se sent mal d’abandonner son arc, même une soirée, mais il n’en a pas l’utilité en ville. Le manteau qu’il n’a pas quitté depuis le début de son voyage a de longues manches qui dissimulent ses plumes et son couteau de chasse. Pour compléter la panoplie du désert, il a ses lunettes teintées de pilotage vissées sur les yeux.

En dépit de la bonne aura du mineur, l’anemös se méfie de l’informateur, un métier comme celui-ci exige un esprit malin et analytique. Et une fois que Haku lui aura donné ce qu’il veut, libre à lui de le dénoncer aux miliciens. L’hybrid n’est guère au courant des mœurs de ce côté-ci du désert, est-ce que les professionnels de ce genre respectent les secrets, même contre les autorités ? C’est à cause de cette inquiétude qu’il a eu l’idée de recourir à Miu comme intermédiaire. Tout individu qui s’approchera de sa sœur renastu sera soumis à un examen oculaire rigoureux. Heureusement que son agile boule de poil saura fuir et, en cas de nécessité absolue, lancer une boule de feu.

Avant l’arrivée de son agent, il donne l’ordre à sa renastu de ne pas bouger et de rester au milieu de la rue. Miu ne l’entend pas de cette oreille et transgresse la consigne. L’hybrid la remet à l’endroit où il pourra la surveiller et réitère son injonction, recourant à la friandise pour la motiver. Après des affres qui lui aura presque fait regretter son idée, l’éclaireur se fond dans l’ombre grâce à la capacité de camouflage de son don. Il regrette tout de même son idée, il n’y a pas pensé avant mais les renastus n’occupent que le territoire de la Sylva. Il est d’ailleurs étonnant que personne jusqu’alors ne se soit étonné de la présence d’un canidé volant. Peut-être ne remarquent-ils pas les ailes et le confondent avec le renard terrestre.

Miu attend patiemment, les ailes rabattues, que son frère la récompense. Peu de temps après, un enfant de sexe masculin lui tend de la nourriture. Plus de discipline qui tienne ! La morfale se jette sur les fruits avec gourmandise. De son côté, Haku a bien observé le gamin qui désignait son amie du doigt avant de lui tendre précisément les fruits de son message. Celui-ci tenait auparavant la main d’une jeune originaire avec une jupe rouge et des cheveux blancs comme la neige. Haku ne leur trouve pas « d’aura dangereux » et se détend un peu. L’enfant ne l’en intrigue pas moins avec ses trois queues de cheval, une coiffure typique de chez lui.

Suivant son intuition, il se dévoile et extirpe une friandise qui attire sans effort Miu. L’enfant et la jeune originaire la suivent. La surprise le frappe tandis qu’ils approchent. Haku les reconnaît comme deux hybrids. Qui aurait cru en l’entendant que l’éclaireur trouverait deux compatriotes avant son ami ? La plus âgée prend la parole d’un ton assuré :

- C’est vous qui recherchait quelqu’un ? Nous devrions aller dans la taverne au bout de la rue. Nous serons plus à l’aise pour discuter.

La voix masculine lui fait comprendre qu’il s’agit d’un originaire aux deux esprits. L’essentiel est néanmoins qu’il a face à lui son dernier espoir pour retrouver Diyo. Et ce dernier espoir lui propose un lieu auquel il n’avait pas réfléchi. En effet, une taverne c’est blindé de monde et de bruits. Là-bas, on peut discuter sans autant attirer l’œil qu’ici. Quel âne ! Donc après un moment, il répond en oubliant la première question :

- Oui, c’est mieux.

Il oblige Miu à se réfugier sous son manteau et prend le chemin de la taverne. Il ne peut s’empêcher de sourire en voyant l’enfant adorable comme tout qui les accompagne. Son visage s’assombrit ensuite. Si jeune, que fait-il ici ? N’y risque-t-il pas la mort ? Heureusement qu’il est discret. Le petit groupe entre dans la salle et s’installe à une table camouflée par la décoration. Miu sort de sa cachette et s’installe sur le siège d’à côté, le museau intrigué par toutes ces odeurs. Ses yeux toujours masqués par ses lunettes, l'anemös prend la parole :

- Bonsoir. Je vous écoute. Qu’avez-vous à dire sur la mission ? Comment ça se passe ?

Haku a mille questions là-dessus. Combien de temps cela prendra ? Est-ce que ce sera dans ces moyens ? Il se doute que le service n’est pas gratuit, même entre gens dans le même pétrin. Il ne les connaît pas après tout.


Dernière édition par Haku le Mer 28 Mar - 9:42, édité 1 fois
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mer 21 Mar - 11:04


Comme décrit dans le mot qu’il avait laissé dans la boite aux lettres, un petit animal attendait impatiemment dans la rue bondée. Ce fut le gamin qui m’accompagnait qui le remarqua en premier. En même temps, il était plus proche du sol que moi. Il me l’avait désigné du doigt et je lui avais répondu d’un signe de tête qu’il pouvait y aller. Sans hésitation et plein de curiosité, il s’était approché de la bête et avait tendu des mûres qu’elle s’était empressée de dévorer. Son festin terminé, la sorte de renard, qui en la regardant de plus près ne l’était pas tout à fait nous emmena voir son maitre. Celui-ci ne s’était pas posté très loin d’elle. Arrivés à son hauteur, j’avais pris la parole pour lui demander si c’était bien lui le mandataire et pour lui proposer d’aller se poser dans la taverne à proximité d’ici. Ma première question fut ignorée. Néanmoins, après un léger moment d’hésitation, il approuva mon idée. La fausse renarde alla se réfugier sous le manteau de son maitre au grand damne d’Aoru qui s’intéressait à elle. Ce dernier, déçu, reprit ma main avant que nous nous dirigions vers la taverne que j’avais désignée.

Heureusement, elle n’était pas loin. Elle avait beau être en pleine rue, elle n’était pas encore bondée de dockers qui venaient de terminer leur journée. Nous étions arrivés pile au bon moment. L’intérieur était des plus simples. Pas de fioritures. Il y avait juste ce qu’il fallait. Un bar. Des tables. Des chaises. Et un zeste de décoration avec des fausses plantes à droite, à gauche. Nous nous installâmes à une table cachée derrière une grosse plante. Le dénommé H en face de moi, le gamin à côté. La bestiole qui était restée dans le manteau remontra le bout de son nez et s’installa sur le siège à côté de son maitre. Aoru se pencha sous la table pour pouvoir la regarder. Le contraire m’aurait étonné. Je n’avais même pas besoin de jeter un œil dans sa direction pour deviner qu’il essayait de l’attraper. Tant qu’il ne faisait que ça, cela ne me dérangeait pas. Si cela gênait son propriétaire, il n’avait qu’à le dire. Tandis que j’hélais le serveur pour commander une boisson, l’homme en face de moi prit la parole :

Bonsoir. Je vous écoute. Qu’avez-vous à dire sur la mission ? Comment ça se passe ?

Eh ben… Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il entrait vite dans le vif du sujet. Cela faisait à peine quelques heures que j’avais vu sa requête et il pensait que j’avais déjà des résultats ? Il devait être un rêveur… Comme son pote d’ailleurs selon mes souvenirs. M’enfin. Il n’avait pas tout à fait tort. Si je le rencontrais maintenant, c’est que j’avais quelques informations à lui donner. Elle datait un peu mais c’était une base. Le serveur arriva avant que je n’ai pu ouvrir la bouche. Du coup, je commandais pour le gamin et moi. Un verre de lait et une bière. Je laissais mon client faire son choix. J’en profitais pour l’observer un peu plus en détail. Il portait un long manteau de couleur sombre. Il avait un visage fin et semblait être un peu plus jeune que moi. Il avait des cheveux d’une couleur assez unique. Un mélange entre le blond et le roux. Cependant, il ne pouvait pas me battre au niveau de l’originalité capillaire. Avoir l’ensemble de sa tignasse blanche à vingt ans, ce n’était pas courant ! Il aurait pu passer presque inaperçu s’il ne portait pas ces lunettes de pilotes teintés. Je ne parvenais pas à voir ses yeux. S’en était un peu perturbant. Mais bon. Chacun ses particularités. Le choix des boissons terminés, j’attendis que le serveur s’en aille pour prendre la parole :

- "Je vais être clair avec toi. Si tu es d’accord, on va se tutoyer, on a l’air d’avoir à peu près le même âge. Je n’ai pas besoin de ces formes de politesse. Je n’ai pas encore commencé mes recherches. J’ai pour habitude de d’abord rencontrer la personne qui demande mes services avant de me mettre au travail."

Le serveur revint avec les boissons qu’il posa sur la table. Le gamin sortit le nez de sous la table pour porter son verre à la bouche. Il but une gorgée avant de tourner la tête vers moi, l’air de dire « bah, et les biscuits ? » C’était vraiment un gosse qui ne pensait qu’à s’amuser et à manger. Je lâchais un petit soupir  malgré un sourire amusé.

- "Y’a pas de biscuits ici. T’en auras à la maison si t’es sage."

Il fut une mine boudeuse à cause de ma réponse. Malgré tout, il reporta vite son attention sur la bestiole ailée. Il faisait bouger ses doigts sur la table pour l’attirer. Je portais à mon tour mon verre à mes lèvres. J’avais pris une bière pour commencer sobrement la soirée. Pour moi, elle ne se terminerait pas après ce rendez-vous. La nuit serait longue. En reposant mon verre, je repris la parole :

- "Tu peux me parler un peu plus de ton ami ? Celui que tu recherches ? Tu sais pourquoi il est venu à Nordkia ? Depuis quand tu n’as plus de nouvelles ? Où l’as-tu vu la dernière fois ? Ce genre de chose."

