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Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]

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Lukas Rainforth


Prince de rien (Lukas R.)

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MessageSujet: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptySam 26 Nov - 19:36


Il y avait si longtemps que Lukas ne s'était rendu dans les salons mondains qu'il en avait oublié la lourdeur des préparatifs. A peine cinq heures avaient sonnés qu'il avait été pris d'assaut pas Murray et quelques valets pour l'apprêter à la soirée chez les Levingstone. Trois mois s'étaient écoulés depuis qu'il avait reçu la lettre de la jeune Lady, ce soir était le grand soir. Le fait qu'il y aurait chez eux une grande partie de la pègre d'Anathorey ne faisait aucun doute. Une autre certitude était le fait que Lukas n'aurait certainement pas eu le courage de faire son retour en société ce soir-là s'il n'avait été accompagné de Lady Abberline. Sa chère Bliss, que chaque jour embellissait plus encore et qui lui faisait tourner la tête plus rapidement qu'une eau de vie. Il savait qu'à ses côtés, il n'aurait pas à craindre la suite des événements, lorsqu'il pénétrerait dans la maison de leurs hôtes, et que l'huissier crierait leurs noms. Il savait qu'il aurait le courage d'affronter ce monde qu'il n'aimait guère, grâce à la présence et au sourire de son aimée.
James, le valet de chambre de Lukas, entra dans la garde-robe où son maître l'attendait. Il avait les bras chargés de plusieurs paquets un peu poussiéreux, qui renvoyèrent immédiatement à Lukas l'image de ces longues années qu'il avaient passées enfermé, loin du centre-ville de la cité blanche.
« J'ai retrouvé quelques tenues au grenier Monsieur ».
Le Duc le remercia et soupira un peu devant ces vieux vêtements. Son travail l'avait tant absorbé qu'il en avait oublié de penser à comme il s'habillerait pour l'événement – il lui semblait que les problèmes des nobles étaient parfois bien superficiels. Le valet en étala plusieurs sur le lit, tandis qu'il les inspectait et tâchait de choisir celle qui serait le plus dans le goût du jour. Toutes étaient de couleur sombre, à l'exception d'un complet gris souris qui datait au moins de l'époque d'avant ses dix-huit ans. Mais bien que les années aient passé, les tissus avaient tous gardé une qualité impeccable. Son choix se porta rapidement sur un habit composé d'un pantalon noir, d'un gilet d'homme discrètement orné aux boutons et d'une redingote sombre au col droit. Quand il eut enfilé le tout par dessus une chemise blanche d'un éclat très propre, il mit une cravate et agrémenta son gousset d'une montre en argent.
« J'ignorais l'existence de ces vêtements jusqu'à aujourd'hui, Monsieur.
- C'est normal, James. Ceux-là appartenaient à mon père ».
Lukas, qui pensait qu'il n'avait rien en commun avec cet homme, fut surpris de constater que le tout tombait parfaitement sur sa silhouette élancée. Il chaussa des souliers noirs vernis et s'approcha d'un miroir. Il n'avait pas l'air si négligé que cela après tout, malgré les éternels épis qui ornaient sa chevelure sombre. Cependant il connaissait le goût prononcé de Bliss à leur égard, si bien qu'il était évident qu'il n'y toucherait pas.

Lorsqu'il sortit de sa chambre pour descendre, il croisa Murray, qui tenait dans ses mains une canne noire et droite à la poignée cylindrique faite d'un métal précieux. Un objet que Lukas avait en horreur mais qui malheureusement était devenu sa troisième jambe depuis l'incident qui avait frappé sa maison il y avait sept ans de cela, lorsque supporter son propre poids devenait trop difficile pour son dos blessé.
« J'oubliais presque que je suis un éclopé... » fit-il remarquer, un peu acerbe.
Lukas n'avait pu le cacher très longtemps à sa jeune compagne, malgré les efforts qu'il avait fait pour éviter qu'elle ne le voit diminué. Quelques années les séparaient déjà en âge, et cette canne aux yeux de Lukas venait appuyer que la demoiselle était tombée amoureuse d'une espèce de vieillard. Bien qu'il parvienne à se tenir droit lorsqu'il s'appuyait sur cet objet de malheur, il lui arrivait de claudiquer un peu. A vrai dire de plus en plus souvent, et de plus en plus douloureusement. Il n'avait pas envie que son handicap n'entache leur soirée.
Murray n'en démordit pas.
« Vous allez danser ce soir, Monsieur. Prenons-la au moins pour le retour ».
Lukas secoua la tête avec résignation, ne pouvant qu'approuver ce que lui disait son majordome. Ils descendirent tous deux les escaliers, l'horloge venait de sonner dix-neuf heures. James se précipita derrière eux et tendit un chapeau haut de forme à Lukas, qui se contenta de le tenir à la main. Le rendez-vous était fixé à vingt heures chez les Levingstone, mais le trajet pour aller jusqu'à leur domaine était plutôt long.
La ponctualité lui importait cependant très peu ce soir. La seule chose qui comptait était la perspective de sortir avec la femme qu'il aimait. Ils auraient alors le plaisir de rentrer dans cet endroit qu'ils appelaient désormais « chez eux ». Le Duc n'avait d'ailleurs que trop conscience qu'il lui faudrait un jour où l'autre officialiser leurs liens. Toutefois, il comptait d'abord sur le rétablissement de sa chère Lady, pour qui le décès de sa tante avait été un véritable choc. Pour autant, il lui semblait que son teint avait repris de son bel éclat et que Bliss était depuis quelques temps bien plus gaie qu'à son arrivée.

Dehors, la voiture attendait ses passagers. Murray se tenait près de la porte, sur le qui-vive, satisfait que tout se déroule pour le mieux. Lukas, quant à lui, attendait sa cavalière bien-aimée en bas des escaliers. Un peu anxieux pour une raison qui lui échappait un peu, il se préparait pour cette soirée remarquable, son retour parmi les nobles. Mais par dessus tout, il voulait briller aux yeux d'une seule personne, pour la seule qui comptât à ses yeux.



Dernière édition par Lukas Rainforth le Dim 13 Jan - 18:58, édité 1 fois
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Bliss Abberline


bliss

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptySam 12 Jan - 20:55

Trois mois. Trois mois qui étaient passés comme un souffle. Bliss avait apprit à revivre. La jeune femme revenait d'entre les morts et d'une léthargie comme rare il était d'en voir. Lukas, sans oublier Murray, n'étaient pas étrangers à cela. Elle pu profiter de la bibliothèque du noble, de son jardin, des différents salons, de la salle de musique et même découvrir quelques exercices d'assouplissements qui lui permirent de se vider l'esprit. La chambre qu'on lui avait donné n'avait rien à envier à celle du manoir parental. Le lit était un chef-d'œuvre à lui seul et tous les meubles étaient fait dans un bois rare et d'une manufacture travaillé.

Sous les encouragements des deux hommes elle avait reprit une alimentation un peu plus descente, bien que personne ne pouvait lui enlever son appétit de moineau. Pendant de longues heures, le soustrayant égoïstement à son travail, elle discutait avec Lukas qui avait l'air émerveillé par chacun de ses gestes. Dans l'écrin d'une petite pièce, elle se permettait de lisser un épi dans ses cheveux, d'enlever une poussière sur sa manche, alors que lui, comme ce jour là, caressait sa joue et la commissure de ses lèvres. C'était des moments privilégiés qu'elle chérissait et qui lui faisaient comprendre que l'avenir était juste là, qu'il fallait le saisir. Passer du temps avec les vivants. Construire des souvenirs. Faire attention à eux. La perte de sa tante, cependant, la ferait toujours pleurait car elle l'aimait comme on aimait une mère.

Les nuits correctes reprirent au bout d'un bon mois et demi. Elle épuisait son corps la journée et sombrait le soir venu. La cheminée de sa chambre la berçait comme il fallait, bien qu'elle se réveillait parfois en sursaut de peur qu'un intrus ne vienne glisser une lame dans son coeur. Bliss n'avait pas d'ennemis à proprement parlé mais son père si, et elle savait qu'il était facile d'en écoper. Le nom Abberline était dangereux à porter, en ces jours.

