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[Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)

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Jeune fille traquée (Sally S.)

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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Mar 5 Déc - 22:11

Impuissant, Cecil n'avait plus qu'à jouer les valets de pied jusqu'à ce que les autres reviennent. Les invités ne furent pas longtemps perturbés par ce qu'ils avaient pris pour une simple panne de courant, et bientôt la fête battit son plein de nouveau. Il rongeait son frein en servant ces messieurs dames de la haute société à laquelle il appartenait autrefois, sans mot dire, courbant l'échine face aux puissants qui mangeaient, buvaient et dansaient tout leur saoul. Mettre du cœur à l'ouvrage était la seule technique qu'il avait trouvée pour éviter d'être paralysé par l'angoisse. Il tournait et virait partout dans la salle, apportait plats et petits fours au buffet, servait autant de verres qu'en débarrassaient ses collègues. Le mouvement de va et viens des domestiques entrant, sortant, sinuant dans la salle faisait l'effet d'un bal dans le bal, plus laborieux mais tout aussi dansant que le premier. Les premiers signes de fatigue se manifestèrent cependant chez les convives qui avaient un peu forcé sur la boisson. Beaucoup quittèrent la piste de danse pour se laisser aller sur les chaises la bordant ou dans les fauteuils du salon avoisinant la salle de bal. Bientôt, Cecil fut chargé de ramasser les affaires négligemment laissées tomber derrière des aristocrates titubant de sommeil, ivres de tout le champagne qu'ils avaient ingurgité pendant leur soirée. Ceux-là ne se souviendraient que d'une partie de la fête, et c'est ce qui leur ferait dire qu'ils ont passé chez Lord Everlue un moment tout à fait divin.

Après avoir ramassé une redingote noire très chic dans laquelle il s'était pris les pieds, Cecil s'adossa dans l'antichambre qui séparait le salon de la salle de bal pour souffler un peu. Quel sport que le service pendant une soirée mondaine. Il avait de nombreuses fois assisté à ce genre d'événement, que ce fut le bal d'une débutante ou l'anniversaire d'un quelconque parent ou ami dont on se fichait éperdument le reste de l'année, mais jamais il n'aurait imaginé l'effort physique que cela demandait au personnel. Les autres valets et servantes suaient tout comme lui, tâchant de garder bonne figure sous les yeux sévères de leur maître qui tenait à ce que tout soit parfait pour la soirée de sa petite chérie. Ce monde qui autrefois lui était si familier lui parut soudain bien étrange, ridiculement éloigné de ce qui faisait la vie de tous les Üniks qui n'étaient pas affublés d'un titre de noblesse. Ceux qui constituaient la très grande majorité de leur société clivée, et desquels pas un seul des hôtes de ce soir ne devait se soucier. Ce monde-là est invisible pour l’Élite, assourdie par les musiques de bal qu'elle écoute en s'enivrant d'alcools effroyablement cher. Et pourtant il existe, ce monde immense qui pris de haut paraît tout petit, mais sous les pieds des tous hauts il tourne, il vire, il vit, à l'image de ces serviteurs qu'aucun aristocrate ne voyait ce soir malgré les belles livrées et les plateaux d'argent. Telles étaient les pensées de Cecil, qui observait silencieusement la salle de bal derrière l'étroite ouverture de la porte.
Lady Sybil valsait avec le même jeune homme depuis quelques danses. Un rouquin au nez crochu doté d'un petit ventre moulé dans un queue-de-pie légèrement trop petit pour lui. Drôle de cavalier, même pour quelqu'un de la trempe de lady Sybil. Cecil avait entendu qu'il se nommait Lowell Woothney, un jeune héritier prometteur – sur le papier en tout cas – que son père lui avait imposé pour faire bonne figure, noblesse oblige. Lui et lady Sybil formait un couple curieux. Mais plus curieuse était la couleur verdâtre vers laquelle tournait le teint du jeune Woothney, qui lui donnait un air faiblard et pathétique. Dire qu'il ne se sentait pas bien tenait de l'euphémisme. Il n'écoutait plus du tout ce que jouaient les musiciens, si bien que sa valse ne ressemblait plus qu'à une vaste tentative de ne pas tomber par terre dans des gestes aussi lourds que maladroits. Lady Sybil, qui parvenait à garder l'équilibre, eut du mal à cacher son agacement.
- Que faites-vous donc, Lowell ? Nous ne sommes pas du tout en rythme !
Alerté par le ton pincé de son exigeante partenaire, Lowell s'arrêta pour lui répondre, en clignant gravement des yeux. Il sentit son ventre se tordre et gargouiller disgracieusement, et eut tout juste le temps de baragouiner des excuses bancales avant de plaquer une main devant sa bouche et de se précipiter hors de la salle de bal pour aller vomir dans un pot de fleur non loin de l'entrée. Seule au milieu de la piste, lady Sybil écarquillait ses gros yeux ronds, décontenancée devant un public enthousiasmé par les problèmes de digestion de son prince. Les autres danseurs virevoltaient gaiement autour d'elle, qui ne savait pas si elle devait se retirer ou rester sur la piste. Le rose aux joues, elle se sentait terriblement gênée de se tenir là au milieu de tout le monde comme une godiche, mais elle était paralysée et n'osait pas faire le moindre pas – où aurait-elle fui, d'ailleurs ? Le comble fut atteint lorsque le jeune lord Woothney profita d'un silence dans la musique pour émettre de là où il était un beuglement guttural aussi sonore qu’écœurant. Toute la salle en profita et se mit à rire en renvoyant à Sybil des regards cruellement amusés. Effondrée de honte, elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Cette soirée était une catastrophe, une catastrophe monumentale, et sa soirée serait à jamais connue comme les pires débuts en société qu'a connu Anathorey.