J’avais besoin de ce genre d’informations. Déjà pour mes connaissances personnelles. Mais aussi pour vérifier que l’individu qu’il recherchait été bien la même personne que j’avais rencontré par le passé. Un nom n’étant pas unique, ce n’était pas la peine de lui donner de fausses idées. Et pis, il fallait mieux garder un atout dans sa manche.

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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Jeu 22 Mar - 12:45

Dans la taverne, les clients jacassent plus ou moins fort. Du côté de table de Haku, on discute sérieusement. L’enfant est très sage, captivé par le petit animal. Miu préfère jouer à cache-cache. Haku de son côté commande une bière et attend la réponse de son interlocuteur-trice.

- Je n’ai pas encore commencé mes recherches. J’ai pour habitude de d’abord rencontrer la personne qui demande mes services avant de me mettre au travail.
- Je comprends. Je vous-- te remercie quand même de prendre contact aussi vite.


Pour Haku, les formes de politesse restent importantes. Il aurait pu attendre plusieurs de soirs de suite avant de recevoir un signe. Le serveur revient très vite avec leurs boissons, Haku s’étonne de la rapidité du gars mais ça doit être normal vu que la commande est basique et que le peu de clients présents doit déjà être servi. Haku paye sa consommation puis observe le petit échange entre le gosse silencieux et l’adulte. Cette scène lui rappelle tellement lui avec sa mère autrefois. Ce n’est pas son petit frère qui serait aussi timide avec les inconnus. L’anemös ignore toujours leurs noms. En tout cas, il n’a pas l’intention de donner le sien complet en premier. La renastu interrompt ses pensées en reniflant sa bière. Elle lape une fois avant de se retirer, dégoûtée du breuvage de son frère. Elle ne reniflera plus de sitôt son verre ! La petite curieuse se retranche sur son siège en se frottant le museau avec la patte. Le petit garçon sans nom a beau agité les doigts vers elle, l’intéressée reste sauvage.

- Tu peux me parler un peu plus de ton ami ? Celui que tu recherches ? Tu sais pourquoi il est venu à Nordkia ? Depuis quand tu n’as plus de nouvelles ? Où l’as-tu vu la dernière fois ? Ce genre de chose.

Puisqu’ils sont hybrids et que Haku a vraiment envie de retrouver Diyo, il se lance :

- La dernière fois que je l’ai vu, c’était vraiment très loin d’ici, dit avec un sourire nerveux. Il avait besoin de fleurs médicinales pour ses antidotes, de celles qui ne poussent que sur les falaises de Shimizu.

L’anemös se remémore leur aventure ensemble, affrontant côte à côté les pièges de la nature et de la sirène. Le nombre de fois où ils se sont mutuellement tirés de mauvais pas. Il cherche le moindre indice que le phytös sombre a pu laisser filtrer.

- Après ça, il est parti pour son voyage. Il ne m’a pas vraiment expliqué pourquoi il voulait le faire. Je crois qu’il n’aimait pas trop la Sylva. Il aime beaucoup découvrir, c’est simple : dès qu’il entend parler d’un truc étonnant, il va y jeter un coup d’œil… à ses risques et périls. Hormis ça, il est très dur à cerner. Il ne parle pas beaucoup, son visage n’exprime jamais d’émotion.

Il sait malgré ça que Diyo demeure son ami. La brièveté de leurs adieux lui laisse un goût amère, s’il avait pu trouver le moyen de mener celui-ci à s’étendre plus sur son projet… Ils auraient même pu convenir d’un lieu et d’une date de rencontre.

- Enfin bref, ça fait quatre merrils que je n’ai aucune nouvelle de lui, tu imagines bien que les griffons ne traversent pas le désert. Diyo aime comprendre le monde, je ne serais pas étonné d’apprendre qu’il soit allé voir les mécaniciens d’ici ou les scientifiques dans le désert.

Miu se glisse sous la table et disparaît aux yeux qui pouvaient la suivre, un pouvoir qu’elle a développé depuis peu dans cette ville de cuivre et d’airain. Elle s’approche subrepticement de l’enfant jusqu’à toucher ses doigts du bout de son museau humide. Par ce contact, elle retrouve toute son opacité. Mais elle n’est pas venue pour les câlins, elle est venue pour le jeu. Si l’enfant l’attirait contre lui de force, elle repartirait de l’autre côté.

- Crois-tu qu’il soit possible de savoir ce qu’il est devenu ? Combien de temps penses-tu que ça prendra de savoir ? Je peux t’aider de mon côté pour raccourcir les recherches.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Jeu 22 Mar - 20:31


Le décor étant planté, nous étions installés avec nos verres à la main, nous avions commencé notre conversation professionnelle. Après une gorgée de bière, j’étais entré dans le vif du sujet. J’avais besoin d’un peu plus d’informations concernant ce Diyo. Pourquoi était-il venu à Nordkia. Depuis quand ne l’avait-il pas vu ou eu de ses nouvelles ? Cela me donnerait déjà quelques pistes à chercher. De plus, cela me dirait si l’individu que j’avais côtoyé il y a quelques dehnes était le même que celui que le dénommé H recherchait.

Je m’attendais à ce que le jeune homme hésite à parler. Après tout, vu la bête qui l’accompagnait et son accoutrement, il n’était pas d’ici. Le territoire sur lequel il se trouvait lui était donc hostile. Mais je me trompais lourdement. Sans hésitation, il déballa ce qu’il avait à dire. Je l’écoutais attentivement. J’avais très envie de sortir mon carnet et de prendre des notes mais je me retins. J’avais le pré-sentiment qu’il se braquerait si je faisais ça. Ma mémoire serait ma seule alliée pour retenir ce qui se dirait lors de cet entretien. Et aucune chance de compter sur Aoru. Il était bien trop intéressé par la bestiole ailée pour prêter l’oreille à ce qui se passait autour de lui.

La dernière fois qu’il avait vu son ami, il avait besoin de fleurs médicinales. On ne trouvait pas de ça à Nordkia. Et le fait qu’il use du terme « très loin d’ici » confirma mon idée. De même, le lieu les falaises de Shimizu ne m’évoquait pas grand-chose. Je n’avais pas souvenir d’avoir déjà entendu ce nom une fois dans ma vie. Que ce soit dans la Sylva ou chez les Üniks. Néanmoins, cela me donna une indication pour rapprocher l’individu recherché et celui que je connaissais. Le Diyo à ma connaissance m’avait dit qu’il avait des compétences en médecine. Une recherche de plante avec des vertus médicales corroborait l’idée qu’il s’agissait bien de la même personne. Le blond marqua un temps d’arrêt dans son récit. J’en profitais pour reprendre une gorgée de bière. Mais aussi pour enregistrer les informations.

Le jeune homme reprit la parole ensuite. L’autre Hybrid n’avait pas expliqué le pourquoi de son voyage. D’après le garçon en face de moi, il aimait découvrir. Il était juste un peu trop curieux et introverti. Cependant, ce qui me choqua et cela avait dû se voir sur mon visage, ce fut l’aisance qu’a eu le blond de parler du territoire hybrid sans crainte. Sans même baisser le ton. C’était peut-être même plus de l’inconscience que de l’aisance… Il avait quand même cité le terme Sylva dans une phrase sur les terres ennemi. Par réflexe, je jetais un coup d’œil rapide sur ceux qui nous entourait. Si un Ünik avait eu le malheur d’entendre ses paroles, c’était foutu. Pour nous trois. J’aurai beau plaidé le fait que je sois ünik, aider un être de la sylva revenait à trahir son clan. Et donc, la sentence serait la même… Heureusement pour nous, personne n’avait semblé réagir à notre conversation. Pas de grattes papiers. Pas de messes basses. Les mots malheureux de mon interlocuteur n’étaient tombés que dans mon oreille. Je lâchais un soupir de soulagement malgré moi. J’avais affaire à un inconscient. Je devrais être prudent. Autant dans les lieux que je choisis pour le revoir que dans les infos que je lui divulguerais. Et dire que j’avais pensé qu’il semblait plus dégourdi que son pote… Diyo n’avait pas évoqué la Sylva. Lui, par contre, venait de le faire sans la moindre précaution face à un inconnu.

Aoru sursauta à côté de moi sans crier garde. Mon regard se posa sur lui. Il avait finalement réussi à attirer la bestiole près de lui. Enfin. La bête avait enfin décidé de s’approcher. Il avait été surpris puisqu’il n’avait pas vu l’animal arriver. Il aurait un pouvoir ? Je n’avais jamais vu ce genre de bête sur le continent Ünik, ni sur le continent Hybrid. Je n’étais pas capable de dire si ce comportement était normal ou non. Le petit n’essaya pas d’attraper la bestiole. Il préférait agiter ses doigts pour qu’elle tente de les attraper. Par contre, s’il venait à être mordu ou griffer, même pour le jeu, ses larmes sortiraient sûrement. Ou alors il boudera. M’enfin. Le gosse semblait s’amuser pour le moment et c’était le principal. Pendant ce temps, il laissait les grands discutaient.

L’hybrid avait ajouté que cela faisait quatre merrils qu’il n’avait pas vu son ami et que ça ne l’étonnerait pas que ce dernier ce soit enrôlé parmi les mécaniciens ou parmi les scientifique. Je ne pouvais pas lui donner tort. C’était dans un hangar où l’on réparait les aéronefs que je l’avais rencontré.  Il ne s’y était pas retrouvé de sa propre initiative mais il était là-bas quand même. Ce fut ensuite à lui de poser les questions. Il me demandait si je me pensais capable de savoir ce qu’il était devenu. Théoriquement oui. Tout était possible à condition d’y mettre les moyens. Pour le temps, c’était aléatoire. Je ne pouvais pas privilégier une affaire à une autre. Il me proposait même son aide. Je n’en avais pas besoin. Surtout si il lâchait à tout va qu’il venait de la Sylva… Mais j’avais surtout mon réseau et ma méthode de travail. Je n’avais pas besoin de support extérieur.