Depuis quelques semaines, le domaine et tout Anathorey, savait que les Levingstone préparaient une réception qui ferait pâlir les dîners princiers. Ils avaient annoncés le jour, l'heure et avaient envoyé des invitations. La famille de Bliss en reçu une et son père eut la merveilleuse idée de lui faire parvenir la sienne, accompagné d'un mot acerbe concernant l'espoir d'un futur mariage. La jeune femme n'avait pas prit la peine d'en finir la lecture avant de le jeter dans les flammes de la cheminée. Elle connaissait son géniteur et son but : la marier.

Ce matin là, on lui laissa jusqu'en milieu de matinée pour se reposer. Le majordome envoya deux servantes venir la réveiller et l'habiller. Elle devait aller en ville pour quérir un présent qu'elle offrirait à la famille. Quelque chose de discret et élégant, mais qui aurait un but autant utilitaire que merveilleux. Comme d'habitude, un lourd casse-tête.
Elle revêtit une robe sombre à corset, donc les voilages restaient en place. Le vêtement était sobre mais démontrait tout de même le confort dans lequel la Lady vivait. Une paire de gant, un grand manteau dont la fourrure dépassait au niveau du col et elle fit sortir la voiture. Dans les couloirs, elle croisa Murray, qui la salua de manière solennelle, avant de s'inquiéter de quelques détails. La dame appréciait cet homme. Il avait le physique des bras du prince dans lesquels elle aurait aimé tomber étant plus jeune, dans ses rêves les plus fous. Lorsqu'elle monta dans le véhicule, elle rougit à l'idée d'un fantasme quelconque avec un homme de cette envergure et, surtout, avec Murray en personne. Imaginer la sensation de ses lourdes mains sur son corps et sur sa taille, la faisait chanceler et elle se félicita de s'être assise avant de laisser un vertige l'envahir. Car, chez lui, seule son apparence parlait à Bliss mais à côté de cela, il n'en était rien et les Princes savaient combien elle ne se détournerait jamais de Lukas, pour rien au monde. De ce fait, ce physique plaisant, malgré son visage buriné, donnait à cet homme un côté mystérieux que la jeune Lady appréciait silencieusement. Un simple repas pour ses yeux, sans arrière pensée. En effet, elle se connaissait et elle savait que dans quelques temps, à force de le voir, elle se départirait de ce genre de lubies. Lubies que toute femme avait le droit d'avoir car... elle n'était qu'une Ünik après tout.

Dès qu'elle quitta le majordome des yeux elle l'oublia, contrairement au seigneur de domaine qui restait dans ses pensées, comme à l'accoutumé. Elle pensait à lui à chaque moment de la journée et celui-ci ne dérogea pas : que faisait-il ? Allait-elle le voir avant le départ ? Elle ne savait pas. Si elle pouvait, elle resterait coller à lui comme une... épouse énamourée. Ça aussi, c'était stupide.

Le voyage en ville prit quelques heures et elle espéra que le présent ferait mouche. Lorsqu'elle rentra, on lui servit à manger, s'inquiétant toujours de son hygiène, et on lui fit comprendre qu'il était temps de se préparer. Bliss passa de longues minutes devant sa garde-robes. Elle étudia les tissus, fit mine d'essayer deux vêtements, avant de les reposer. C'était l'intronisation officielle de Lukas, elle devait être parfaite, rayonnante. Et pour cause ! Elle faisait des bains de lait depuis plusieurs jours maintenant, pour rendre sa peau plus blanche et éclatante. Egalement, cela permettait, paraissait-il, à la bonne tenue des tissus adipeux.

Une servante vint la coiffer de manière sophistiquée, laissant ses cheveux retombés sans pour autant trop en voir -il ne fallait pas être similaire aux vendeuses de charme- alors qu'une autre l'habillait. Point de maquillage ou autre artifice. De simples bijoux sur le cou, une paire de gants blancs pour accompagner sa robe vaporeuse faite de tulle, de soie et de broderies. Elle était blanche avec quelques détails ocre, mettant en avant le buste de la princesse, sans pour autant la présenter en vulgarité. Elle était volumineuse, en crinoline, et soulignait ses formes. De mémoire elle ne l'avait mise qu'une seule fois. C'était sa robe d'intronisation au monde de la noblesse Ünik.

Visuel de la ROBE et de la COIFFURE

Son coeur battait à vive allure dans ce couloir qui la menait aux escaliers. Bliss, apprêtée et parfumée, finit par se mettre en position avant de descendre les marches. En contre-bas elle vit Lukas qui patientait. De là où elle était, elle vit sa stature de Duc qui lui allait à ravir. Il était si charismatique qu'elle s'en retrouvait hypnotisée. Tout ce qu'elle espérait alors c'était de ne pas lui faire honte, de ne pas passer pour une dinde de basse-cours qui jouait les piques-assiettes chez un homme de la haute.
Le petit talon de sa chaussure émit un léger bruit lorsque son pied se posa sur la première marche. Lukas tourna alors vers elle un visage qui, dès qu'il la vit, se métamorphosa. Elle prit alors le temps de descendre marche par marche. La robe était si évanescente que l'on croyait qu'elle flottait.

Une fois en bas, elle prit la main que l'homme lui tendait, comme pour l'aider à finir cette course lente, puis se mit à sa hauteur faisant une révérence respectueuse « Lukas vous êtes... fait de charme et d'élégance. Je... J'en balbutie. Cet ensemble vous sied à ravir. » En effet. Il n'avait définitivement rien à envier à Murray, loin de là. La raffinerie et le goût de cet homme, surpassait toutes les maigres lubies qu'elle pouvait avoir. Elle eut une bouffée de chaleur en constatant combien son corps était d'ailleurs fin mais élancé, aux muscles taillés dans un cristal qui aurait rendu jaloux n'importe quel noble. Elle aimait voir ses épaules ressortir avec une redingote qui alimentait chacun de ses mouvements pour les épouser à la perfection. Son regard la trompait. Elle était amoureuse et la statue qu'elle avait devant elle la subjuguait. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre alors, pensant à ce que les autres pourraient dire d'eux à cause d'elle « Lukas, je désire réellement être aussi parfaite que vous et je m'en voudrais de vous couvrir de honte. Si ma tenue est déplacée pour l'évènement ou trop obscène, je saurai me changer sans tarder. Je suis votre obligée cher Duc. Je m'en voudrai de vous faire défaut le jour de votre sortie... officielle. » Petite lèvre mordue, comme en attendant la réponse. Elle doutait tant d'elle-même... Comme elle l'avait dit : elle voulait être parfaite. Uniquement pour lui.

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Lukas Rainforth


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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 13 Jan - 18:56

Le regard de Lukas s'attarda sur l'horloge comtoise qui se dressait dans le hall comme un amiral à l'avant de son aéronef. Plus que l'heure, il chercha à y lire depuis combien de temps il ne s'était rendu à une soirée mondaine. Un calcul rapide le fit réaliser que c'était il y avait de cela huit ans. Il avait l'impression que toutes ces années étaient passées aussi vite qu'un claquement de doigts. A cette époque, il avait une toute autre maison, laquelle avait disparu dans un incendie plus ravageur qu'une tempête de sable du Sidhe. A cette époque, il avait encore sa sœur et son père à ses côtés. Chacun était désormais parti au-delà du ciel. Les seules personnes qui peuplaient son manoir étaient étrangers à son passé, tels des soldats d'un nouveau monde. Il y avait d'abord ces domestiques qu'il avait ramassés à même la fange, en leur vendant une vie forcément meilleure que l'existence misérable qu'ils menaient au cœur des rues les plus mortuaires des cités Üniks. Il lui avait été facile de les séduire, du haut de son piédestal, ces petites gens qui n'avaient plus rien à perdre, qui n'oseraient pas dire non à l'espoir ténu qui leur était tendu comme par un coup du destin. Mais les énergies occultes auxquels les niais pouvaient croire n'avaient rien à voir avec l'habile manipulation à laquelle s'était adonné Lukas. S'il avait redonné la vie à ces gens, il pouvait tout aussi bien la leur reprendre. Chaque bonne, chaque valet qui travaillait au nouveau Manoir Rainforth avait très bien compris que le jour où ils avaient accepté de suivre le Duc, c'était lui juré fidélité et loyauté pour le restant de leurs jours. Ceux qui avaient tenté de piper cet odieux pari n'étaient plus là pour en parler. Ceux qui jouaient le jeu étaient lucides, à défaut d'être tous reconnaissants. Même si aucun n'était libre, au moins, tous étaient vivants et protégés par ce noble un peu curieux qui s'était un jour planté devant eux, en claudiquant le menton fier.