Une main étrangère saisit soudain la sienne.
- Je sais que cela enfreint toutes les convenances, murmura Cecil, mais ne dîtes rien et les apparences seront sauvées.
Lady Sybil n'eut pas le temps de répondre que Cecil avait déjà commencé à les faire danser. Elle avait immédiatement reconnu ce Chevalier censé jouer le rôle d'un domestique pour la soirée, mais étrangement il avait abandonné sa livrée et portait une redingote très élégante avec laquelle elle ne l'avait pas vu arriver. Ses cheveux noirs n'étaient plus plaqués en arrière sur son crâne, quelques mèches rebelles encadraient son visage et une longue queue de cheval courait le long de son dos. En outre il avait abandonné ses gants. Il n'avait plus du tout l'air d'un valet, au contraire, elle avait l'impression de se trouver face à un homme de très bonne famille. Toute rougissante, lady Sybil se laissa docilement guider par Cecil, étonnée qu'il soit venu lui porter secours.
Autour d'eux, la foule cessa ses railleries, chacun s'interrogeant sur l'identité du mystérieux sauveur. Lord Everlue quant à lui observait de loin cette scène. En temps normal, il l'aurait désapprouvée et se serait jeté sur l'opportun qui profitait de sa fille pour se faire bien voir. Cependant, voir valser la silhouette longiligne de Cecil avec tant d'habileté et de grâce forçait en lui une certaine admiration. Ce jeune homme se tenait droit, le menton fier et le regard digne, à la fois bienveillant et directif pour sa partenaire, léger et précis comme un funambule. Il s'était précipité vers Sybil comme s'il savait qu'il fallait sauver les apparences, alors qu'il n'était qu'un petit suppôt de l'armée. Il s'était avancé d'un pas vif et déterminé, défiant les moqueries de la foule avec l'orgueil de ceux qui savent que leur position ne souffre pas du regard condescendant de l'autre. En cet instant précis, alors qu'il dansait avec Sybil dans ses bras, ce Chevalier qui avait joué les valets semblait parfaitement dans son élément. Lord Everlue réalisa alors qu'il n'éprouvait pas d'admiration à proprement parler. C'était plus subtil que cela. Ce jeune homme suscitait en lui quelque chose qu'il n'avait plus ressenti depuis des dizaines d'années... Il lui inspirait de l'humilité.

Les violons étirèrent la dernière note de la dernière danse de la soirée aux alentours d'une heure du matin. Les invités applaudirent les musiciens, leur hôte Everlue et enfin lady Sybil, qui n'avait pas quitté le bras de Cecil. Après de nombreuses révérences et lorsque les premiers invités commencèrent à partir, elle se tourna vers son sauveur.
- Vous m'avez évité une honte à laquelle ma réputation n'aurait pas survécu, dit-elle en rentrant ses épaules dans une attitude de timidité que bien peu lui connaissaient.
- Allons, vous auriez alimenté les conversations pendant quelques temps voilà tout, répondit Cecil, amusé par la naïveté puérile dont faisait preuve lady Sybil. Au bout d'un merril, tout le monde vous aurait oubliée.
- Vous semblez bien informé sur la haute Élite pour un simple Chevalier.
- Je ne me qualifierai pas ainsi, poursuivit-il sans se départir de son sourire moqueur. J'ai suivi un cursus un peu... particulier, dirons-nous.
Les deux yeux sombres qui la défiaient sans ciller la firent rougir jusqu'aux oreilles. C'est le moment que choisit lord Everlue pour se joindre à la conversation.
- Vous êtes un comédien de très haute volée, s'exclama-t-il en serrant la main de Cecil. Sans vous la soirée aurait définitivement tourné au fiasco. Pour nous, en tout cas.
- Je crains d'avoir abandonné mon costume dans un endroit un peu insolite, répondit le faux valet d'un air faussement modeste.
Comme il avait enfilé en vitesse et dans l'antichambre la fameuse redingote qui avait failli le faire tomber, il y avait abandonné sa livrée de domestique - c'est là aussi qu'il s'était ébouriffé un peu les cheveux pour ne plus avoir cette dégaine de petit chien des salons. Il faudrait qu'il la récupère avant que quelqu'un ne la trouve. Une veste d'aristocrate qui traînait n'attirait pas autant l'attention que des vêtements de domestique, censés être arborés fièrement par un loyal serviteur. Cecil s'empressa d'aller chercher cet uniforme, ayant pour projet de le cacher derrière des rideaux jusqu'à ce que le dernier invité soit parti ou monté se coucher pour ceux qui passeraient la nuit ici.