Je portais à nouveau mon verre à mes lèvres. Le Diyo que j’avais connu et celui qu’il fallait retrouver était la même personne. Cela ne faisait aucun doute. Je l’avais rencontré il y a quelques dehnes de ça. Il y avait donc un trou de plusieurs dizaines jours à retracer. Vu son attirance aux ennuis que j’avais pu constater, la tâche n’allait pas être aisée. Surtout que l’individu avait une tendance à être discret malgré le fait qu’il soit un aimant à problème. Passant inaperçu, peu de personnes auront remarqué ou retenu ses mots, ses attitudes ou ses destinations. Je sortis mon carnet et feuilleta les pages jusqu’à tomber sur celles qui concernaient l’hybrid. Ce n’est qu’après que je repris la parole :

- "Tu as de la chance. Je l’ai déjà rencontré ton Diyo. Et comme tu le pensais, il a bossé avec les mécaniciens. Avec moi pour être plus exact. Tu trouveras le détail sur ces pages."

Je lui tendis le carnet que j’avais dans les mains.

- "J’ai l’impression qu’il a tendance à s’attirer les problèmes. Ça va être compliqué de retracer où il a été depuis que je l’ai vu. Je ne peux pas vraiment estimer le temps que ça va prendre malheureusement. Tout va dépendre des traces qu’il aura laissé derrière lui."

Je lui laissais le temps de digérer le contenu du carnet. Ou plutôt, de déchiffrer mon écriture. Je terminais mon verre. Aoru se mit à tirer sur le bas de ma chemise. Il avait les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux. Sa boisson avait été renversée. Une partie s’étalait sur la table. L’autre s’approchait du sol. Ses vêtements avaient été tachés aussi. C’était surement le résultat de leur jeu entre la bestiole et lui. Je saisis une serviette qui trainait pour éponger l’accident. Ce n’était pas la peine de le disputer. J’estimais qu’il avait déjà été assez sage. Nous allions rentrer de toute façon.

- "On va s’arrêter là pour aujourd’hui. J’ai d’autres missions qui m’attendent pour ce soir.  Pour la suite, saches que j’ai l’habitude de recontacter mes clients au bout d’une dehne plus ou moins. Peu importe si j’ai des éléments nouveaux ou pas. Au sujet de ma rémunération, je ne demande aucune avance. Ce n’est qu’une fois toutes les informations livrées que je demande le paiement."

Je me levais. Le petit fit de même. Je remis correctement ma jupe avant de me rapprocher du jeune homme. Je lui tendis la main :

- "Je m’appelles Kei. Et si mes méthodes te conviennent, j’accepte la requête que tu m’as soumise."

Je me rapprochais de lui pour lui murmurer à l’oreille.

- "Si je peux me permettre un conseil, tu devrais éviter de  parler de la Sylva sur ce territoire, à des inconnus."

Le petit garçon attrapa ma main libre et je m’éloigna un peu.

- "Si jamais tu as besoin de me contacter avant notre prochain rendez-vous, tu me trouveras facilement dans les bars à proximité des ghettos. Bonne soirée à toi."

Aoru fit un signe de la main à la bestiole ainsi qu’à l’adulte qui l’accompagnait. Entre le moment où nous étions entrés et le moment où nous étions sortis, la taverne s’était remplie. L’air frais du soir nous fit du bien. Et je sentais que le petit était fatigué. Direction la maison. Et le lit. Pour lui en tout cas. Moi, j’avais encore du travail.

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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Sam 24 Mar - 20:08

Son ou sa future associée l’a écouté très attentivement pendant qu’il répondait à ses questions. De temps à temps, Haku jetait un coup d’œil au gamin, vite rejoint par sa chipie qui utilisait encore ce don qu’elle avait développé il ne sait comment. L’enfant joue avec elle et elle tente d’attraper ses doigts avec ses pattes de velours aux petites griffes.

- Tu as de la chance. Je l’ai déjà rencontré ton Diyo. Et comme tu le pensais, il a bossé avec les mécaniciens. Avec moi pour être plus exact. Tu trouveras le détail sur ces pages.

Une étincelle d’espoir allume les yeux de Haku. Et en disant ça, l’autre hybrid lui tend un carnet. Haku observe l’objet pendant que l’autre continue, lui expliquant être incapable de donner une estimation du temps nécessaire pour retrouver la trace du phytös. Invité à le faire, Haku ouvre le livret et déchiffre l’écriture en pattes de mouche. De ce qu’il arrive à lire, ça ressemble effectivement à ce qu’une personne étrangère penserait de Diyo. Un bruit de liquide qui se renverse le tire de sa lecture, il semblerait que leurs deux petits protégés aient fait une bêtise. Haku pince la bouche et fixe Miu – ce qui derrière des verres teintés ne sert pas à grand-chose – la renarde le regarde avec ses oreilles rabattues en guise de soumission. De là où il est, il ne peut pas trop la saisir par le cou et la gronder sans qu’un œil perdu ne risque de la voir. Au lieu de ça, il aide à nettoyer.

- On va s’arrêter là pour aujourd’hui. J’ai d’autres missions qui m’attendent pour ce soir. Pour la suite, saches que j’ai l’habitude de recontacter mes clients au bout d’une dehne plus ou moins. Peu importe si j’ai des éléments nouveaux ou pas. Au sujet de ma rémunération, je ne demande aucune avance. Ce n’est qu’une fois toutes les informations livrées que je demande le paiement.
- Justement, quel paiement ?


La session approche de sa fin. Les deux autres originaires se lèvent et l’adulte tendit la main à Haku, acceptant leur accord. Ils sont maintenant deux à chercher Diyo ! Un professionnel en plus ! Haku prend la main tendue en le remerciant. L’originaire dénommé Kei se rapproche de lui jusqu’à pouvoir murmurer près de son oreille :

- Si je peux me permettre un conseil, tu devrais éviter de parler de la Sylva sur ce territoire, à des inconnus.

À entendre son « conseil », Kei ne risque pas trop de lui faire confiance. Au moment où il a énoncé le mot « Sylva », il lui semble bien avoir vu l’autre originaire prendre peur et regarder aux alentours. Haku conçoit une pointe de remord pour avoir été aussi causant. Il pensait s’adresser à un autre hybrid et même maintenant, il n’a pas de raison de douter à ce sujet mais les mouchards existent. Même si sa voix ne porte pas ou qu’il se croit en sécurité, il doit toujours rester vigilant. Néanmoins, le mot « Sylva » n’est pas banni des conversations, lui-même est bien allé très professionnellement de ce côté-ci du désert. Et c’est réciproque, en tant qu’éclaireur, Haku est tout de même au courant des opérations et formations militaires qui se font en forêt.

- Je garderai mon passé pour moi dorénavant, je ne pensais pas que seuls les élites pouvaient aller dans la forêt, répond-il tout aussi bas.

Heureusement, l’affaire n’est pas perdue, ils se quittent même en bons termes. Quant au gamin, il aura beaucoup plu à l’anemös : silencieux pendant tout l’entretien et débordant de vie, un peu comme une certaine boule de poils. Ah, ça, ils se sont trouvés ! Cette dernière est occupée à éliminer les traces de lait sur son pelage. L’anemös la fait revenir sous son manteau pour qu’ils puissent quitter l’établissement en toute discrétion.

La soirée est loin d’être finie pour lui aussi. Il retourne au Parterre chercher de quoi gagner sa subsistance comme un vrai ünik. Sur la route, il croise des miliciens üniks, heureusement ces derniers ne prêtent aucune intention à lui, trop occupés à trouver un bar sans doute. En chemin, il s’arrête devant une échoppe de vêtements chercher un tissu à même de recouvrir les plumes de ses bras plus pratique que son manteau d’extérieur. Il trouve le gilet adéquat mais ses derniers égirs vont y passer. Il lui faut vraiment trouver quelque chose avant d’être obligé de retourner dans les mines.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Dim 22 Avr - 12:00


Aoru et moi avions pris congé de mon client. Je n’avais pas manqué de le mettre en garde sur la facilité avec laquelle il avait évoqué son passé dans la Sylva. Ce sujet étant plus ou moins tabou ici, il fallait mieux rester discret. Les Üniks n’appréciant pas les Hybrids, il valait mieux ne pas ébruiter le fait que l’on provienne de cette région du monde. Cependant, ma mise en garde sembla l’avoir plus vexé qu’autre chose vu sa réponse… Tant pis. Il était assez grand pour savoir se débrouiller. Autrement, il ne serait pas parvenu jusqu’à Nordkia. J’avais autres choses à faire que de jouer les chaperons.

Nous faisions route jusqu’à l’appartement. C’était ce qui était convenu à la base. Et il n’y aurait pas de négociation possible. Aoru m’accompagnait uniquement pour cette rencontre-là. Pour le reste de la nuit, je travaillerais seul. Je n’allais quand même pas emmener un gosse trainer dans les bars et jouer de son charme. Bien que je me doutais que cela intéresserait certains pervers. Arrivés à la maison, le petit alla se débarbouiller et se changer. De mon côté, je sortis un carnet vide et inscrit à l’intérieur la conversation que j’avais eu quelques temps plus tôt avec l’Hybrid. D’ailleurs, il ne m’avait pas donné son nom. Pas grave, je lui demanderais lors de notre prochaine rencontre. Une fois le gamin couché, celui-ci avait encore une moue boudeuse. Il en voulait plus. Et surtout, il aurait aimé que je reste avec lui. Je pouvais le comprendre. Cela faisait un moment que je n’avais pas passé une nuit complète ici. Les missions de nuits s’enchainant, c’était devenu compliqué. Je le rassurais gentiment en lui disant que la nuit prochaine je resterais avec lui. Je lui en faisais la promesse. Cela sembla avoir l’effet escompté puisque le gosse finit par s’allonger sans plus rechigner.