Parmi ces domestiques, il y avait Calvin Murray. Ce majordome austère, chauve, à la stature des poids lourd que l'on croisait dans les combats de boxe clandestins de Nordkia. Lui était la recrue dont Lukas était le plus fier, car il était le plus dévoué de ses serviteurs, et celui qui avait encore et toujours très clairement à l'esprit qu'il était pieds et poings liés depuis que la main du Duc avait asservi la sienne. Si les autres chambrières et pages oubliaient parfois la condition de leur emploi pour se concentrer sur la qualité de vie qui leur était offerte en contrepartie, Murray se levait chaque matin et se couchait chaque soir en se répétant qu'il avait accepté de ne plus être le capitaine de son âme. Ce fatalisme le poussait à toujours plus de déférence à l'égard du Duc, car il avait ainsi l'illusion de quelque part respecter un choix qui à l'origine était le sien. Ce n'était qu'une chimère : pactiser avec les démons de la Sylva avait le même parfum aigre-doux. Lukas pouvait lire toutes ces contradictions dans le regard de son majordome, sans même que Murray n'ait eu besoin de prononcer une parole ambiguë. Les deux hommes conversaient pourtant, assez souvent lorsqu'ils se retrouvaient seuls, d'ordinaire le soir, dans le bureau de Lukas, lorsque le majordome venait lui annoncer la fin du service. Leurs échanges pouvaient parfois durer jusqu'à une heure. Ils prenaient parfois de si curieux tournants qu'ils menaient l'un ou l'autre à révéler, à demi-mot, dans la faible clarté du candélabre, une faille dans la forteresse qu'ils étaient chacun. Leurs carapaces n'étaient pas faites du même matériau et ne portaient pas les mêmes cicatrices, mais c'était sous la lumière de la même bougie qu'ils en venaient à parfois se dévoiler. Ainsi une certaine complicité étrange était petit à petit née entre le Noble et le Docker. Eux seuls avaient le secret de leur relation complexe.

Ce soir-là Murray passa à côté de Lukas en le saluant légèrement pour aller se tenir près de la porte alors qu'ils attendaient tous les deux la dernière personne qui peuplait le Manoir. Le Duc avait du mal à contenir l'impatience avec laquelle il attendait l'arrivée de Lady Bliss Abberline. Le seul signe extérieur de son émotion fut une légère crispation de la mâchoire, alors qu'il se répétait qu'il ne devrait faire preuve d'aucune maladresse ni d'aucun tremblement devant elle. Il devrait être un rempart, un géant de pierre face à cette dame qui n'était que grâce et beauté. Mais combien, ô combien cette épreuve serait difficile. Elle n'était pas paru en haut des escaliers qu'il sentait déjà son cœur vibrer et s'ébranler comme du verre se brise sous la pointe d'un diamant. Bliss était la nouvelle venue dans sa vie qui avait ravi son âme racornie de dernier survivant d'un passé lointain, amer et douloureux. C'est bien ce qu'était Lukas : un vétéran meurtri par les balles de l’Élite, parmi lesquelles l'une, réelle, avait atteint sa colonne vertébrale pour l'obliger à une existence d'estropié. Pourtant rien de la douleur de ce souvenir ni de la blessure n'aurait résolu Lukas à abandonner, à renoncer à sa fierté ni à son rang. Il était le chef de la maison Rainforth. Il redorerait le blason sur lequel l'on s'était permis de cracher, il redresserait fièrement sa bannière qu'on s'était permis de piétiner, il soutiendrait le regard de quiconque avait osé, même dans le secret d'un boudoir, poser des yeux dédaigneux sur le destin de son nom. Il ne ferait aucun compromis. Il ne courberait plus jamais l'échine face à quiconque qui soit de la haute société : seuls les Princes mériteraient qu'il fasse la révérence.
Cependant, il est mensonger d'affirmer que l'arrogance exacerbée de Lukas ne fut mise à mal par Lady Bliss Abberline. Il n'ôtait jamais son chapeau devant personne, en effet. Sauf devant elle. Il jouait les fiers avec tous les autres, devant elle il faisait le beau. Un homme de la stature de Lukas ne pouvait se dérégler que pour une seule raison : il était amoureux. Amoureux fou. Et si un jour il venait à contrarier Bliss d'une manière trop odieuse, si elle prenait conscience du pouvoir qu'elle avait sur lui, un simple souffle froid de sa part pourrait tout simplement le mener à sa perte. Un simple regard posé sur Bliss le jour de leur rencontre avait convaincu Lukas qu'elle serait la femme qu'il épouserait. S'il avait pris cette décision pour le moins unilatérale en écoutant parler son orgueil, il n'avait alors pas compris dans quelle absolue mesure son visage viendrait combler chaque fêlure de son cœur. Lui, l'homme, forcément en position de force de part la chance d'être né dans la société Ünik, n'avait pas imaginé une seconde à quel point il pourrait se sentir défaillir à côté de celle qui s'était imposée comme l'objet de toutes ses pensées. Lui qui se sentait si fort et perméable, se sentait face à elle comme le petit astre que l'on ne voit plus lorsque le Soleil brille.

Lukas cligna des yeux et remarqua que cinq minutes s'étaient écoulées sur l'horloge. Il serait bientôt temps de partir chez Lord Levingstone, qui bientôt scellerait son destin avec une jeune femme de la même trempe sociale que lui, qu'il le veuille ou non, que cette perspective lui plaise ou pas. Peu importait à Lukas du bonheur ou du malheur d'autrui. D'ailleurs aucun Noble digne de ce nom ne se souciait de cela, à moins qu'il ne fut question de quelqu'un qui s'inquiète à son égard également. Autrement dit, le cercle des gens qui s'aimaient étaient toujours très petits à Anathorey, même au sein des familles – exemple fort parlant de ce que l'on ne choisissait pas et que l'on devait supporter, quel que fut son avis.
Lukas connaissait parfaitement le rôle qui serait le sien ce soir-là. Malgré l'importance de l'enjeu et la longue ellipse qui séparait le présent de ses vieux souvenirs, il s'était préparé sans se poser aucune question sur son paraître : il savait ce qu'il fallait faire et comment il devrait être. Il savait comment se vêtir, il savait quels sujets de conversation devraient être abordés. Il savait quelles danses seraient annoncées, il savait de quoi serait faite l'ambiance du dîner. Ces rituels étaient inscrits si profondément dans son crâne, de par son rang, que le Duc n'avait même pas eu, ne serait-ce que quelques secondes, à lever les yeux vers le ciel pour se rappeler les exigences des événements de haute société. Dans le miroir, il avait vu son propre regard sombre comme le charbon. La détermination qui était la sienne s'était rappelée à son esprit concentré sur le retour en société qu'il s'apprêtait à faire. Il n'y avait pas de quoi avoir peur. Il savait où il allait. Il savait qui serait là. Il savait qu'il ne serait pas seul. Il s'était trouvé une fière allure et s'était promis que ces convives, qui tous l'avaient oublié il y avait de cela huit ans, se souviendraient de la soirée où ils auraient de nouveau croiser le chemin du Duc Lukas Rainforth. Les valets qui arrivèrent dans le hall trouvèrent leur maître arborant un visage sévère et fermé, qui laissait deviner la rage qui bouillonnait sous son crâne. Seul le claquement d'un talon discret en haut des escaliers tira Lukas de sa rêverie. Son masque de dureté le quitta instantanément. Enfin, c'était elle, elle arrivait.