De retour dans l'antichambre, il se baissa pour ramasser la livrée et en faire une boule sous son bras. La porte du salon s'ouvrit au même moment où il entendait la franchir.
- Pardonnez-moi, dit-il à la personne qu'il avait manqué de bousculer, je souhaitais simplement me rendre...
Sa voix s'éteignit dès qu'il croisa le regard de son interlocuteur. Ses yeux s'écarquillèrent, ses lèvres tremblèrent, et son cœur se souleva si vivement que c'en fut douloureux. Il ne lui fallut pas une seconde pour reconnaître le visage auquel il faisait face. Un visage si familier, qui avait pris quelques marques du temps, mais qui pourtant lui apparaissait aussi clairement que tous les souvenirs auxquels il était associé.
- Cecil, c'est toi ? demanda la voix blanche de Rainer Vancliff.
Jamais, ô grand jamais il n'aurait cru retrouver un jour cet homme qu'il avait autrefois adoré et qui était devenu pour lui le visage de la haine. Dix ans qu'il n'avait plus revu qui que ce soit de la période où il était encore le bienvenu au manoir familial. Tétanisé, Cecil ne parvint pas à articuler la moindre réponse. Son pouls s'accélérait, sa gorge le serrait, ses genoux tremblaient, et c'est tout juste s'il ne laissa pas la livrée lui échapper des mains.
- Mais que fais-tu là ? demanda encore Rainer avec un air dégoûté, comme s'il faisait face à un monstre. Tu n'es plus chez Madame Sullivan ?
L'évocation de ce nom fit l'effet d'un coup de poignard à Cecil toujours englué dans son mutisme. Pourquoi Rainer était-il présent ? Il n'avait pas souvenir que sa famille ait été amie avec le comte Everlue, il en aurait forcément entendu parler à l'époque. C'était ainsi après tout, les liens d'amitié entre nobles dataient toujours de plusieurs générations et étaient indéfectibles, il ne pouvait s'être tissé une nouvelle alliance si rapidement... Cecil ignorait pourquoi le choc des retrouvailles avec Rainer lui faisait songer à de pareilles âneries. Il fallait qu'il dise quelque chose, vite, il fallait absolument qu'il garde la tête froide. Mais que faire, à présent qu'il avait été reconnu ?
- V-vous faîtes erreur, finit-il par dire d'une voix qui manquait de souffle. Je ne connais pas de Cecil.
- C'est étrange, j'étais persuadé que...
Rainer fronça légèrement les sourcils en réfléchissant, puis se gratta la tempe d'un air gêné.
- Veuillez accepter mes excuses Monsieur, je dois être un peu confus. Je vous ai confondu avec une vieille connaissance.
Cecil lut dans son regard que Rainer avait de très gros doutes. Si une conversation commençait ils seraient bien vite chassés, et c'en serait totalement fini de ses années de cavale, au cours desquelles il avait toujours cherché à se cacher de Sullivan et de son abominable apprenti – dont bien des cauchemars lui était encore consacrés.
Une petite femme blonde impeccablement coiffée d'un chignon fit son apparition derrière Rainer.
- Ah, mon chéri vous êtes là ! Voilà dix minutes que je suis à votre recherche. Que faisiez-vous donc ? Oh, Monsieur serait-il l'un de vos amis ?
- N-non ma chère, je me suis fourvoyé et présentai des excuses à ce gentleman, que j'ai failli renverser en passant la porte.
- Alors rentrons, vous me semblez terriblement fatigué, tout comme je le suis. Les enfants seront certainement couchés lorsque nous arriverons – ces pauvres chéris m'ont affreusement manqué ce soir ! Bonne nuit, Monsieur.
La jeune femme partit au bras de Rainer, qui jeta à Cecil un dernier regard interloqué, avant de s'en désintéresser totalement et de disparaître derrière les autres convives qui s'en retournaient chez eux. Le faux majordome sortit de l'antichambre, laissa tomber mollement la livrée derrière les rideaux d'une fenêtre de la salle de bal et marcha jusqu'à une chaise où il se laissa tomber. Son visage épouvanté laissait croire qu'il avait vu un fantôme. Un fantôme de son passé que jamais il n'aurait imaginé croiser ce soir, alors qu'il vivait normalement dans un quartier totalement excentré de la capitale... A moins qu'en dix ans... Pris d'un haut-le-coeur, Cecil sentit qu'il avait du mal à respirer et que sa tête tournait un peu. La rancœur, sa vieille haine, ses souvenirs au goût de cendre, son amertume, tout lui revint comme un coup à l'estomac porté en traître par le destin.
Il s'était marié. Il avait eu des enfants. Avec une jolie femme de la haute société, comme ses parents l'avaient prévu. Rainer jouissait d'une situation qui aurait dû, si toute cette histoire n'avait pas éclaté au grand jour, être celle de Cecil. Rainer, qui avait toujours docilement obéi à ses parents, menait une vie tranquille à la capitale. Rainer, qui avait si salement menti, avait construit son bonheur sur le dos de celui qu'il avait envoyé se faire torturer chez une Érudite vampirique. Rainer, qui l'avait trahi éhontément, vivait comme des milliers de nobles sans histoire, sans jamais regarder vers le passé ni songer au mal qu'il avait fait à celui qui avait partagé son enfance.
Noyé par la colère, perdu dans des émotions qu'il ne parvenait pas à contrôler, le cœur de Cecil recommençait à le brûler dans sa poitrine. Puis la peur montra le bout de sa cruelle truffe fouineuse... Il se demanda s'il fallait qu'il rentre au QG ou s'il devait fuir dès ce soir. Que faire si Rainer prévenait Sullivan, alors que Sally faisait déjà l'objet d'un avis de recherche ? Que dire à Sally, d'ailleurs ? Quelle attitude adopter ? Quel plan pourrait cette fois-ci les sauver ?