- "Allez j’y vais. Tu n’ouvres la porte à personne compris ? A demain."

Je sortis et ferma la porte derrière moi. Direction la tournée des bars. C’était loin de m’enchanter mais je n’avais pas le choix. C’était par là-bas que trainaient les hommes. Surtout ceux qui avaient des pratiques pas très catholiques. Je sentais les regards se poser sur moi dans les rues malfamées. Comme d’habitude lorsque j’arborais cette tenue. C’était l’avantage d’avoir un corps comme le mien. Je pouvais aussi bien être une femme qu’un homme. L’adage selon lequel l’habit faisait le moine me correspondait parfaitement dans ces moments-là. Et tant que je ne me vendais pas, les Üniks n’y voyaient que du feu. J’entrais dans le bar le plus réputé. La chance me souriait. L’un des premiers types que j’étais censé voir était là. Il était rare que je tombe sur le bon dès le premier coup. A croire que Mère Nature était avec moi ce soir. Sans attendre, je lui fis mon numéro de charme. Je m’étais installé à côté de lui, l’air de rien. J’avais commandé un verre. D’un alcool un peu fort. Il fallait bien ça pour faire croire à la fille facile. Je lui jetais des coups d’œil. Subtil. Mais pas trop. Il fallait quand même qu’il les remarque sinon il n’y avait aucun intérêt. Lorsqu’il remarqua mon petit manège, je m’approchais un peu plus. Nos doigts se touchèrent. Nos regards se croisèrent. Un sourire. Il portait toujours son alliance à sa main. Je lui fis gentiment la remarque. Sa réponse me laissa un peu perplexe. Le mariage était pour lui la pire prison qui soit. Toutes ses libertés lui auraient été volées. Et il avait besoin de ‘s’amuser’  un peu. De plus, toujours selon ses dires, sa femme devait faire la même chose de son côté car ils n’avaient pas couché ensemble depuis une éternité. Bonjour la vie de couple. Intérieurement, je soupirais. J’avais vraiment du mal à comprendre ce genre d’individu. Cela n’arriverait jamais. Et d’un côté, cela faisait fructifier mon business. Ayant eu ce que je voulais – j’avais enregistré la conversation - je pris congé de cet homme. Le suivant subirait le même sort.

J’étais sur le chemin de l’appartement. J’avais juste envie de rentrer. Il était plus que temps. J’avais su faire parler trois hommes ce soir. C’était amplement suffisant. J’avais même dû aller au contact charnel avec l’un d’eux. Il n’avait pas voulu me lâcher. Cela ne me dérangeait pas d’embrasser des hommes. Ça ne me faisait ni chaud, ni froid. Le contraire, par contre, m’aurait peut-être plus gêné.  M’enfin, là n’était pas le sujet. J’avais dû l’assommer avant qu’il ne découvre le poteau rose. Le pauvre allait se réveiller avec un beau mal de crâne. Et une femme enragée l’attendrait surement chez lui. D’ailleurs, moi aussi j’avais des douleurs crâniennes. Je n’aurais peut-être pas dû m’enfiler autant d’alcool cette nuit. Ça devenait vraiment une sale habitude. Et pis, j’avais mal aux pieds avec ses talons que j’avais fini par retirer à mi-route. Je devais vraiment avoir une sale dégaine. Cela n’empêchait pas certains hommes de m’interpeller. Je préférais les ignorer. Une fois à la maison, je pris une bonne douche avant de tomber littéralement dans le lit, que le gamin avait tenu au chaud, et de m’endormir.

Le lendemain, le réveil fut tout aussi difficile que celui de la veille et de l’avant-veille. Il allait vraiment falloir que j’arrête de boire lorsque je faisais ce genre de mission. J’avais l’impression d’être un p’tit vieux alors que je sortais à peine du lit. Je soupirais alors que le gosse roupillait encore à côté de moi. Il en avait de la chance lui. Aucun souci. Il n’avait qu’à vivre sa p’tite vie sans se préoccuper de quoique ce soit. C’était vraiment le rêve d’être un gamin.  Enfin, un gamin comme lui. J’allais prendre ma douche avant de me décider à le réveiller. Comme d’habitude, j’eus besoin de le secouer assez violement pour qu’il daigne ouvrir ne serais ce qu’un œil. Par contre, je n’ai eu besoin que de le dire qu’une seule fois que s’il voulait sortir avec moi, il avait dix minutes pour se préparer. Il n’en fallu pas plus pour qu’il se bouge. Une fois prêt, nous sortîmes.

Nous nous étions d’abord rendus chez les femmes qui doutaient de la fidélité de leur mari. Mon enquête de la veille. Je leur fis mon rapport. Elles ne manquèrent pas de poser quelques questions sur la relation que nous avions avec Aoru. Père et fils ? Frères ? N’ayant pas envie d’entrer dans les détails, je disais que nous étions de la même fratrie. C’était le plus simple. La suite serait plus compliquée. Je voulais commencer à récolter quelques informations pour l’hybrid que j’avais vu la veille. J’avais une petite idée d’où commencer. Là où j’avais rencontré le disparu. S’il était perdu, il irait probablement dans un endroit où il s’était déjà rendu. Du moins, c’était la théorie qui guidait mes pas. Je n’allais pas demander des informations à mon ancien employeur. La rupture ayant été difficile, je n’avais pas l’intention de rejeter de l’huile sur le feu. Par contre, je connaissais un restaurateur qui pouvait peut être m’aider. L’enseigne était délabrée et ne donnait pas forcément envie de manger ici mais c’était pourtant là que l’on mangeait le mieux. L’accueil était toujours chaleureux pour qui était apprécié :

- "Oh Kei ! Cela faisait longtemps qu’on t’avait pas vu traîner par ici ! Comment ça se passe pour toi ? C’est qui le marmot avec toi ? D’puis quand t’as un gosse toi ?"

- "Comme tu peux le voir, ça se passe. On se débrouille comme on peut. Et c’est pas mon gosse, j’suis bien trop jeune pour ça ! C’est mon apprenti."

Le petit, un peu intimidé par la grosse voix du vieux bonhomme, se planqua dans mes jupons. C’était pas encore ça. En même temps, je ne le faisais pas sortir souvent. M’enfin. Nous nous installâmes à une table et je commandai à manger pour deux. Des pâtes feraient amplement l’affaire pour cette fois. Même après avoir choisi, Aoru continuait à regarder le menu. J’étais sûr qu’il voulait déchiffrer et savoir ce qu’étaient les plats qu’il ne connaissait pas. Rapidement, je lui expliquais ce que contenaient les repas qu’il désignait de son index, jusqu’à l’arrivée de nos plats. Là, mes paroles changèrent de destinataire. J’interrogeais notre hôte concernant le brun. J’étais venu avec lui à l’époque et il me semblait qu’il avait plutôt bien mangé. Il était donc logique de penser qu’il avait pu revenir ici seul par la suite. Le restaurateur eut un peu de mal à se souvenir. Il était vieux après tout et sa mémoire lui faisait facilement défaut. Il fut cependant capable de me dire qu’il était repassé une ou deux fois depuis. Mais que cela faisait un petit moment qu’il n’était plus venu déjeuner dans le restaurant. Il ajouta également qu’il avait récemment entendu que les cas de disparition c’était fait de plus en plus fréquent. Je remerciais le vieil homme en lui donnant un pourboire en plus du cout de nos deux plats.

Des personnes qui disparaissaient. Cela faudrait le coup de creuser. Le brun m’avait semblé assez naif et curieux lorsque je l’avais rencontré. Il paraissait être le genre d’individu à attirer les ennuis comme un aimant malgré lui. Il ne serait pas étonnant qu’il se soit retrouvé dans une sale histoire. Surtout dans les ghettos. J’avais ma nouvelle piste. Et c’était exactement ce qu’il me fallait. J’allais poursuivre mes recherches dans ce sens et recontacter le dénommé H dès que j’aurai de nouvelles informations. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises.



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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mar 24 Avr - 1:30

Hrp:
 
Ayant préféré garder ses dernières économies pour des dépenses plus impératives, l’hybrid infiltré continue son chemin à travers le Parterre. Les ruelles sont encore imprégnées de l’odeur de nourriture. Haku cédera à la faim plus tard. Même si chasser lui prend du temps et réduit cruellement la diversité de ses repas, il a encore besoin d’argent. Il n’a pas cessé d’en dépenser depuis son arrivée ici. Même pour les besoins les plus basiques, il faut payer alors qu’à la Sylva, tu peux aisément te débrouiller. Les üniks ne connaissant pas le troc, dès que Haku soulève cette idée, elle est refusée avec dédain. De toute façon, il n’a plus que ses mains à vendre. Il s’est délesté à contre-cœur du seul outil dont il pouvait se passer – une gouge coudée pour sculpter le bois – en échange d’une somme modique avalée en un rien de temps.

Haku poursuit sa ronde pour trouver d’autres nouvelles idées. Sa conseillère, la nuit peine à se faire respecter avec ces lumières orangées et fades assez présentes pour occulter les étoiles. Les rues ne manquent pas d’animation, contrairement à Mura no Mori. Ça jase, ça rigole, ça se bouscule, ça crie même de temps à autre. Haku se glisse au milieu de cette ambiance sans émettre de vague, il n’est pas un sujet très intéressant à regarder en dépit de ses lunettes de pilote.