Bliss parut vêtue d'une robe qui semblait sortie tout droit d'un rêve éthéré, cousu de dentelle et de mousseline ivoire. Le long de ses bras si fins qu'ils semblaient à peine suffisamment robustes pour soulever un livre couraient de gracieux gants blancs. Quelques bijoux peuplaient son cou et ses oreilles, pour surligner l'élégance de son port de tête. Ses cheveux d'une blondeur candide avaient été relevés à l'arrière de son crâne en un chignon sophistiqué, tout en laissant quelques mèches voler naturellement autour de sa nuque. Aucun maquillage ne venait alourdir ses traits naturellement délicats. Lukas dû faire un effort énorme pour ne pas laisser sa bouche s'ouvrir d'hébétude. Il tendit la main pour accompagner la dame jusqu'en bas de l'escalier pour garder toute sa contenance, mise à mal par les compliments délicieux qui l'atteignaient comme des flèches. Il la remercia avant de poursuivre. « Vous êtes absolument magnifique » dit-il sans la quitter des yeux. « Vous ne m'avez jamais déçu, mais je ne vous avais encore jamais vue sous un jour si radieux. Vous me gâtez beaucoup trop, ma Dame ». Était-ce de l'émotion, qu'il lisait à présent dans son regard clair ? « Ne craignez pas de paraître à mes côtés, savoir que vous paraîtrez ce soir à mon bras fait de moi le plus fier des hommes ». Se sentant d'humeur taquine, il porta la main gantée de la lady à ses lèvres pour y déposer un baiser trop porteur de sentiments pour qu'on le confonde avec un simple baisemain. Il posa sur elle un regard empli de désir. « Est fou, ou d'une mauvaise foi ridicule, celui qui oserait trouver à redire de vous ce soir, très chère Bliss ». Lukas ponctua sa phrase d'un sourire à faire fondre les glaciers de la Muraille. Faire le malin de la sorte lui évitait de rougir comme un petit garçon à l'idée qu'elle put le trouver aussi beau qu'elle l'affirmait.

Lukas chaussa le haut-de-forme que Murray lui tendit avant qu'ils ne se mettent en route. Plusieurs valets de pied leur ouvrirent les portières de la voiture, fièrement tirée par des Lumelecks dont le bec était plus brillant que jamais à la lueur du soir naissant. Murray prit place à l'extérieur aux côtés du postillon et le convoi se mit en route vers le manoir Levingstone. Durant le trajet, Lukas s'attela à faire une conversation convenable à sa belle, lui donnant les indications nécessaires concernant des convives moins connus que d'autres. Ces informations n'avaient rien d'excitant, mais tous deux savaient ô combien elles étaient des armes importantes face à un interlocuteur de l’Élite, qu'il fut l'intéressé en personne ou non. « Même si nous avons été éloignés des salons vous et moi, je ne pense pas qu'ils diffèrent de ce que nos mémoires respectives en auront retenu. Les traditions ne se perdent jamais, pas plus qu'elles n'évoluent... Quoiqu'il en soit, je crains que notre présence ne surprenne du monde ce soir, le plus difficile sera de ne pas voler la vedette aux Levingstone ». Il était évident que tous les regards seraient braqués sur Bliss, car une femme de son envergure ne pouvait pas passer inaperçue, même au milieu d'une foule d'autres nobles. Soudain un petit soubresaut de la voiture fit chuter sa canne aux pieds de Lukas. Sa canne noire, au pommeau d'argent en forme de crâne. Il la redressa contre la banquette en se raclant un peu la gorge. Il préféra ne rien dire et détourner le regard, mortifié de honte à l'idée de devoir marcher affublé de cet objet de vieillard. Il lui arrivait de penser que Lady Bliss méritait mieux qu'un handicapé dans sa vie. Puis il bannissait cette pensée, ne supportant pas l'idée qu'elle puisse choisir un autre que lui-même.

La voiture s'arrêta après une heure de route dans la cour d'honneur de l'hôtel particulier des Levingstone. Des serviteurs s'empressèrent de leur ouvrir. Les pieds et la canne dehors, Lukas considéra la façade de la bâtisse, éclairée par des projecteurs soulignant la majesté des lieux. De nombreux invités arrivèrent en même temps qu'eux, si bien qu'ils purent dans un premier temps se fondre dans la masse. Un petit vent doux souffla dans leur dos. Il était temps d'entrer. Lukas jeta un œil vers l'entrée, où passaient des couples et des familles tous mieux vêtus les uns que les autres. Puis il tendit son bras à Bliss. « Non, assurément, je ne vois personne ici qui puisse vous faire de l'ombre. Puis-je vous faire un aveu ? J'ai toujours un peu redouter ces événements, qui ne diffèrent d'un ring qu'à ceci près que les coups sont interdits. Mais je sais que si les mots venaient à me manquer, votre grâce m'inspirera à nouveau ». Il lui adressa un regard plein de douceur. Elle était la seule à y avoir droit. « Êtes-vous prête, ma chère ? »
Après cela, Lukas les guiderait vers le hall du manoir, depuis lequel on entendrait déjà de la musique parmi les voix enjouées de la foule. Il tâcherait de marcher sans claudiquer, ou en tout cas le moins possible. Il était temps de faire son retour.


Dernière édition par Lukas Rainforth le Dim 27 Jan - 14:07, édité 2 fois
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Bliss Abberline


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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 13 Jan - 21:19

Bliss avait inspecté en quelques secondes, la tenue et les détails qui composait Lukas à cet instant. Elle était hypnotisée par cet être qui, à ses yeux, était un symbole de détermination. Elle l'aimait autant qu'elle l'admirait et la langueur qu'elle ressentait quand il n'était pas avec elle, était parfois insupportable. Le corps de la belle avait fini de grandir depuis quelques années et il lui envoyait, parfois, des signaux d'impatience. Sa colonne vertébrale piquait lorsqu'elle entendait sa voix chaleureuse, ses joues rougissaient lorsqu'il la complimentait et, pire encore, son bas-ventre brûlait lorsqu'il se tenait trop près d'elle. Lukas déchaînait une foule de sentiment dans la tête de la blonde, qu'elle ne su mettre réellement des mots dessus.
Tout ce qu'elle pouvait affirmer, c'était que des papillons s'envoler dans son coeur à chaque fois qu'elle le croisait.

Le discours qu'il lui tint sur ses charmes l'a mit dans tout ses états. Elle gloussa comme une saute et baissa les yeux avec un sourire de jeune femme heureuse et conquise. Lorsqu'il prit sa main pour l'embrasser, elle lui rendit audacieusement la passion de son regard. Oui, elle l'aimait, plus que tout. C'était un fait « Je ne saurai être mieux pour vous mon Duc. Si d'aventure je devais me vêtir comme cela chaque jour qui se fait pour faire naître l'émois, alors j'en soutiendrai l'exercice tous les matins. » C'était une déclaration, elle le savait et ne s'en cachait pas.

Ce moment a deux lui mit le baume au coeur qu'il fallait pour se rendre à la grande mascarade. Lukas était Duc, l'étiquette à tenir pour Bliss était donc différente : ils allaient se marier sous peu, il ne fallait pas qu'elle le contredise ou lui coupe la parole et mieux, si elle pouvait parfois faire profil bas voire s'éclipser pour lui laisser l'honneur de la vedette alors elle devait le faire. La femme tenait les rênes de la maison mais à l'extérieur, elle n'était que le faire valoir du mari, c'était bien connu. Si Lukas et Bliss ne partageaient pas -loin de là- cette coutume très traditionaliste, elle savait que pour la société, elle devait être irréprochable en public. Et puis le brun avait raison : ils manquaient de pratique.

« Ma dernière soirée mondaine était avant la guerre. Mon père s'étant réfugié dans son manoir, il m'envoyait tous les soirs chez des hôtes différents pour représenter la maison Abberline. Mais les gens ne sont pas fous : mon père n'était pas très aimé. Moi en revanche... » Elle mit son poing devant sa bouche, toussotant légèrement « J'ai peine à croire que le comte De Joffreille, le duc d'Ambrime et le duc Chatorney cherchaient à me passer la bague au doigt. Ils seront là ce soir, j'en ai plus que le pressentiment et j'espère, de tout mon être, qu'ils sauront se tenir à distance. » Elle ne voulait pas qu'ils essuient un refus, ni même créer d'esclandre. Son père les lui avait fait rencontré une fois chacun à tour de rôle et elle avait eu la désagréable expérience de les revoir à certaines petites fêtes de nobliaux. Danser avec eux était la pire des expériences « En tous les cas, les regards se détourneront bien vite de nous, bien que nous ne pourrons arrêter les bouches de palabrer. Si nous contournons la foule pour aller saluer nos hôtes comme il se doit, alors nous nous en ferons des alliés respectueux. Ils ne sont pas idiots, loin de là et si nous arrivons à sortir du panier atroce dans lequel nous serons plongés, alors nous aurons fait nos preuves et nous serons dignes d'intérêts. » Si Bliss arrivait à courtiser la duchesse Levingstone par son présent et sa verbe, un pas serait fait. Ce qui, en soit, ne serait pas un mal.