En proie à de puissants vertiges, Cecil prit sa tête entre ses mains, tremblant comme une feuille morte, horrifié par ces retrouvailles et paralysé par la peur. Que faire, quand les autres seraient revenus ?

Rainer ne parvenait pas à dormir. Sa rencontre de fin de soirée l'avait bien trop perturbé. Quoi qu'ait pu dire cet homme, il ressemblait comme deux gouttes d'eau à Cecil, et Rainer n'entendait pas en rester là. Il lui fallait obtenir le fin mot de l'histoire. Quand il fut assuré que sa femme dormait profondément, il découcha et s'aventura jusqu'à son bureau. Il alluma la petite lampe d'appoint ainsi qu'un cigare et composa sur le cadran circulaire du téléphone un numéro qu'il n'avait pas appelé depuis un paquet d'années. Peu importait l'heure tardive, il savait qu'il décrocherait. Son cousin avait toujours été un type un peu excentrique. A peine deux tonalités suffirent.
- Allô ?
- Salut Aaron. C'est Rainer.
- Ça alors ! Si je m'attendais, mon cher cousin. Que me vaut l'honneur ?
- Pardon de te déranger si tardivement, mais... il m'est arrivé quelque chose ce soir et je me suis dit que je devais absolument t'en parler.
- Voilà qui est très solennel, fit Aaron de son habituel ton mielleux. Eh bien soulage ta conscience et raconte-moi tout. Nous avons toute la nuit devant nous !

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Chevalier Ailé (Ithilion)

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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Dim 28 Jan - 16:54

Le pas légèrement clopinant, Sally s'enfonça dans la ruelle. Sans un mot. Du seul échange furtif de regard, Ithilion s'était heurté à une véritable muraille de détermination et de sombres sentiments. Impossible de savoir ce qui s'y cachait derrière, mais dans un premier temps, le chevalier ne s'en inquiéta pas d'avantage. Une fois de retour au quartier général, il prendrait Sally un moment à l'écart afin de faire la lumière sur le déroulement des évènements entre son enlèvement au bal et son évasion, mais il n'avait décelé aucun signe de sévices physiques sur son corps. Le soldat pensait que la jeune Paria accusait juste le choc qui pouvait atteindre toute victime d'une séquestration. Rien d'anormal. Dans cette situation, les minutes hors du temps marquait l'esprit au fer rouge et l'avenir s’emplissait d'incertitudes ne dépendant plus que de la volonté d'autrui, tel un pantin.  Malgré tout, Sally était passée au travers de cette cage.
Drôle d'évolution que la sienne car lorsqu'il l'avait rencontré, la jeune Paria naïve, perdue dans ce monde, lui était apparue comme dépourvue de libre-arbitre, prête à laisser voguer son corps et son âme au grès des courants les plus forts sans chercher à s'en dévier.  Puis jour après jour, au fil de son enseignement, Ithilion l' avait observé gagner en confiance et trancher ses fils un à un. Elle prenait conscience de l'importance de laisser ses envies s'exprimer, de choisir sa route et par dessus tout, elle voulait appartenir à ce monde et non plus subir le rejet de la société à cause de sa nature. C'était la raison pour laquelle Ithilion avait décidé de la prendre sous son aile. Si Elionne n'existait que dans son esprit, l'idéal qu'il s'était forgé de son imaginaire allait en ce sens.
La Paria commençait à disparaitre sous le couvert de l’obscurité du bout de la ruelle, laissant derrière elle un étrange silence. Ethan commença à lui emboiter le pas, trouvant que le temps pressait. Le bal n'était pas terminé et seul Cecil se trouvait encore la bas. Il espérait qu'une deuxième équipe n'irait pas semer la pagaille au château en se rendant compte qu'il n'avait pas enlevé la bonne personne. D'un signe de la main, Alaryk fît signe à Ithilion qu'il avait la situation sous contrôle. Certes la zone était sensible à cette heure, mais croiser au détour d'une ruelle peu éclairée un colosse armé d'un fusil  gardant trois corps à ses pieds dissuaderait surement les plus téméraires. Lui rendant un clin d'oeil entendu, Ithilion se mit à courir pour aller chercher rapidement la G-Bike toujours garée non-loin. Le retour devra être rapide. Il grimpa en selle et le moteur se mit à rugir de plaisir. Il ne mit pas longtemps à rattraper ses deux coéquipiers. Ethan avait rattrapé Sally mais ne semblait pas vouloir se mettre à sa hauteur, il restait à la filer sans un mot, comme une ombre. Sa haine envers elle était-elle passée ? Avait-il vraiment réussi à passer à autre chose ? Des années seront nécessaires pour panser les plaies, la chair se réparait plus facilement que la confiance, surtout chez le chevalier aux cheveux blancs. Il dépassa le chasseur ailé et arriva près de Sally. Sur un ton qui n'attendait pas de refus, il lui demanda de monter et de le guider. Une fois qu'il sentit les bras de Sally lui entourer faiblement la taille, il accéléra l'allure. Une voix fatiguée lui indiqua les quelques directions à prendre pour finalement arriver à peine quelques minutes plus tard à la cache en question.
L'intérieur de la planque ressemblait aux conséquences du passage d'une mini-tornade. Les chaises se trouvaient aux quatre coins de la pièce, la table renversée, le sol parsemé d'éclats de verre, de porcelaine et de papiers. Ci et là quelques tâches de sang montraient les quelques plumes qu'avaient laissé les ravisseurs de Sally en souhaitant l'empêcher de s'enfuir. Dans ce bazar, la valise ne mit pas longtemps à être découverte, placée en sécurité et bien en évidence sur une commode apparemment indemne du chaos qui avait retourné la pièce. Ithilion redressa la table et Ethan posa la valise dessus avant de l'ouvrir. Sans surprise des dizaines de liasses proprement rangés confirmaient une partie des aveux du binoclard.
-Il ne reste plus qu'à savoir si il y a des empreintes dessus.
Tout parlant, Ethan sortit de ses affaires un appareil de la taille d'un pouce. Lorsqu'il passa sa main au-dessus des billets, une lumière violette s'échappa d'une fente verticale. Un bip retentit et Ethan rangea l'objet dans sa veste.
-Il semble effectivement y avoir , il n y' a plus qu'à retourner au bal et prendre à part les membres de la famille Chapman afin de voir si ça correspond.