L’odeur de nourriture se fait plus forte encore et le fait saliver. Il regarde un attroupement devant un commerce ouvert sur la rue. Deux üniks occupés devant des fours en face d’une petite file à peu près ordonnée de clients. Il est trop occupé à lire l’enseigne et les inscriptions pour remarquer sa renastu d’amie quémander une mini-pizza à une fillette. La mère interdit à cette dernière de toucher l’animal « plein de puces ». Haku tourne la tête dans leur direction à ces mots. Miu trouve une nouvelle cible pour ses suppliques et agite sa mignonne petite tête devant une ünik d’une quinzaine d’ihrs accompagnée d’un confrère masculin indifférent à la scène. L’hybrid retourne à sa lecture. Après avoir survolé les menus, il lit attentivement une affiche disant « CHERCHE LIVREUR (SOIR) ».

Un éclairci ! Il faut essayer et... ne pas espérer trop vite malgré tout. Il est trop tard pour demander maintenant que les employés sont débordés mais Haku peut revenir à la fin du service ou juste avant celui du lendemain. L’éclaireur repère la rue et s’en va, laissant le fragile espoir derrière lui. Miu l’accompagne en se léchant les babines, signe que son numéro de charme a porté ses fruits. Aucune des boutiques qu’il croise ne demande explicitement de la main d’œuvre et Haku est trop timide pour demander ouvertement une chose aussi culottée.

Les familles disparaissent complètement de la circulation, ne laissant que les plus fêtards. Et les plus désespérés. Quoi qu’il n’est plus aussi désespéré qu’avant. Certes, il n’a toujours pas de ressources mais il a l’impression d’avoir avancé. Il retrouvera peut-être Diyo grâce à Kei et ses préoccupations de survie le laisseront peut-être assez tranquille pour croiser des üniks et apprendre à connaître l’état d’esprit général des dockers. L’éclaireur trouve aussi très intrigants Kei et le petit hybrid, il se demande quelles raisons les a poussés à venir en territoire si dangereux.

Haku prend son courage à deux mains et pénètre dans les ghettos. Il n’aime vraiment pas ces quartiers. Les regards glissent moins naturellement sur lui. Ces habitants ont l’esprit plus parano qu’ailleurs. Alors l’anemös utilise son don pour se fondre dans l’ombre.

Il ne s’y attendait pas vraiment mais il reconnaît les cheveux blancs de Kei à la sortie d’un bar. Le petit hybrid ne l’accompagne pas, heureusement d’ailleurs. Il y a trop d’üniks dans les parages et surtout des üniks désinhibés par l’alcool. Kei, par contre, ne doit pas en être à sa première sortie. L’originaire disparaît dans une ruelle mais la curiosité de Haku est titillée. Avec résignation, il poursuit son chemin. Comme il aurait aimé savoir où allait ce drôle d’hybrid !

Miu a disparu de son champs de vision, elle doit se balader sur les toits. Des pas un peu trop proches éveillent ses sens. Il tourne la tête pour voir la personne qui s’est mis l’idée en tête de le coller. Un individu d’une trentaine d’ihrs, en santé correcte, avec un regard pas jojo, et un mouchoir crasseux dans sa main. Tout en l’étudiant ainsi derrière ses lunettes teintés, l’éclaireur exhibe son arme, plus pour espérer dissuader l’autre d’attaquer que d’y avoir vraiment recours.

- Je peux vous aider ?

Haku peut voir sa narine se contracter tandis que l’individu enregistre la situation. L’anemös cru à une réédition avant que l’autre ne sort un couteau et ne tente sa chance. Haku esquive l’attaque visant sa tête puis frappe violemment le ventre de son assaillant avec son poing. L’individu s’écroule sur le sol, laissant l’hybrid face à un nouveau choix. Il n’a pas de corde pour ligoter l’individu et encore moins le livrer aux autorités. De plus, c’est assez dangereux si l’un d’eux se met en tête d’examiner Haku de plus près. Sa formation d’éclaireur lui souffle de fouiller l’individu. Il range son arme et place l’ünik contre le mur, à l’abri des regards d’éventuels arrivants. Il lui confisque la lame et le mouchoir qui l’ont menacé et tire de ses poches, des objets sans marques distinctives : une bourse, quelques égirs – euh guinées – et un bout de papier déchiré. Il prend le tout et quitte les ghettos. Il a eu sa dose pour le moment.

Il retourne à l’échoppe de pizzas où la file d’attente a disparue. Les employés nettoient l’endroit quand il se présente en tant que Harry, candidat pour l’annonce. Un des employés lui pose quelques questions en continuant son ouvrage. Il tique un peu sur les lunettes et Haku répond ce qui commence à lui venir naturellement, à savoir le mensonge qu’il s’agit de son dzêta. Tout en lui expliquant les conditions du métier, il le fait participer un peu puis lui dit de revenir à neuf heures tapantes, avant le début du service. Pour Haku, l’opportunité est bonne, il sera proche des clients et des employés, l’occasion de leur parler et en même temps de gagner de la monnaie – sans compter la pizza à la fin du service.

Haku retourne sur les toits où il a laissé ses affaires en début de soirée. Sa nuit se passe dans la solitude, il trouve l’absence de Miu longue. Il la perdait de vue de temps en temps mais elle lui tenait toujours compagnie la plupart du temps. Il a peur pour elle, si un autre individu louche se mettait en tête d’attraper une renarde volante ? Quand il était enfant, il se faisait beaucoup grondé pour disparaître dans la nature tard le soir et ça ne l’empêchait pas de recommencer. Cette nuit, il comprend ce qu’un parent ressent.

Il mange des restes de pigeon grillé de la veille quand il sent un animal approcher.

- Bah, t’étais où ?

La renastu lui présente un rat mort pour toute réponse. L’aube se lève et Haku s’endort, sa petite sœur dans les bras. Il a complètement oublié de lire le morceau de papier du voleur.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Dim 29 Avr - 19:10


Les jours se suivaient et se ressemblaient tous. Mis sur la piste de disparitions « inexplicables », j’avais orienté mes recherches là-dessus. Cependant, trouver des informations sur des personnes disparues s’avéraient être le plus difficile. Ceux qui savent, ne divulguent rien, et ceux qui ne savent pas, racontent des rumeurs plus ou moins fondées. Il était, dès lors, difficile de distinguer le vrai du faux. Et il n’était pas question de donner des informations approximatives à mon client. Je passais le trois quart de mon temps à trainer dans les bars et les restaurants. Parfois seul, notamment le soir, parfois accompagné du gamin. Malgré le temps investi, les résultats n’étaient pas vraiment là. Même mes quelques relations dans le milieu des informateurs ne pouvaient me donner satisfaction. Au fil des jours j’avais abandonné mes habits féminins pour reprendre mes habitudes. Un bon vieux sweet à capuche bleu marine qui cachait à merveille ma tignasse ma blanche et un jean délavé dont les coutures étaient prêtes à céder à tout moment.

Aujourd’hui encore, j’étais installé dans un bar dans la banlieue de Nordkia. J’avais élargie mes recherches à ce niveau. Toutes les choses louches se tramaient dans le ghetto mais souvent, les informations filtraient plus facilement dans les banlieues. Les gens se sentaient plus à l’abri des oreilles indiscrètes et leur langue se déliait plus facilement. Je sirotais mon verre de grenadine tout en retraçant, dans mon carnet, les mots qui parvenaient à mes oreilles. Je n’allais quand même pas commencer à boire de l’alcool en pleine après-midi. Je ne donnais pas cher de mon état si je poursuivais sur cette voie jusqu’au soir. Voir, tard dans la nuit. Autant conserver le peu de dignité et de lucidité qu’il me restait. Les discussions autour de moi n’avaient malheureusement pas grand intérêt. Les hommes étant encore au travail à cette heure-là, c’était principalement des femmes qui étaient présentes. Je pourrais aller leur faire la cour pour passer le temps mais cela ne m’intéressait pas des masses. Je n’étais pas de ce genre-là. Malgré le fait que je restais dans mon coin, certaines venaient quand même s’incruster à ma table. Gentiment, je les rembarrais en disant que j’attendais quelqu’un.

Le soir tombait enfin. Les dames laissaient place à leurs maris. L’ambiance changea radicalement. Ca gueulait plus fort. L’alcool tournait plus. Les ragots qui s’échangeaient n’étaient plus les même. Ils étaient bien plus intéressants pour moi. Certains racontaient leur dure journée de labeur. D’autres crachaient sur leur boss ou leur femme. Mais surtout, un petit groupe semblait s’être mis à l’écart. Pour me rapprocher d’eux et entendre leur conversation, j’avais pris position au bar. Ils parlèrent d’abord de l’apparition d’une nouvelle drogue qui faisait sensation en ce moment. Cette dernière serait fournie par un gang des ghettos. Quand je disais que tous les trucs louches venaient de là-bas et était raconté ici. Ce n’était pas vraiment le genre d’informations dont j’avais besoin et envie maintenant. Je soupirais. Pourquoi rien ne filtrait sur ces disparitions ? Je demandais au tavernier de me mettre un verre de rhum. Ce fut mon premier mais loin d’être le dernier. L’un après l’autre, l’alcool contenu dans les verres descendaient dans mon gosier. Je pressentais déjà la gueule de bois du lendemain. En même temps, ce gérant de bar abusait ! J’avais à peine vidé le récipient qu’il me le remplissait à nouveau. A croire qu’il me défiait de poursuivre la lutte face à l’ivresse qui me gagnait.