Mais le chahut du véhicule interrompit le discours des deux gens. La magnifique blonde sentit s'enfoncer dans le tissu de sa jupe, un métal lourd et travaillé. En baissant à peine les yeux, elle vit l'artifice de Lukas et détourna rapidement les yeux, admirant le paysage sous le coucher de soleil, qui défilait dehors. Elle savait, de bien des manières, que le duc n'était pas fier de ce qu'il considérait être un défaut et elle faisait toujours en sorte de ne pas l'embarrasser. Si de l'extérieur on aurait pu croire qu'elle était mégère de ne pas, parfois, l'aider à se lever, ce n'était en rien pour l'admirer négocier avec ses maux non. Elle voulait préserver la fierté d'un homme. Et ici, c'était ce qu'elle faisait avec délicatesse et fair-play. Car ils n'avaient jamais échangé à ce sujet avec des mots simples et direct mais elle, dans sa petite personne, ne se voyait pas dérangée, le moins du monde, par cela. Au contraire, pour l'avoir parfois vu marcher, de dos, le soir après une dure journée, elle éprouvait une empathie qui faisait ressortir tristesse, compassion, hargne et colère. Un melting-pot condensé entouré d'un amour bienveillant. Et Murray le voyait : le regard que Bliss posait sur le dos de Lukas le soir venu ne trompait pas. Elle l'aimait à s'en damner.

Lorsque la voiture fit halte, le soleil était déjà couché. La nuit était clémente et le temps bon. Ils descendirent du chariot comme bon nombre de nobles invités. Bliss voyait certains majordomes et serviteurs faire les dernières retouches sur les vêtements de leurs maîtres, prendre les ordres et s'en aller. Il fallait rentrer par ordre de rang, notamment lorsque le nom serait appelé. Lukas étant duc, c'était lui qui primait sur celui de Bliss, de plus petite envergure.

Nous loin du parvis, l'homme tendit son bras et avec joie, elle y enroula le sien. A nouveau, ses compliments la touchèrent et elle répondit alors « Duc de Rainforth, je serai votre puissante alliée ce soir et, j'espère, pour un grand temps encore. » Audacieuse n'était pas qu'un mot, mais également un prénom « Prête. » Son coeur battait plus fort dans sa poitrine et ses oreilles étaient légèrement rouges sous ses cheveux blonds.

Ils avancèrent au même rythme que la foule qui les entourait mais ne purent entrer complètement dans le hall. La voix d'un orateur résonna assez pour qu'il puisse l'entendre de dehors, et des noms défilèrent alors. Devant eux, cela se dégagea et Bliss fit attention aux visages. Sans surprise il y eut les deux ducs dont elle redoutait la présence, plus par ennui que par réelle peur.

« Le duc Lukas Victor Rainforth et la comtesse Elizabeth Bliss Abberline »

Comme il était prévu, le ton des conversations se turent pour voir s'élever du parvis extérieur les deux personnes en questions. Bliss, dans sa robe blanche et ocre, suscita la plus vive des jalousies de ces dames et l'admiration de ces messieurs. Lukas lui... Fit l'émoi dans une partie de l'assemblée, comme si il n'était connu que de certains et non d'autres. Des chuchotement vinrent rapidement prendre le pas sur ce silence et quand ils passèrent définitivement le niveau de l'orateur pour entrer dans la grande salle de réception, ce dernier annonça les noms suivant. Les discours reprirent alors bon train mais, comme il était prévu, des regards suivirent les faits et gestes des ressuscités.

Au bout d'un long moment malgré tout, la liste des invités se finit et la musique de l'orchestre se mit en marche. Un air clair mais encourageant. L'orateur changea alors de poste et vint se placer en bas des escaliers, scandant alors la venu du couple Levingstone, venant tout droit de leurs appartement à l'étage. Il y eut nombre d'applaudissements quand les silhouettes se firent voir et tous furent subjugués par la magnificence des habits des hôtes. Bliss eut un sourire avant de profiter du bruit de la foule pour se pencher vers Lukas « Je n'ai pas volé la vedette de notre chère Dame mais je n'en éprouve aucun tord. Je suis la vôtre et vous êtes la mienne. » Et n'était-ce pas tout ce qu'il comptait ?
Car le couple avait beau parader, les yeux verts de Bliss ne désirer regarder qu'une seule personne : Lukas.

Le duc s'éclaircit la voix et les applaudissements cessèrent. « Gente dames et gentilshommes, votre présence à tous nous ravis. Ma Dame la Duchesse et moi-même comptons sur votre bonhomie pour profiter de cette soirée d'après guerre. Nous désirons vous voir vous amuser et manger à votre faim. » Comme si les nobles manquaient de quoi que ce soit ! Il termina alors son discours en quelques phrases supplémentaires. On aurait voulu lui donner la grâce et l'honnêteté mais Bliss n'était pas dupe. Si elle souriait poliment en applaudissant, elle savait qu'il était évident pour eux qu'ils avaient quelques intérêts à tirer là-dessous. En observant un peu plus la duchesse, elle s'aperçu de quelques détails sur sa posture anormalement peu droite. Légèrement penchée en arrière, de manière très indistinct. La comtesse approcha alors la bouche de l'oreille de son aimé « Mon ami, notre chère Syrielle de Levingstone est enceinte. Voyez comme elle se tient, le dos légèrement cassé. Si nous arrivons à tirer profit de cette information, peut-être ferions-nous mouche ? »

Le couple alla s'asseoir dans les fauteuils qui leur était attitré. La foule se dispersa aux quatre coins de la pièce, pour danser, manger, chanter, parler, s'amuser, rire et jouir de tous les plaisirs de la noblesse. Très vite, plusieurs personnes s'approchèrent de Lukas, n'ayant en rien oublié son nom et son visage. Bliss se tenait droite, parfaitement respectueuse à côté de celui qu'elle aimait, sans lui faire défaut. Il fallut passer quelques minutes avant qu'un homme vint s'insérer dans le petit groupe. Il n'était pas très vieux et avait à peu près le même âge que le père de la belle blonde « Madame Abberline, Duc Rainforth. Je suis Lord De Lancy, fils de la comtesse Jirmany et du lord De Lancy. » Bliss se tourna alors vivement vers lui, rayonnante, comme à son habitude « Lord De Lancy ? Etait-ce vous qui êtes courageusement venu en aide à ma famille en ce funeste hiver ? » Il arbora alors un léger sourire et s'inclina avec respect « Ce n'était rien mais c'est un honneur, chère madame, que vous me reconnaissiez donc. En effet, je suis celui qui a su vous mettre à l'abris du besoin peu après le décès de votre mère. » La jeune femme changea son visage en quelque chose de bienveillant et se tourna vers le petit groupe « Pardonnez-moi messieurs, je ne souhaitais vous interrompre d'aucune manière. », « Techniquement, c'est moi qui vous ai interrompu. N'ayez aucune gêne. » Il prenait soin d'elle « Je vous présente Demetrio De Lancy, un très bon ami de la famille Abberline. » Puis se tournant vers Lukas « Comme tout le monde sait, notre famille a été en proie à quelques malheurs et sieur De Lancy, présent ici-même, a su éviter à la dynastie de sombrer dans un chaos inévitable suite à la mort de ma mère. Cela faisait plus de dix ans que je ne l'avais pas vu. » Et alors avec élégance mais audace elle se tourna vers les piques-assiettes venus questionner Lukas « Messieurs, peut être nous reverrons nous tout à l'heure, après nos échange avec monsieur le Lord. » Devant l'ordre d'une femme, l'homme s'incline.

Le groupe se dissolu et étant un peu plus intimiste, Bliss rajouta « Demetrio a mit en déroute l'assassin qui me voulait du mal. Son père était un voisin très proche du père de mon père pendant des années et les deux se sont beaucoup aidés mutuellement. Bien que mon géniteur soit plus froid que mon grand-père, le lien a perduré et Demetrio n'a pas cillé quand on lui demanda l'aide nécessaire. Je venais de perdre ma mère et nos finances étaient au plus bas. Avec la menace qui rôdait autour du manoir, plus personne ne voulait venir travailler. Bien que ceci soit loin maintenant, j'en garde un fort souvenir grâce à lui. », « Quel portrait madame ! Vous me voyez conquit. Et... Vous avez tant grandi. Je vois en vous votre très chère mère. » Mais le regard duquel il la couvait n'avait rien de lubrique au contraire. C'était quelque chose de paternel, aimant et soucieux d'un bien être. Il était émerveiller de voir la petite fille aussi belle et épanouie.