-Cette famille est puissante et possède des actions dans beaucoup de hautes instances militaires, notamment pour notre Ordre, remarqua Ithilion avec un certain dégout marqué dans la voix. Si ce sont vraiment les instigateurs de ces menaces et de l'enlèvement, ils risquent d'échapper à la justice et d'en plus nous le faire payer.
-La famille Everlue n'est pas en reste, et n'oublie pas que leur monde joue beaucoup sur le paraître et l'honneur. Si le scandale éclate, leur famille en seront quoi qu'il en soit rudement impacté socialement et donc indéniablement au porte monnaie.
Ithilion commença à s'énerver en pestant sur les privilèges que s'octroie la noblesse. Il voulait faire amèrement payer à ces üniks qui de part leurs lignées et leur fric se pensaient intouchables et agissaient aux bons ou mauvais sens de leurs humeurs, causant des dégâts collatéraux qu'ils ne calculaient pas le moins du monde par simple esprit de vengeance personnelle. Avec pédagogie, plus que d'ordinaire même, son coéquipier dût calmer les ardeurs d'Ithilion en lui exposant les conséquences qu’entraineraient ses solutions.
-D'ailleurs quitte à savoir qu'ils ne seront difficilement sanctionnés, autant jouer la carte du bluff, appuyer aux bons endroit et s'offrir leur service pour nous.
Ce genre de sourire qui venait d'apparaitre au coin des lèvres d'Ethan, Ithilion les connaissaient bien. Il s'agissait de ces moments où son impressionnant esprit d'analyse s'élevait à une hauteur à laquelle peu rivalisait. Situé dans une sorte de dimension indéniable, il surplombait la sienne et liait toutes les options qui s'offraient à lui pour former une ligne de conduite. Cela lui produisait une immense satisfaction lorsqu'il fabriquait méticuleusement des toiles dans lesquelles finiraient inexorablement par tomber les pions mis en jeu. Néanmoins, il fût séduit à l'idée de pouvoir se mettre une maison aussi influente dans la poche en écoutant les arguments d'Ethan. Quelle belle revanche que tenir en laisse ceux qui s'estiment en droit régner. Une humiliation presque plus cinglante qu'une révélation au comte Everlue, mais que la famille Chapman sera obligée d'accepter si elle ne souhaite pas perdre sa position sur le plan publique. C'est avec un rire jubilant qu'Ithilion retourna à sa moto.

-Montez vous deux, on va de ce pas retourner au bal et conclure cette mission de reprise.




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Jeune fille traquée (Sally S.)

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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Lun 12 Fév - 20:01