J’avais fini par poser mon front contre le bois du comptoir. Le goût et la senteur de l’alcool emplissaient chacun de mes sens. Je n’étais même pas certain d’être capable de tenir debout. Le retour à la maison promettait d’être rigolo. Je dormirais peut-être dans la rue. Cela serait sûrement plus sûr. Malgré tout, je continuais à garder mon verre dans ma main et à agiter son contenu. Je n’avais pas encore perdu. Néanmoins, je poursuivais mon écoute. Mon cerveau et mes doigts n’enregistraient plus rien. Mais mes oreilles fonctionnaient toujours. Et heureusement ! La conversation du groupe que j’avais commencé à espionner avant ma beuverie prenait une tournure intéressante.

- "Y parait qu’des Hybrids auraient été vu en bas. Vous pensez qu’c’est vrai ?"

- "C’est pas déconnant comme rumeurs. Toi aussi, t’as sûrement d’jà vu des gars avec un air complètement ahuri quand il r’garde autour d’eux. Ça existe pas par chez eux tous nos engins."

- "Ahaha, c’est bien vrai ça ! Et quand tu leur causes, ils comprennent que dalle !"

J’avais rejoint le groupe, non sans tituber, et j’avais donné une tape amicale dans le dos de l’homme qui venait de prendre la parole. J’avais parlé un peu fort. L’alcool ne me réussissait décidément pas.

- "T’es déjà tombé sur l’un d’eux ?"

- "Bah ouais ! Ca s’voit comme le nez au milieu du pif. Euh non… Le pif au milieu d’la tronche."

- "Et ? T’as fais quoi avec c’Hybrid ? Tu l’as dénoncé après ?"

- "Rolala, j’aurai pas du boire autant… La prochaine fois, patron arrêtait de remplir mon verre !"

Je frottais ma tempe. Comme si ça allait calmer ma douleur. T’es qu’un idiot Kei. Et le tavernier avec son p’tit sourire en coin m’agaçait. Il avait bien réussi son coup. Je mis quelques secondes à réaliser la question qu’il m’avait posée.

- "Hein ? Bah nan. On m’auro posé trop de questions et j’aurai paru louche de connaitre un Hybrid. J’ai d’autres choses à faire que d’balancer des types et pis j’suis po copain avec la garde."

- "C’est dommage, t’aurais pu te faire un p’tit paquet de fric mais si ça t’intéresse pas, préviens nous si jamais tu tombes encore sur ce genre d’individu."

- "De quoi tu parles? En quoi balancer ces types rapporterait du pognon ? Une fois chopé ils sont interrogés par la garde et buté non ?"

- "Tout dépend qui les trouve. Si c’est la garde, ça se passe comme tu l’as dit. Mais d’autres personnes sont intéressées. Ce qui est rare et cher. Avec la fin de la guerre, il est difficile de tomber sur des Hybrids et les gens d’la haute ne sont pas contre un peu de variété parmi leur larbin. "

- "Ah merde ! Si j’avais su ça avant !"

Bien que fonctionnant au ralenti, mon cerveau avait compris ce qu’avait raconté le bonhomme à côté de moi. Il avait même pris la peine de se rapprocher pour murmurer ses dernières phrases. La conversation continua sur ce sujet mais ce qui était dit avait peu d’importance. Aucun nom ou adresse ne sortirent de la bouche du groupe. Malheureusement. Puis, l’un après l’autre, ils prirent congés.

Je m’affalais sur la table. J’avais mal au crâne et l’odeur d’alcool dans mes narines me donnait la gerbe. Je réfléchissais à la conversation que je venais d’avoir. Si ce qu’il disait était vrai, un marché d’hybrid se tenait à Nordkia. Sûrement dans les ghettos, là où rien n’est considéré comme contraire à la loi. Les nobles devaient descendre là-bas ou plutôt, envoyé des mandataires faire leur course. Dans ce cas, le moindre individu suspect ou qui montrerait de la curiosité mal placé serait catégorisé comme non-ünik, et serait donc une marchandise potentielle sur ce marché. J’en eus un frisson. Cela faisait froid dans le dos. Heureusement que j’avais débarqué de ce côté du désert avant tout ça. Si Diyo avait poursuivi ses recherches avec la même discrétion qu’il avait eue avec moi, il était sans doute déjà tombé dans leur filet. La question était donc de savoir s’il était toujours sur le marché ou si un acheteur lui avait été trouvé. Le pire des scénarios serait la seconde option. La meilleure serait qu’il soit tout simplement rentré dans sa forêt.

- "T’as eu ce que tu voulais gamin. Rentres chez toi maintenant, c’est pas un hôtel ici et j’aimerais bien fermer. "

Je tournais la tête vers l’origine de la voix. Le tavernier. C’était un comique c’lui là. C’était de sa faute si j’étais dans cet état. Je soupirais et lui demanda un verre d’eau, histoire de faire descendre un peu tout l’alcool que j’avais bu ce soir. Il ne se fit pas prier. Une fois le récipient vide, je parvins, par miracle à me lever. Atteindre la porte fut plus difficile que prévue. Ma vue était bien floue. Mes jambes me semblaient tellement lourdes que j’avais l’impression d’avoir des boulets aux pieds. Sans parler du fait que je n’avançais pas droit. Une fois dehors, le vent me donna une bonne claque. Je n’arriverais jamais à rentrer chez moi. Je parvins à me glisser dans une ruelle, à l’abri de la brise qui me frappait à chaque fois. Je m’installais et termina ma nuit ici.

Aux aurores, lorsque d’autres ivrognes vinrent me secouer, je retournai chez moi. Je sentais ma tête sur le point d’exploser. Mais je n’avais pas le choix. Je mis bien trente minutes pour rentrer. Habituellement, dix suffisait. Le gamin s’inquiéta en me voyant dans cet état mais je le rassurais. Je pris une bonne douche froide avant de retrouver mon lit. Je resterais là jusqu’à ce soir. Je sortirais peut être à midi pour tenter de retrouver H. J’aurai pu envoyer Aoru mais vu ce que j’avais entendu la veille, je préférais éviter. J’allais veiller sur lui. Même si cela ne faisait pas longtemps que je l’avais rencontré et que l’on cohabitait, je m’étais attaché à ce gamin. Nous passâmes la journée ensemble, à squatter l’appartement. Puis le soir approcha.

Aoru et moi nous prîmes la route. Je ne savais pas trop où je pouvais retrouver le dénommé H mais il avait un physique et un accoutrement facilement repérable. Et puis, son animal ne devait pas trainer trop loin de lui. Je ne doutais pas un instant que le gamin ne puisse pas retrouver la bête. Il venait de la Sylva lui aussi après tout. Je demandais à quelques personnes s’ils avaient croisé un individu correspondant à sa description. La chance nous sourit. Un livreur de pizza semblait répondre au descriptif. Nous nous dirigeâmes vers l’adresse de l’échoppe. Je me positionnais au coin de la rue. Ayant encore un peu –beaucoup- la gueule de bois, j’allais laisser le petit passer le mot du rendez-vous. Je lui avais donné le bout de papier. Il n’avait qu’à attendre devant le magasin que H revienne et lui donner. L’adulte devrait reconnaitre l’enfant facilement.

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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Lun 30 Avr - 13:28

Hrp:
 

La dernière dehne est passée en s’améliorant pour Haku. Depuis qu’il a parlé avec Kei et trouver une sorte de rôle au sein de la ville, il a le cœur plus léger. Son travail l’occupe de neuf heures à treize, il aide au renouvellement des stocks, la propreté des fours puis quand les clients arrivent, il parcourt le quartier de long en large pour livrer. Il n’a pas le temps de profiter de plus de deux secondes de pause tant il y a toujours quelque chose à faire. Son orientation et ses repérages préalables du terrain sont sans cesse sollicité, si bien que l’éclaireur connaît bien vite les rues de « son » secteur. Il croise quelques secondes de nouveaux üniks, des jeunes comme lui pour la plupart et des moins jeunes mais tous différents. Il leur offre son sourire le plus enjouée – pas tant pour les pourboires que le besoin de bien faire et de plaire. Déjà au bout de cinq-six jours, il remarque les habitués avec qui il peut glisser quelques phrases – rien de folichon mais déjà plus.

Le premier acompte lui permet de payer – sur les conseils de son employeur – la pension d’une propriétaire ridée par le souci. Le métier semble épuisant à l’entendre se plaindre. Elle rumine contre les payeurs en retard, les casseurs de mobilier, ceux qui planquent de la drogue, les fantômes. Le rythme de vie de Haku ne la fait même pas sourciller. Elle lui explique qu’un autre locataire travaille de nuit mais elle ne précise pas dans quel domaine. C’est peut-être un tord mais Haku ne cherche pas à rencontrer ses locataires. Il devrait peut-être mais il est tellement épuisé – et content d’avoir trouvé un logement fixe. Il fait rentrer Miu en secret dans sa nouvelle chambre. Ses journées sont simples et répétitives : Haku dort le jour dans son lit en mezzanine, mange les plats préparés et les sandwichs froides de la propriétaire en bas, va travailler puis poursuit ses rondes nocturnes – avec tout ce dédale, il y a de quoi faire.

Après avoir proposé de faire lui-même le ménage de sa chambre et de d’approvisionner la cuisinière en pigeon frais, celle-ci le porte définitivement en affection. Chose étrange, elle lui demande de ne surtout pas dire aux autres de quel animal il s’agit. Entre deux râleries, la vieille femme lui enseigne une certaine forme de « normalité » pour les üniks. Sur ses conseils, il se procure une veste de ville avec des poches, verdâtre (vert asperge pour être précise) qui s’arrête à la taille, une casquette du même tissu et un jean lâche en coton gris (qui devait être blanc à l’origine). Ça change de la grande cape du désert. Il aurait l’air d’un ünik sans son visage hybrid dissimulé sous ses lunettes de soleil. Quand on s’interroge dessus, il prétexte avoir les yeux ultra-sensibles à la lumière depuis un accident d’enfance. Ses lunettes de pilote ne quitte pas son cou, en fait, il adore tellement ces lunettes qu’il pourrait presque les rapporter en Sylva. Non, ce n’est vraiment pas raisonnable.