Dernière édition par Bliss Abberline le Mar 15 Jan - 23:01, édité 1 fois
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Lukas Rainforth


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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyMar 15 Jan - 21:21

Le couple s'avança dans le hall avec la discrétion de ceux qui ne se sont pas encore faits remarquer. Dans la haute société d'Anathorey, on cherchait d'abord du regard ceux que l'on savait devoir être là, pour être les premiers à les saluer en cas de présence ou pour médire sur les malotrus qu'ils étaient en cas d'absence. Personne ne remarquait tout de suite ceux qui étaient là sans que quiconque, à part les hôtes, ne sache pourquoi. Tout au plus, des regards un peu intrigués leur étaient adressés, mais les messes basses derrière les éventails attendraient que tout le monde soit réuni dans la salle de bal. Lukas, armé de Bliss, fendit la foule sans prêter attention à qui que ce soit. Arrivé à la hauteur de l'huissier, il lui chuchota leurs noms pour qu'ils soient annoncés plus tôt que prévu. L'homme s'exécuta d'une voix vive et claire :

«  Le duc Lukas Victor Rainforth et la comtesse Elizabeth Bliss Abberline »

L'annonce entraîna une accalmie du brouhaha de début de soirée. De nombreuses têtes se tournèrent vers eux, certaines avec une lenteur curieuse, d'autres avec la nervosité de quelqu'un qui n'arrive pas à croire à ce qu'il vient d'entendre. Lukas s'amusa à jeter un regard circulaire sur leur tout nouveau public. Parmi les convives, il y avait ceux qui lui souriaient. Ceux-là lui étaient totalement inconnus et devaient d'ores et déjà se réjouir de faire de lui un précieux allié à rouler dans la farine pour servir leurs intérêts. Ceux qui ne lui souriaient pas, en revanche, avaient tous un visage qui était familier à Lukas. Pour certains, il parvint même à associer un nom à leur mine hagarde. Qu'ils fussent des vieux ennemis ou d'anciens amis, tous pouvaient constater que Lukas Rainforth se tenait debout devant eux, bien droit, en compagnie de deux nouvelles amies : l'une disgracieuse, sous sa paume droite, et l'autre, belle à en damner un saint, accrochée avec douceur à son bras. Lady Elizabeth Abberline, qu'elle fut connue ou un peu moins – en raison de son jeune âge – ne pouvait laisser personne indifférent. Il n'y avait pas besoin d'être un fin observateur pour déceler les émotions qu'elle suscitait sur son passage. Admiration, envie, jalousie, en tout les cas elle était éblouissante. Le Duc s'enorgueillit d'être son cavalier et bomba légèrement le torse alors qu'ils s'avançaient un peu plus dans le manoir, jusqu'à la salle où la réception battait son plein. L'effet de leur entrée passé, l'assemblée fit mine de reprendre une activité mondaine normale. Mais bien entendu, et comme l'avait si bien fait remarquer la perspicace Dame, ils ne pourraient pas empêcher les gens de jacasser. Un rictus se dessina sur le visage de Lukas. Tout se déroulait comme prévu.

« A peine avons-nous fait un pas dans le hall que la bienséance s'est rappelée à moi » chuchota Lukas à l'oreille de sa belle. « J'avais presque oublié qu'en public, il seyait que je vous nomme lady Elizabeth ». Que soit louée l'annonce de l'huissier ! Et quel idiot faisait-il. Même si avoir une dame à son bras n'avait rien d'anodin et ne laisserait personne dupe, Lukas ne tenait pas à dévoiler ses liens intimes avec Bliss comme une ménagère étendrait son linge à sa fenêtre. C'eut été indigne de son rang et irrespectueux envers la jeune lady. Fort de ce rappel, il ravala légèrement son ego et se concentra davantage sur la soirée. Bliss quant à elle semblait parfaitement à l'aise malgré le fait que la dernière mondanité à laquelle elle ait assisté date de l'avant-guerre. Le bras du Duc se raidit légèrement lorsqu'elle énonça le nom de quelques prétendants qui se trouvaient dans le secteur. « Rassurez-vous ma douce, la distance s'imposerait à eux si l'un de ces gentlemen venait à se montrer trop... aventureux ». L'arrogant Noble, seul juge de leur audace, sentit que sa ligne de tolérance, fragile comme son cœur amoureux, serait très facilement chatouillée. Gardons la tête froide, songea-t-il.

En bas des escaliers principaux, alors que l'huissier s'en allait et qu'une musique légèrement dansante commençait à se faire entendre, le Duc Levingstone parut accompagné de sa fiancée. « Ils sont presque aussi beaux que nous » souffla Lukas d'un air pince-sans-rire. Il aimait faire ce genre d'humour, pour le plaisir de lire le désarroi dans le regard de Bliss, qui se demandait parfois s'il plaisantait ou s'il était vraiment sérieux.
Le Duc Levingstone accueillit chaleureusement l'ensemble de ses invités, avec la bonhomie qui le caractérisait. Il encouragea chacun à s'amuser et à prendre du bon temps, en cette première soirée d'après-guerre qui avait tant meurtri la capitale et les familles qui la peuplaient. Comme si Anathorey avait été plus marquée que Nordkia par l'infamie de la Purge, songea Lukas en retenant un soupir. Les festivités commencèrent sous les applaudissements de la foule, trépignant de retourner aux discussions nobiliaires. Affaires, rumeurs, commerce, potins et autres jacassements seraient rapidement de mise. Loin de son cynisme, Bliss n'avait manqué de faire travailler son regard de chat-elum : elle avait remarqué la position de la Dame qui les accueillait ce soir entre ses murs, légèrement penchée vers l'arrière et les pieds un peu trop écartés l'un de l'autre pour que sa tenue soit tout à fait élégante. La future ex-lady Albion était enceinte et faisait tout pour le cacher sous une robe vague qui masquait habilement ses formes s'arrondissant. « Voilà une information aussi délicate que sensible à manier... » répondit Lukas sur le même ton que son élégante compagne. Il n'était en effet pas anodin de tomber enceinte avant le mariage, c'était d'ailleurs certainement cet heureux événement qui avait précipité leur prochaine union. D'aucuns auraient été curieux de savoir si le dauphin était le résultat d'un amour interdit, d'une culbute à l'arrière d'une diligence, ou les deux. Lukas préféra à ces épanchements indiscrets une réaction mesurée qui seyait à son titre. « Votre idée est très pertinente ma chère, je ne puis que l'approuver. Cependant, je crois plus habile de vous laisser lui en toucher deux mots vous-même. Vous êtes une femme, jeune de surcroît, vous saurez davantage tisser un lien de confiance avec elle que l'homme que je suis. Je ne veux pas risquer d'intimider Lady Syrielle ». Il était toujours difficile pour un homme d'aborder le sujet de la grossesse, particulièrement avec une femme qui n'était pas la sienne. Même si Syrielle n'était pas une inconnue, lui s'en fallait.

La soirée commençant, Lukas et Bliss prirent place sur les fauteuils qui leurs avaient été attitrés et ne tardèrent pas d'être entourés par d'autres convives. Parmi eux se trouvaient d'anciennes connaissances assez lointaines de Lukas, que l'étiquette le forçait à ne pas oublier. Les anciens amis ne s'étaient, pour l'heure, pas encore hasardés à venir le rencontrer. Ils attendaient sans doute que l'alcool s'évapore petit à petit des verres, pour adoucir les mœurs. Poli et déférent, Lukas échangea avec ces gens des paroles courtoises. Il remerciait ceux qui se disaient ravis de le retrouver, enchantés de le voir en si bonne santé, ce genre de balivernes qui dissimulaient à peine le mépris avec lequel ils le considéraient en réalité. « Vraiment, mon très cher et estimé Duc », fit la vieille et maigre lady Clermont, dont la voix pincée n'avait été améliorée avec le temps, « Je suis absolument en-chan-tée de revoir votre visage parmi les salons. Je craignais de ne jâ-mais vous revoir. Notre famille avait été si bouleversée d'apprendre qu'il vous était arrivé malheur ! ». Les sourcils de Lukas tressautèrent furtivement. « Vos nombreuses lettres vous en sont témoins, très chère et estimée lady » répondit-il non sans une pointe de désinvolture. Cette petite phrase eut le don de jeter un froid sur le groupe réuni. Lady Clermont avait en effet cessé de prêter la moindre attention aux Rainforth dès l'instant où le père avait passé l'arme à gauche, préférant se rapprocher de la branche de la famille qui avait par la suite causé un tort impardonnable à Lukas. Les pupilles brûlantes d'une colère sourde du Duc firent taire la mégère, qui se racla la gorge en faisant mine de rire avec amusement. Son sourire crispé se reflétait sur le visage de Lukas, qui se savait en position de force. Désormais, la grande bringue frigide qu'elle était n'avait plus qu'à se tenir à carreau.