Comme les compagnons avaient convenu que leur retour devrait être discret, la G-bike fut garée dans la cour intérieure du manoir Everlue prêt de la porte de l'office. On entendait le personnel s'y agiter comme des abeilles dans une ruche. La fête touchait à sa fin, les premiers invités devaient déjà avoir quitté les lieux. Une fois le pied à terre, Sally remarqua combien sa robe était en piteux état. Le tissu était déchiré jusqu'au tibia, taché de saleté. Son  reflet dans un carreau de l'office renvoya à Sally l'aspect de sa coiffure. Elle avait été totalement défaite par l'agitation de son enlèvement puis de son évasion. Elle retira en soupirant les quelques épingles qui avaient résisté et secoua sa chevelure, tout aussi poussiéreuse que sa robe. La muse qu'avait créée par Cecil au QG de l'Ordre s'était évaporée comme un mauvais rêve.
- Tu ne peux pas te présenter devant le Comte Everlue comme ça, dit Ethan, sans dissimuler tout le comique que lui inspirait l'allure de Sally. Ithilion et moi nous chargerons de lui dire que tout est revenu à la normale.
Il ajusta sa cravate, qui s'était légèrement décalée vers sa gauche durant leur cavalcade. Ce garçon était toujours tiré à quatre épingles, quelle que soit la situation.
- Il faut relever les empreintes des Chapman pour comparer à celles retrouvées dans la planque. Mais je doute qu'ils tendent les mains docilement. Ithilion, j'aimerais avoir ton avis sur la marche à suivre.
Les deux Chevaliers commencèrent à réfléchir au prétexte qu'ils exposeraient à leurs nobles cibles, sans plus faire attention à Sally qui en profita pour se faufiler dans l'office. Elle sinua parmi les domestiques qui lui lancèrent des regards surpris et emprunta l'escalier de service pour remonter jusqu'au hall d'entrée. Elle jeta un regard discret derrière la porte avant de traverser le hall en trottinant sur la pointe des pieds. La salle de bal était presque vide. Il ne restait que quelques invités agglutinés par petits groupes, tenant leurs manteaux leurs bras et leurs chapeaux dans la main, en se disant quelques dernières banalités auxquelles les obligeaient leurs rangs respectifs. Cecil, que les yeux de Sally eurent du mal à trouver, était prostré sur une chaise dans un coin de la salle. Il devait être épuisé par son travail de valet.
- Mais qu'avez-vous donc fait pour vous retrouver dans un état pareil ? fit Alexandre Chapman, qui s'était glissé derrière elle.
Il ne put s'empêcher de sourire devant le regard noir que Sally lui jetait.
- Allons, admettez que votre soirée s'est avérée bien plus divertissante que la bastringue barbante à laquelle vous avez été initialement conviée. Je préfère l'inattendu au rébarbatif. Ça permet de se sentir plus vivant.
Sally serrait si fort la mâchoire que c'en était douloureux. L’œil moqueur qui la toisait d'un air supérieur l'agaçait au plus haut point. Cette conversation l'éclairait sur le désamour profond qu'Ithilion éprouvait pour la classe supérieure de la société, qu'elle aussi fondé que légitime.
- Ne soyez pas aussi fâchée, nous discutions si bien tout à l'heure. C'est plutôt à moi d'être contrarié, la soirée n'a finalement guère été affectée cet incident. J'espérais que mon oncle et son imbécile de fille cèdent à la panique. Je dois dire que la raison pour laquelle ils ont fait si peu de cas de la disparition d'une de leurs convives m'échappe.
- Vous avez misé sur le mauvais Kokobot, rétorqua Sally.
Alexandre Chapman se fendit d'un rire méprisant.
- Vos grands airs ne m'impressionnent pas, mademoiselle Nancy. On a payé pour vous récupérer, voilà tout. Cette histoire ridicule ne fait pas de vous une aventurière.
- Peut-être, poursuivit Sally avec aplomb. Mais désormais, je sais des choses sur vous Monsieur Chapman.
- Vraiment ? Mais que pourrais-je craindre des racontars d'une petite parvenue ?
Alexandre Chapman ne souriait plus. L'air charmant et ouvert qu'il arborait auparavant l'avait totalement quitté. Il n'était plus que menace et violence, joliment couvertes d'une façade calme comme la surface d'un lac gelé.
- Il serait vain d'aller vous plaindre à qui de droit, dit-il avec froideur. Vous vous engageriez dans un jeu dangereux duquel vous ressortiriez perdante. Je ne suis pas n'importe qui, j'ai le bras long et je sais quelles pattes graisser au moment opportun.
- Je n'en doute pas. Mais vous vous méprenez sur mon compte. Aucune rançon n'a été payée. Je me suis sortie seule de cette planque.
Ce disant, Sally dévoila par la fente de sa robe l'énorme revolver de service qu'elle portait à la cuisse.
- C'est vrai, mon nom n'évoque rien à personne. Mais moi non plus je ne suis pas n'importe qui, et j'ai aussi des amis bien placés. Vous demanderez à vos hommes.
Alexandre Chapman avait changé de visage. La raison pour laquelle cette cruche portait une arme de combat était une énigme, mais qu'un tel engin soit en sa possession le portait à la croire, d'autant plus qu'elle avait une blessure à la main. Or, il avait ordonné à ses hommes de ne surtout pas abîmer la jeune fille qui serait enlevée, et ils savaient très bien ce à quoi les exposerait la moindre insubordination.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il après un moment de silence mortifié.
Sally décida de lui répondre sincèrement, pour faire cesser le jeu des mensonges, qui l'avait menée dans une fâcheuse situation. Elle rassembla autant de courage qu'elle put.
- Je fais partie de l'armée. Le Comte Everlue m'a recrutée pour ce soir, ainsi que trois autres soldats, suite aux menaces que vous lui avez fait parvenir.
Elle esquissa un sourire mystérieux en voyant Ithilion et Ethan se rapprocher pour relever les fameuses empreintes du neveu dissident, qui n'avait rien de mieux à faire que de rester bouche bée, complètement hébété par ce concours de circonstances improbable. Sally ne bougeait plus d'un cil. Elle était droite, elle défiait Chapman, en redressant le menton. Pourtant à l'intérieur elle tremblait, elle voulait s'enfuir à toutes jambes, elle sentait son cœur battre à tout rompre. Il lui fallait tenir encore un peu, juste un peu, pour prendre l'avantage sur cette brute épaisse qui l'avait enlevée à son bras pour la faire danser comme un pantin.
- Vous avez sabordé vos projets vous-même. A votre tour de m'écouter : vous allez faire ce que mes collègues qui arrivent vous demanderont de faire puis nous vous laisserons tranquille. Ensuite vous resterez à notre disposition, car vous nous en devez une. L'enlèvement et la séquestration d'un soldat d'Anathorey est loin d'être un acte anodin, que le coupable soit de l’Élite n'y change rien.
Le regard de Sally se fit plus dur, à l'image de l'expression de son déplaisant interlocuteur un peu plus tôt.
- Et s'il vous venait à l'esprit de nous dénoncer, n'oubliez pas, encore une fois, que nous savons quelque chose sur vous, Monsieur Chapman. Si quoi que ce soit arrivait et que l'on vous en croyait responsable, je promets de vendre votre histoire à qui saura faire éclater un scandale dont vos pairs se souviendront longtemps.
- Eh bien, maugréa Alexandre Chapman, son échec coincé au travers de la gorge, j'ai hâte de voir tout cela.
Alors qu'il tournait les talons, il se retrouva nez à nez avec Ethan, qui avait ravalé son sourire narquois pour laisser place à une expression des plus fermées. Ses propres arguments sauraient également, et sans mal, faire déchanter le jeune noble arrogant.