Ce soir, après avoir livré sept pizza pour sa seconde tournée, il remarque un petit hybrid familier pile devant son échoppe. Ce ne peut pas être une coïncidence. Il va à la rencontre du jeune garçon en lui demandant si c’est pour lui et si c’est urgent. L’enfant ne répond rien et lui tend un bout de papier. Il le lit tout en demandant au messager muet s’il va bien.

Qu’est-ce que Kei a bien pu trouver sur la piste de Diyo ?

C’est là que son patron l’interpelle :

- Harry ! Y a des commandes à faire livrer, viens tout de suite ! Les clients vont attendre !
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mar 1 Mai - 13:19


J’étais caché dans l’ombre d’un des nombreux restaurants de la rue commerçante. Mon look me permettait de passer quasiment inaperçu. Jean. Basket. Sweet à capuche. Tandis que mes oreilles captaient les ragots environnants, mes yeux, eux, veillaient sur Aoru. Le petit garçon remplissait son rôle à merveille. Il s’était posté devant un pizzaïolo et il attendait mon client. Je lui avais demandé de lui remettre un mot. Ce dernier indiquait juste une heure et un lieu de rendez-vous. Le dénommé H ne se fit pas trop attendre, et c’était tant mieux. L’enfant accomplit sa mission en donnant le morceau de papier. Il attendit que l’adulte lise l’information. De là où j’étais, je ne fus pas capable d’entendre ce que l’Hybrid avait dit. J’avais juste vu le petit acquiescer avant qu’il ne revienne dans ma direction. Il ne restait plus qu’à patienter jusqu’à l’heure indiquée.

J’avais donné rendez-vous dans un petit resto dans la rue où travaillait H. Quant à l’horaire, j’avais estimé l’heure de fin de service. Aoru et moi n’avions plus qu’à attendre que l’Hybrid termine son travail et nous rejoigne. Je nous avais déjà commandé à manger. Le gamin n’avait pas arrêté de zieuter les assiettes des personnes aux autres tables. Et puis, c’était un gourmand. Étonnamment, les plats arrivèrent vite. C’était loin de déplaire au petit qui se jeta littéralement sur son assiette. Je lui donnais une petite tape sur la tête. Ok il avait faim mais ce n’était pas une raison pour se comporter comme un sauvage. Il fit la moue mais je n’en démordais pas. Il devait se comporter correctement. Je pris mes couverts pour montrer l’exemple et entama mon plat.

Ce n’est que quelques temps après la fin du repas que H décida de nous rejoindre. Les assiettes avaient déjà été débarrassées et sur la table il ne restait plus que les verres. Tout en restant assis, je lui fis un signe pour qu’il nous repère. Même si ce n’était pas bien compliqué. Aoru était bien sage. Il avait su trouver des crayons je ne sais où et il était concentré à dessiner dans mon carnet. L’hybrid prit place en face de moi. Je lui demandais d’abord s’il voulait boire ou manger quelque chose. Selon sa réponse, j’allais appeler le serveur pour commander.

- "Je vois que tu as changé de style et que tu t’es trouvé quelque chose à faire. Tu as eu raison, tu passes un peu plus inaperçu comme ça."

Je saisis mon verre et en but une gorgée. Je tournais à l’eau aujourd’hui. Pas question de recommencer comme la veille. J’avais déjà bien de la chance que mon mal de crâne ce soit dissipé. Il fallait de toute façon que je reste sobre. Je jetais un coup d’œil au gamin. Il s’attelait toujours à faire ses dessins. Il se ferait sûrement un plaisir de me les montrer tout à l’heure. Il viendrait tout sourire, avec sa gueule d’ange et tout fier de son œuvre. Enfin. Là n’était pas le sujet. H devait s’impatienter.

- "Ca va faire une dehne que l’on s’est vu. J’ai fait des recherches sur ton pote. Je n’ai pas encore d’informations sur l’endroit où il se trouve ou ce qu’il fait. Par contre, j’ai une piste sérieuse que je dois explorer. Y’a des rumeurs qui circulent sur des disparitions de personnes. Y’en a tous les jours de ces histoires. Mais là c’est différent. Les üniks traquent les étrangers, et notamment les gens comme nous. Au moindre faux pas on peut paraitre suspect à leurs yeux."

Je marquais un temps d’arrêt. Il fallait qu’il encaisse la gravité de la situation. Heureusement qu’il avait changé de look et qu’il s’était trouvé un travail. Il paraissait beaucoup moins suspect dans ces conditions-là. Diyo, par contre, du souvenir que j’en ai, était loin d’avoir eu cette présence d’esprit. Il avait posé des questions étranges pour un ünik et s’étonnait de toute la technologie. Il faisait un candidat parfait pour ce réseau. Cette piste me semblait suffisamment plausible pour y mettre le nez.

- "Lorsque j’ai rencontrais Diyo, son attitude aurait pu paraitre suspect aux yeux de ces gars. Ça ne m’étonnerait pas qu’il se soit fait avoir. Il faut encore que je capte le réseau et que je me renseigne sur leur pratique."



HRP:
 
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Haku

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mer 2 Mai - 12:34

Après le travail, Haku a hâte de se reposer et surtout hâte de savoir ce que Kei avait trouvé de nouveau sur Diyo. Content, il entre dans le restaurant choisi pour le rendez-vous. Il repère Kei et le petit sans mal, bien que le premier ait radicalement changé de tenue. L'hybrid s'assoit en face des deux autres. Kei lui demande s'il désire boire ou manger. Haku commande un simple jus de fruits puisqu’il a déjà mangé une pizza végétarienne, trop bonne par ailleurs.

- Je vois que tu as changé de style et que tu t’es trouvé quelque chose à faire. Tu as eu raison, tu passes un peu plus inaperçu comme ça.
- Ça ne t'a pas empêché de me retrouver,
remarque Haku, curieux de savoir comment Kei avait réussi.

Kei boit son verre, le silence s’installe à la table tandis que Haku tourne la tête vers le petit hybrid concentré sur son dessin.

- Ça va faire une dehne que l’on s’est vu. J’ai fait des recherches sur ton pote. Je n’ai pas encore d’informations sur l’endroit où il se trouve ou ce qu’il fait. Par contre, j’ai une piste sérieuse que je dois explorer. Y’a des rumeurs qui circulent sur des disparitions de personnes. Y’en a tous les jours de ces histoires. Mais là c’est différent. Les üniks traquent les étrangers, et notamment les gens comme nous. Au moindre faux pas on peut paraître suspect à leurs yeux.

Dans le vif du sujet, Kei ne manque pas de mettre en garde Haku contre eux et aussi de ne pas les trahir. C’est du moins ce que Haku comprend à demi-mots. L’éclaireur se remémore son altercation avec l’individu suspect d’il y a neuf jours. Il réalise progressivement ce face à qui Diyo a pu faire face. L’anemös était trop optimiste jusqu'ici pour penser que son ami se ferait prendre. Il n’a jamais vu l’apothicaire employer sa force en dehors de l’escalade après tout. Kei reprend la parole :

- Lorsque j’ai rencontré Diyo, son attitude aurait pu paraître suspect aux yeux de ces gars. Ça ne m’étonnerait pas qu’il se soit fait avoir. Il faut encore que je capte le réseau et que je me renseigne sur leur pratique.
- Qu’est-ce que tu penses qu’ils leur font s’ils ne les tuent pas ?
Demande Haku tout bas, presque en murmurant.

Avant que Kei n’ait pu finir une réponse, un fracas de verre s’entende. Personne n’était à proximité pourtant. Les quelques clients qui tournent la tête ne voient rien de plus. L’agitation se tasse un peu et Haku se ré-adosse à son siège.

- La dehne dernière, il s’est passé un incident curieux. J’étais allé dans les ghettos dans l’espoir de trouver quelque chose moi aussi… J’ai manqué de me faire surprendre par un type. Il s’était glissé dans mon dos, je l’ai mis à terre mais je n’ai pas pu l’identifier. Tout ce qu’il avait de curieux sur lui, c’était un bout de papier. Je ne l’ai pas sur moi mais ça disai--

Il est interrompu par la sensation familière de la pression de petites pattes d’animal sur ses cuisses. Miu, redevenue visible pointe le bout de son museau au dessus de la table et adresse à l’anemös un regard direct et plein d’espoir. Heureusement qu’elle ne glapit pas ! L’anemös la plaque sous la table. Il jette un regard dégagé vers le reste de la pièce pour guetter le moindre regard dans sa direction. Rassuré, il se tourne vers Kei pour murmurer :

- Ça disait « O-E-J, 6j 15h ».

Si « O-E-J » ne parle pas du tout à Haku, le reste évoque une date et une heure.

Hrp:
 


Dernière édition par Haku le Dim 6 Mai - 21:36, édité 1 fois
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Dim 6 Mai - 18:14


L’Hybrid avait fini par nous rejoindre. Juste au moment où nous avions terminé notre repas. Poliment, je lui avais demandé s’il voulait quelque à boire ou à manger. Le jeune homme ne commanda qu’un jus de fruit. Je lui avais fait remarquer la bonne idée qu’il avait eu de se relooker et d’avoir trouvé un travail. Cela le rendrait beaucoup moins suspect aux yeux de tous. Il ne manqua pas de me tacler sur le fait que malgré son changement d’apparence, j’étais parvenu à le retrouver. Ce à quoi je lui répondis :

- "Je serais un piètre informateur si je n’étais pas capable de trouver les infos donc j’avais moi-même besoin, tu crois pas ?"