Bliss, qui avait toujours eu un sens du bon moment pour retourner une situation à l'avantage de ses alliés, choisit ce moment pour se tourner vers Lukas et lui présenter un homme à la chevelure grisonnante et au regard plein de tendresse paternelle. « Je suis enchanté de faire votre connaissance, Sieur de Lancy. Je suis le Duc Lukas Rainforth. Si notre chère Elizabeth ici présente vous qualifie de bon ami, je devine que vous êtes un homme très estimable ». Demetrio de Lancy eut pour seule réponse un sourire reconnaissant ainsi qu'un signe de tête respectueux envers le titre de celui qui venait de lui adresser ce compliment. A l'évidence, c'était un homme sincère et humble, tels que Bliss les appréciait. Le groupe dissout, les révélations sur le passé de la Dame se firent plus glaçante que l'image du bon souvenir d'enfance qui s'était d'abord dessiné sous les yeux de Lukas. Au contraire, le récit fut sordide et froid, à l'image du père que Bliss avait toujours cherché à fuir, ou de ces crapules qui cherchaient à faire du mal aux créatures les plus innocentes sous prétexte qu'elles appartiennent au groupe privilégié. « Les lâches n'ont, paradoxalement, parfois aucune limite... Heureusement qu'un homme de votre envergure s'est mis sur la route d'un de ce barbare. Je vous remercie d'avoir porté secours à Elizabeth, Sieur de Lancy. Sans vous, je n'aurais en effet jamais pu la rencontrer » dit Lukas avec beaucoup de sincérité - et horrifié à l'idée d'une vie sans Bliss. Il était souvent très inquiet à l'idée qu'elle ne fut poursuivie ou ne se retrouve entre les mains de ceux qui en voulaient encore après son nom. Il savait que c'était un fléau qu'elle subissait et fuyait depuis sa plus tendre enfance. Mais il savait qu'elle avait des alliés, de très bons alliés qui l'aimaient et qui avaient toujours fait en sorte de la protéger. Demetrio faisait ostensiblement partie de cette catégorie, et Lukas espérait lui aussi faire partie de ceux qui servaient de piliers à Lady Abberline.

« Mon très cher Lukas » fit soudain une voix très douce qui arrivait de derrière leurs fauteuils. Lukas la reconnut immédiatement, se leva, et se retourna pour faire un baisemain à leur hôte de la soirée. « Lady Syrielle », souffla-t-il respectueusement. « Il y avait bien longtemps que nous ne nous sommes vus ». La Dame, qui avait bien entendu salué le reste de la petite assemblée, pouffa légèrement. « Cela est vrai. La dernière fois que je vous ai vu, vous étiez un adolescent farouche qui trouvait très ennuyeux de s'occuper de la petite fille que j'étais. Vous savez, très chère Lady Elizabeth, j'étais une bonne amie d'Alvis Rainforth, la sœur de notre cher Duc ». Un rictus nerveux naquit sur les lèvres de Lukas, qu'il changea très vite en sourire chaleureux pour éviter de mettre mal à l'aise lady Syrielle. Il lui fallut dissimuler l'immense tristesse que lui évoquait ces souvenirs, au parfum des goûters d'enfance. « Je me souviens des jeux que vous aviez, Alvis et vous. Comme cela me paraît lointain ». Sans vraiment réfléchir, Lukas posa son regard sur le ventre de Syrielle, qui s'intéressait cette fois à Bliss, sans se douter de la tempête qu'elle avait presque déclencher sous le crâne de Lukas. Il s'en était fallu de peu. S'il faisait bonne figure, Lukas sentit sa main serrer à blanc le pommeau de sa canne, et sa mâchoire se crisper un peu. Il reprit très rapidement contenance, car la mission du soir ne pouvait souffrir d'aucun obstacle. De toute manière, le monde de la noblesse n'était-il pas brodé de faux-semblants ?


Dernière édition par Lukas Rainforth le Dim 27 Jan - 14:04, édité 1 fois
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Bliss Abberline


bliss

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyMar 15 Jan - 22:36

Le grand bal des opportunités avait commencé. Lukas attira bien du peuple et Bliss ne se départit jamais de son sourire policé et courtois. Elle voulait mettre en valeur son duc et non le contraire.

Lorsque Demetrio vint les saluer, Lukas lui rendit sa bienveillance, comprenant rapidement qu'il n'y avait pas de mal dans cet homme. Bliss ne le quitta d'ailleurs pas des yeux, très impressionnée de le retrouver. Il su prendre les compliments du Duc avec une grande humilité et le sourire de la jeune femme se mua en quelque chose de beaucoup plus affectueux « Lord De Lancy, permettez moi de vous demander où vous résidez à présent ? J'aimerai tant connaître celle qui vous accompagne et vous rendre visite quand le temps le permet. » Le petite rire rauque mais discret n'échappa pas à la belle qui s'interrogea sur l'origine « Très chère lady, il n'y a personne qui comble ma vie. J'ai une existence de nomade, critiquée par la société, mais qui me convient. » Il était confiant, présentant son mode de vie avec beaucoup de conviction « Oh... Je vois... Vous êtes vous séparé du manoir de votre père ? », «  Non, bien sûr que non. Disons que les domestiques font leur travail à la perfection en mon absence. Du reste, je ne laisse personne y entrer depuis la guerre. Un incendie a ravagé la partie ouest. Mais, je vous en prie, ne parlons pas de moi, je m'en sens gêné. Dites-moi plutôt comment va votre père ma Dame ? » Demetrio était peut être un homme 'bon', il n'en restait pas moins un noble élevé à la cour. Et tout était bon pour avoir des informations sur les personnes dangereuses de l'entourage. « Père est en parfaite santé. La guerre n'a entaché ni son moral ni sa vivacité. Il est même plus dynamique que quand vous l'avez vu pour la dernière fois. », « C'était déjà un homme de caractère et plein de vie. », « En effet. Lui va très bien. Disons que... » Elle baissa un peu la voix, les sourcils arqués dans l'autre sens « J'accuse le décès de sa sœur. Elle a succombé à une rafale de balles perdues. » Les émotions étaient fortes et présentes mais la Lady redressa le visage « Elizabeth, je suis sincèrement désolé. Si je peux... » Bliss leva doucement une main, toute paume droite « N'ayez crainte. Ma période de rémission est terminée, le deuil est fait. Il me faudra encore du temps pour l'accepter, mais le quotidien est moins pénible aux côtés de sieur Rainforth. » Demetrio jeta un regard vers l'homme. Au même instant, une voix douce et aigüe s'éleva « Mon très cher Lukas. » Ceci fit réagir l'appelé qui se leva pour répondre immédiatement. Tournant le dos aux deux personnes, Demetrio continua alors « Je vois. Je ne suis pas partit depuis la fin des combats et je dois encore rester dans la région un moment. Si il vous prend l'envie de venir vous divertir dans mes jardins, n'hésitez pas. Et si, bien évidement, monsieur le duc est d'accord. » Bliss tourna un regard aimant vers Lukas qui parlait avec la future duchesse, avant de tourner à nouveau son regard vers le grand homme « Je pense qu'il n'y verra aucun inconvénient. Vraiment. », « Alors vous m'en voyez ravi. Je ne vous dérange pas plus Elizabeth, sachez que ça a été un plaisir de vous revoir et qu'il ne sera que plus grand si vous me laissez vous accueillir sur mes terres. Mes hommages, ma Dame. » Il s'inclina alors qu'elle lui rendit une chaste politesse. Le coeur léger, elle le regarda faire volte-face pour disparaître dans la foule. Si on lui avait dit qu'elle reverrait cet homme... Elle allait avoir des choses à dire au Duc sur le chemin du retour.