Cecil sursauta  en gémissant lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Sally recula vivement, surprise par cette réaction. Pâle comme un naufragé, il la dévisageait avec des yeux fous plantés au milieu d'une figure déformée par la détresse. C'était tout bonnement effrayant.
- Que s'est-il passé ?
- Il faut qu'on rentre, répondit Cecil d'une voix chevrotante, il faut retourner au QG au plus vite, Sally ! J'ai été reconnu, il m'a vu, il faut qu'on s'en aille, il faut retourner se cacher !
Les ongles du faux valet pénétraient douloureusement les avant-bras de sa compagne. Elle n'avait pas compris un traître mot de ce qu'il venait de dire, mais le terme « reconnaître » l'inquiéta. Elle tenta en vain de calmer Cecil, qu'il fallu reconduire au fiacre sans attendre pour éviter d'attirer l'attention. Lady Sybil, qui aurait voulu le remercier encore une fois de lui avoir éviter le ridicule, n'eut pas l'occasion de le saluer.
- Ithilion, chuchota Sally à l'oreille de l'intéressé, il faut s'en aller rapidement. Cecil... Cecil n'est pas dans son état normal.
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Chevalier Ailé (Ithilion)

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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Dim 4 Mar - 18:44

Bien que portés avec mesure, les mots de Sally dénotèrent une pointe de tension qui entraina avec un mouvement de contrariété les sourcils blancs d'Ithilion. Il se demanda quelle histoire avait bien pu encore créer le faux-majordome. Certes, le chevalier ne constituait pas une exemplarité en la matière, preuve en était son dérapage chaotique en début de soirée, mais s'agissant de Cecil, c'était sans honte qu'il laissait sa mauvaise foi juger ce qui ressemblait fort à une contrariante crise d'humeur. Histoire de ne pas mêler les oreilles indiscrètes à ce petit problème, Ithilion entraina Sally à l'écart d'Ethan et du fils  Chapman dont l'assurance fuyait au fil de la discussion laissant derrière elle un visage blêmissant. 
Dans un coin qu'il jugea suffisamment calme, Ithilion demanda à en savoir un peu plus, mais Sally afficha un air qui lui indiqua qu'elle n'en savait pas d'avantage. Ithilion lâcha un juron, agacé par cette attitude soudaine qui ne ressemblait pas du tout au comportement habituel de Cecil. Son avenir au sein des Chasseurs Ailés dépendait de la bonne réussite de cette mission et celle-ci touchait à sa fin avec une qualification de réussite, il ne laisserait pas un stupide saut d'humeur risquer de tout gâcher. Ithilion descendit par les escaliers extérieurs et rejoint le fiacre immobile. Les lampadaires de la cour et les lumières de la fontaine trahirent une forme sombre derrière la fenêtre qui le regarda furtivement approcher avant de disparaitre. Cela renforça l'exaspération du chevalier qui ouvrit alors la porte d'un geste brusque. Sa volonté de déferler une pluie de menaces sur cet ünik et ses airs de bourges irritant au plus au point s'effaça instantanément, stupéfait par ce qu'il découvrit à l'intérieur. Alors qu'il s'attendait à affronter un Cecil impétueux, arrogant, en proie à une colère à la source mystérieuse ou répondant à un caprice, il se retrouva à place nez à nez avec un homme méconnaissable. Malgré l'énergie que celui-ci employa pour garder une constance, l'essence du regard qu'il affichait ne trompa pas l'oeil aiguisé par les années d'expérience du Chasseur Ailé. Ce regard, Ithilion l'avait croisé à maintes reprises au cours de sa carrière. Une pupille comprimée dans un temps fixe et qui se déplaçait frénétiquement par à-coups lorsque survenait le moindre bruit ou la moindre variation de lumière. Un comportement guidé par les mécaniques les plus primitives liées à l'instinct de survie et qui renvoyait n'importe quel être respectable vers sa nature la plus simple et la plus sauvage, tel un animal traqué.
Ithilion contempla le compagnon de Sally quelques instants, réfléchissant sans doute la conduite la plus approprier à adopter. Ses premières paroles cherchèrent à comprendre ce qui n'allait pas, seuls les échos de la fête au stade terminal et des derniers convives sur le départ lui répondirent. Sur ce point, Cecil restait fidèle à lui même. Même en insistant, Ithilion n'obtint pas plus que ce que lui avait répété Sally au-paravent. Cette réaction réanima l'étincelle qui mit le feu aux poudres :


- Écoute mec, soit tu me dis ce qu'il se passe et je verrais si cela mérite en effet que l'on raccourcisse la fin de mission en urgence, soit tu te planques ici en silence et tu attends sagement qu'on en termine. Je te rappelle l'importance pour Sally et pour moi que le retour doit être le plus positif possible.