Je lui avais ensuite expliqué ce que j’avais pu trouver comme informations. Aussi faibles étaient-elles. Je n’avais pas non plus beaucoup de certitudes. Même si mes suppositions avaient de grandes chances de s’avérer vraies. Le dénommé H, suite à mes remarques, posa une question intéressante. S’ils ne tuaient pas les originaires qui leur semblaient suspect, que faisaient-ils d’eux ? J’avais moi-même réfléchi à cette interrogation. La réponse tombait presque sous le sens lorsque l’on connaissait un peu le milieu et les habitudes des Üniks. Il était plus que probable que les Hybrids qui s’étaient fait attrapés soient à présent asservi à un type de la haute d’Anathorey. Et dans ces cas-là, il serait difficile, voire même impossible, de l’aider. Il ne restait qu’à espérer que les enchères soient régulières mais suffisamment espacées pour que le stock soit au rendez-vous.

- "A mon avis, ils ne vont pas les tuer. Néanmoins, je suis sûr que la mort serait presque mieux que ce qui les attend. Ce qui est rare est cher et on ne trouve pas des…"

Je ne pus terminer ma phrase qu’un bruit de verre qu’on éclate me coupe la parole. La surprise nous fit tous sursauter. Notamment le gamin qui, par réflexe, avait saisi le bas de mon sweet. Je jetai un coup d’œil rapide sur l’ensemble de la pièce pour tenter de déterminer d’où avait bien pu provenir le bruit. Des verres avaient été brisés derrière le bar. Peut-être un employé maladroit ou un vent fort. Je posais la main sur la tignasse brune d’Aoru et l’ébouriffât par le rassurer. Il n’y avait rien à craindre. Nous nous réinstallâmes sur nos sièges et se fut l’Hybrid qui reprit la parole. Il disait que quelque chose d’étrange lui était arrivé lors de la dehne qui avait suivi notre rencontre. Il avait voulu jouer les curieux et s’était rendu dans les ghettos. Mauvaise idée lorsque l’on ne connaissait pas le coin. Surtout en étant ce qu’il était… Il me raconta sa mésaventure. Un type l’avait suivi et pris par surprise. Heureusement pour lui, l’hybrid était parvenu à le maitriser. Il avait eu de la chance. Il aurait pu finir comme les pauvres qui avaient disparu.

H allait poursuivre sur un élément qui l’avait intrigué. Il avait récupéré un mot qui était surement tombé de la poche de son agresseur. Malheureusement, il ne l’avait pas emporté avec lui. Néanmoins, il avait retenu ce qui y était écrit. Il s’apprêtait à m’en faire part, lorsqu’il se stoppa net. Un museau noir apparut de sous la table et semblait quémander quelque chose à son maître. Il rembarra la bête avant de s’inquiéter des yeux indiscrets. La situation me fit sourire. J’aurai pu faire la même avec le gamin à côté de moi. Lorsqu’il reporta son attention sur moi, il me partagea le contenu du mot qu’il avait découvert :

O-E-J, 6j 15h

Cela faisait clairement penser à un lieu et une heure de rendez-vous. Dans 6 jours, à 15h au O-E-J. Quand mon client avait-il choppé ce papier à son agresseur ? Combien de temps exactement s’était écoulé ? Et surtout, combien nous en restait-il pour trouver le lieu et les modalités d’admissions ? Je doutais fortement que c’était porte ouverte à tous. Je m’affalais un peu plus sur ma chaise. Le O-E-J correspondait sûrement aux initiales du lieu. Malgré tout, là comme ça, je n’avais aucune idée duquel il s’agissait.

- "Ca fait penser à un lieu de rendez-vous. Quand exactement as-tu eu cet imprévu ? Combien de temps nous reste-t-il ? Je pense O E et J corresponde aux initiales de l’endroit. Ao."

Je laissais le brun réfléchir à l’estimation du temps imparti. Le petit avait levé les yeux vers moi. Je lui pris le carnet des mains. J’inscrivais rapidement le contenu du papier dicté par l’Hybrid sur un page encore vierge. J’en sortis ensuite une feuille pliée en quatre avant de rendre le carnet au gamin. Je dépliai la feuille sur la table. Il s’agissait d’une carte de Nordkia. Plus ou moins complète. Les lieux des bars et autres lieux stratégiques des gangs y étaient inscrits. Je l’avais alimenté moi-même et je sortais rarement sans l’avoir dans mes poches. Quatre lieux avaient comme abréviation O-E-J. Je les pointais du doigt pour les montrer à mon client. Tous correspondaient à des lieux de divertissements. Bars, boite de nuit, théâtre.  

- "Alors, on a le One-Eyed-Jack, le On-Earth-Jail, le Oak’s-Ectoplasmic-Jokes et le Obelisk’s Eagle Jackpot. Tous des lieux de la nuit et aux mains des gangs de toutes sortes des ghettos. Il va falloir se renseigner sur les évènements prévus et sur leurs activités réelles. Je n’aurai sûrement pas le temps de tous les faire. Que penses-tu d’en faire deux chacun ?"



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Dernière édition par Kei Hynawa le Ven 18 Mai - 20:50, édité 1 fois
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Haku

Originaire depuis le : 19/09/2016
Récits contés : 170

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Âge : 18
Groupe: Anemös
Inventaire: Un arc, des flèches, un couteau de chasseur, un appeau à raton-laveur, un ruban protecteur, un maillot anti-chaleur, un papier magique et une petite renatsu

MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   Mar 8 Mai - 22:42

Hrp:
 
Il se fait tard, le restaurant se vide peu à peu. Quelques tables restent encore occupées mais le brouhaha diminue et du même coup la couverture de leur discussion. Le fracas de tout à l’heure est oublié et l’insouciante responsable se pelote sur les genoux de son frère hybrid en se laissant docilement caressée par celui-ci. Ce dernier a raconté son incident et révélé le mot du voleur à Kei.

- Ça fait penser à un lieu de rendez-vous. Quand exactement as-tu eu cet imprévu ? Combien de temps nous reste-t-il ?
- Euh… huit ou neuf nuits
, répond Haku avec gêne.

L’hybrid regrette à présent de ne pas avoir pris l’initiative de contacter Kei pour lui en faire part plus tôt. Il ne pensait pas que l’incident pouvait avoir un quelconque lien avec Diyo ou d‘autres hybrids disparus. Il s’était contenté de ne plus retourner au Ghetto.

- Mais dans quatre jours, ce sera le sixième jour de la dehne, dit-il avec un soupçon d’espoir dans la voix. Si c’était hebdomadaire… ?

Kei a pris le carnet au petit « Ao » pour y gribouiller quelques mots avant de sortir une carte de la ville-cratère annotée par ses soins. Haku ne peut qu’admirer ce travail consciencieux. L’originaire aux cheveux blancs pointe du doigt quatre intitulés de lieux.

- Alors, on a le One-Eyed-Jack, le On-Earth-Jail, le Oak’s-Ectoplasmic-Jokes et le Obelisk’s Eagle Jackot.
C’est quoi ces noms barbares ?
- Tous des lieux de la nuit et aux mains des gangs de toutes sortes des ghettos. Il va falloir se renseigner sur les évènements prévus et sur leurs activités réelles. Je n’aurai sûrement pas le temps de tous les faire. Que penses-tu d’en faire deux chacun ?

Les pensées se bousculent dans la tête de Haku. L’anemös ferait n’importe quoi pour sauver un originaire, en particulier un ami. Il y a quatre lieux susceptibles d’avoir accueilli de force Diyo et le temps semble compté plus que jamais. À tel point que Kei qui disait se débrouiller par ses propres moyens lui propose de participer à l’investigation.
Son cerveau d’éclaireur imagine et analyse la situation : lui, dans un lieu étranger au milieu d’üniks comme celui qu’il a croisé au ghetto, à poser des questions l’air de rien sur les activités douteuses du bar. Cela le plus rapidement possible et sans se faire prendre.

- Ça a l’air très dangereux pour… quelqu’un comme moi.

De plus, il ne connaît pas les « gangs » et leur code. Il avait à l’instant failli demandé à Kei de lui expliquer le mot avant de se rappeler quelques réflexions de la propriétaire de sa pension. Un gang lui semble être un groupe de voleurs malveillants, la notion reste très vague pour lui. Haku, en bon fils né paisiblement à Mura no Mori, est incapable d’appréhender les activités de ce type de regroupement.

- Ce n’est pas comme ici...

Haku regard son verre en se demandant comment aider Kei à retrouver Diyo. Bon, certes il n’a fait que prospecter depuis son arrivée, certes il commence à connaître les dockers, certes il n’a pas encore été démasqué, certes il a maîtrisé un gars tout seul... Mais il n’a jamais eu affaire à plusieurs üniks à l’affût d’hybrids ; s’il a acquis tout ça, c’est bien parce qu’il est resté en zone tranquille. C’est dommage que pour une fois que l’autre lui fasse confiance, il décline la proposition. Après tout, si Kei le propose, c’est qu’il pense sincèrement Haku capable de se fondre dans la masse.

- C’est d’accord. Dis-moi juste un minimum d’informations sur les O… bâtiments.

Et c’est ainsi que Haku se décide à agir. La prudence lui dicte de laisser le travail à Kei mais une autre petite voix lui dit de sauter le pas. Cette petite voix doit être son instinct d’éclaireur ou sa témérité d’anemös mais peu importe au final sa nature.

Pendant ce temps, Miu réclame d’autres caresses en frottant sa petite tête contre Haku. De sous la table, elle déploie ses ailes dorées.
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MessageSujet: Re: Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]   

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Comment précipiter des retrouvailles [PV Kei Hynawa]

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