Sans attendre de réponse, il claqua violemment la portière et tourna les talons. Ce sombre idiot commençait à lui taper sur le système à force de ne vouloir céder aucune pensé, quand bien même cela l'empêcherait d'avoir la gorge tranché. Surtout qu'il n'en avait jamais ressenti une influence positive sur sa protégée.

De retour dans la grande salle, Ethan capta la présence de son coéquipier et se dirigea vers lui. Il affichait une expression satisfaite. A voix basse, il lui susurra les résultats des négociations :

-Comme prévu, il a été très réceptif à nos conditions si nous ne donnions pas tous les éléments en notre possession au comte Everlue.

Ithilion hocha la tête. Se mettre une famille comme celle des Chapmans dans la poche pouvait toujours se révéler utile en cas de besoin. Elle ne faisait pas partie des plus puissantes d'Anathorey, elle se connectait toutefois à un réseau qui restait intéressant à exploiter. Dans ce côté caché du monde dans lequel ils évoluaient tous les jours, les connections facilitant les informations ou les accès représentaient une richesse précieuse. De plus, le groupe de Chasseur Ailé ne trichait pas en ne révélant pas les identités des agresseurs de la soirée, ils jouaient simplement avec la formulation de l'ordre de mission qui stipulait strictement une protection de la fille lors du déroulement du bal. Rien de tout ceci ne sera évidemment mentionné dans le futur rapport. Ce genre de manoeuvre cachée et orchestrée par la vivacité d'esprit d'Ethan assurait à leur groupe des cordes supplémentaires à leur arc et était une des clés à leurs performances.
L'apparition du maitre des lieux accompagné de sa fille près d'eux les interrompirent.

-Messieurs, la soirée est terminée et grâce à vous sans dégât nuisant à l'honneur de notre famille et surtout à l'intégrité de ma jeune fille.

Si l'étiquette due aux rangs respectifs des interlocuteurs et le contexte publique ne l'avaient pas retenu, les Chasseur Ailé eurent l'impression que le comte Everlue se serait presque incliné en guise de remerciement et de respect. Quant à Sybile, le tempérament quelque peu refroidi par la tentative d'enlèvement à son encontre, se contenta d'un léger sourire lorsque les yeux d'Ithilion croisèrent les siens. Ce dernier leva les yeux au ciel, ces bourges devenaient tellement fébriles et dociles lorsque le danger frolait leur personne  fragile d'un peu trop près.

-De même que je suis ravi que votre amie ait été retrouvée seine et sauve. reprit le compte avec bienveillance.

La sincérité dans son discours étonna le chevalier aux cheveux blancs qui n'avait pas l'habitude d'une telle mise à nue de la part de cette caste. Ce fût son coéquipier qui répondit avec autant de courtoisie :

- Nous sommes heureux d'avoir été à la hauteur de notre mission. Cela dit, votre fille n'encourait aucun risque vu la préparation bâclée des "ravisseurs".

Ses doigts appuyèrent la condescendance qu'il éprouvait pour les minables adversaires qui s'étaient trouvés en face. Le défi n'avait représenté aucun challenge. Il ajusta ses lunettes et ajouta en simulant un rire enjoué en regardant Ithilion: Ils ont fait une très grosse erreur en se trompant de personne.

Le comte porta alors toute son attention sur le jeune homme à la chevelure blanche et le détailla plus en détails. Au début de la soirée, il n'avait pas prêté vraiment attention avec la présence des trois autres membres des Chasseurs Ailés, mais en réalité ce soldat là était plutôt atypique. Il arborait une dégaine peu protocolaire avec ses mains dans les poches et le regard perdu, si on ajoutait à cela sa petite taille et sa silhouette fine, il était surprenant d'imaginer qu'il appartenait à l'élite des soldats d'Anathorey. Pourtant lorsque les yeux gris de cet unïk se portait sur lui, le comte se sentait tout à coup vulnérable et ce malgré sa stature de géant. Une impression désagréable pour un puissant qui d'ordinaire produisait cet effet aux autres.

-Tss...Ça leur apprendra à ces crétins. lâcha simplement Ithilion.

-Et avez-vous trouvé l'identité des responsables ?

La question était attendue et Ethan délivra sa fausse version avec naturel qui ne laissait pour ses destinataires nulle place au doute :


-Malheureusement, nous n'avons retrouvé seulement que la main exécutif de ceux qui ont commandité cet acte. Et bien sûr, ils ont pris beaucoup de précautions pour faire une demande anonyme. Mais croyez en mon expérience, ce fiasco les dissuadera de recommencer.


-Je vois.

La déception qui nuança ces deux mots se dilua vite dans les échanges qui suivirent. L'habile diplomate du groupe des Chasseur Ailé trouva le discours juste pour expliquer plus en détails la raison pour laquelle il était compliqué de remonter jusqu'à l'auteur de la lettre de menaces. Le riche ünik remercia une dernière fois les deux soldats avant de les libérer, considérant que leur mission était terminée. Ithilion lâcha un profond soupire de soulagement. Les chaines qui pendaient au-dessus de sa tête s'éloignaient.

[Désengagé]
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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   

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