Se tournant alors vers le couple en conversation, elle attrapa cette dernière au vol. Cela tombait à merveille Syrielle ne manqua pas de lui parler de la défunte sœur de Lukas. Sans ciller, la jeune blonde accapara l'attention de la femme, ne jetant qu'un coup d'oeil au maître des émotions qui se tenait à côté d'elle, et dont elle devinait une amertume cachée « Lady Levingstone. » Une révérence respectueuse s'imposa « Il est vrai que filles et garçons ne partageons pas les mêmes goûts, qui plus est à ces âges là. Alvis devait être plus à même de vous convenir. Mais dites moi, il me semble que monsieur le duc s'est remit de ses terribles maux de tête, n'est-il pas ? Je n'ai pas entendu mon père en reparler récemment. » Syrielle pencha légèrement la tête sur le côté, une boucle de cheveux couleur miel, venant flatter sa joue « Votre... père ? », « Le comte Abberline, il... », « Merci. Il ne m'est pas inconnu. » La jeune femme blonde accusa le ton devenu sec de la future mère « Il est évident que votre père ne puisse témoigner de l'état de mon futur mari. En faisant cavalier seul pour les plans et stratégies de guerre, bafouant ainsi l'honneur d'Élliot auprès des Princes, il était évident qu'il n'allait pas lui communiquer ses maux. » Bliss failli mourir d'étouffement « C... Comment est-ce possible ? » Sa mine outrée montrait combien la surprise était totale. Le chat qui lui resta dans la gorge pu parfaire le tableau. Syrielle, elle, s'était faite un peu plus amère « J'aime à penser que vous ne reproduirez pas ses œuvres désastreuses. Il s'est donné en spectacle en cherchant à décrédibiliser ceux qui étaient censés être ses alliés. L'effort de guerre était commun, il a fait bande à part. Les hommes ont prit l'initiative de le contourner et de le laisser dans son euphorie. Navrée. » Lady Abberline reprit un peu plus contenance, redressant le menton. Sa voix était également contenue, plus douce et peu sonore pour ne pas alerter un peu plus les oreilles indiscrètes autour d'eux « Je vois et je ne pourrai en vouloir à votre cher Elliot, ainsi que ses confrères d'avoir fait appel au bon sens. Depuis la mort de ma mère il devient de plus en plus fou. Il ne souhaite aucun médecin compétent chez lui, vivant dans un déni qui ne l'excuse en rien. J'ai tenté de le préserver mais nous ne pouvons aider ceux qui ne veulent pas s'aider eux-mêmes. Je dois me protéger et espérer, qu'un jour, ma descendance puisse assurer un règne bien moins malsain que celui de mon cher père. Future Duchesse de Levingstone, sachez que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour me détacher de l'image sordide que mon père vous a transmise, concernant notre famille. Il est un cas particulier qui condamne tous ceux du même sang que lui. Je vous présente mes plus plates excuses et espère que, par la suite, nos familles sachent communiquer à nouveau. » Syrielle resta silencieuse un moment. Peut-être une dizaine de secondes, ou une quinzaine. Elle leva le menton, toisant la jeune femme du regard « Bien. Elizabeth, votre père est ce qu'il est, et je serai bien sotte de me conforter dans l'idée que sa descendance lui ressemble. Lukas n'aurait pas supporter d'avoir à son bras une cavalière ne vivant que pour le pouvoir, la richesse et la domination. » Bliss souffla légèrement. Bref portrait du père, mais il était juste. Elle hocha alors la tête « Descendance, dites-vous ? », « Je ne précipite rien, mais tout comme vous, j'espère porter un jour le fruit de mon amour. » Un sourire extrêmement bienveillance naquit sur les lèvres de la belle, indiquant qu'elle savait. Syrielle haussa les sourcils, intriguée, avant de dissimuler son nez et sa bouche derrière un éventail, la mine départie de toute austérité « Audacieuse. », « Bliss suffira, ma Dame. » Elle inclina la tête, l'expression complice et l'attitude clémente. Elle estimait la dame et cela se voyait pour l'oeil aguerri. Alors le duchesse regarda Lukas « Si on m'avait dit que les Rainforth siéraient si bien aux Abberline, je ne l'aurais jamais cru... » La comtesse profita alors de ce moment pour permettre une entrevue entre Syrielle et Lukas, suscité tacitement par cette dernière « Veuillez m'excuser, je dois me repoudrer le nez avant l'ouverture du quadrille. Lukas, mon ami, je vous retrouve tout à l'heure. » Boniments et ronds de jambes, il ne fallait pas hésiter à lire entre les lignes pour saisir tout ce qu'il se disait et pour cause. Lorsque Bliss fut assez loin pour ne plus entendre, Syrielle dévoila alors ce qu'elle cachait derrière l'éventail : un sourire taquin envers Lukas. Elle dit alors, telle qu'une petite sœur -plus respectueuse- aurait pu le faire « Très cher, j'ai hâte de voir combien elle peut vous tenir la dragée haute. Vous avez ici un joyau de collection. Prenez en soin, ne le brisez pas. » C'était un conseil réthorique, preuve qu'elle approuvait la relation, le tout dit à demi-mots. « J'aimerai vous revoir avant l'union d'Elliot et moi, accepterez vous une invitation plus intimiste ? » S'en suivit alors d'une question, d'une proposition, à laquelle il ne pouvait dire et en tout intérêt, il ne valait mieux pas.

Bliss se perdit à contre cœur parmi les convives. Elle arriva à prendre un verre d'un alcool très doux et léger pour se rafraîchir la gorge. En voulant s'éloigner à peine de la grande foule, elle fut surprise par le duc de Chatorney, qui la fit sursauter « Elizabeth ! », « Par tous les Princes ! Sieur de Chatorney ! », « Ma mie, vous me voyez navré de vous avoir causé tant de frayeur ! Laissez moi vous saluer comme il se doit. » Elle n'y coupa pas. Le baisemain fut de rigueur et elle se figea quand elle sentit la bouche du type sur ses doigts pourtant gantés « Comment allez vous ? Vous sembliez si pâle ces derniers mois. Votre père a refusé de me dire où vous étiez. », « J'étais en deuil, sieur. Je ne voulais voir personne. », « Et pourtant vous arrivez avec ce pince-sans-rire de Rainforth. » Bliss recula « Je vous prie de rester courtois, duc. J'ai entendu dire que vous aviez trouvé chaussure à votre pied ? » Il se racla la gorge « Hum... Non. Sarah n'était pas faite pour moi. J'ai su m'en rendre compte à temps. Elle n'avait pas... votre trempe. » La lady fit un pas en arrière. Lui fit deux pas en avant « Elizabeth... » Le moment tant redouté. Lukas Rainforth, si cette voix parcours le ciel, alors qu'elle parvienne à vos oreilles.

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 20 Jan - 16:12

Contrairement à ce que croyaient les ignares et les révolutionnaires, être un membre de l’Élite n'avait rien d'une sinécure. La richesse n'arrivait pas sur un plateau d'argent, les petits plats garnissant ces plateaux non plus, pas plus que les bonnes manières n'étaient innées, ni encore le nom du père facile à porter. Lukas considéra Bliss, qui pâlissait devant les remontrances à peine dissimulées de la future Syrielle Levingstone. Plus que quiconque sa chère et tendre savait combien, ô combien le nom du père pouvait s'avérer un fardeau douloureux à porter. Le monde de la noblesse n'avait rien de tendre, mais parmi les personnages les plus durs de la Cité Blanche figurait sans l'ombre d'un doute Lord Abberline. Les plus arrivistes le trouvaient culotté, les plus snobs le trouvaient prétentieux, les plus froids le trouvaient cruel. Cet homme concentrait en lui le paroxysme des plus détestables défauts de chacun d'entre eux. S'il avait eu davantage de pouvoir qu'il n'en avait déjà, il aurait été un homme particulièrement dangereux. Lukas ne s'expliquait que cet homme ne soit laissé en vie que par le fait que le Prince Tarion devait le juger indigne de l'inquiétude du Conseil, pour le moment. Mais ce qui alarmait Lukas plus que toutes les frasques du Lord, c'était sa manière de traiter sa fille comme un bien marchand, une action à placer et à faire fructifier pour son intérêt personnel. Même si c'était en effet le destin de bien des jeunes femmes de l’Élite, l'idée que Bliss puisse lui rapporter quoi que ce soit et qu'il en tire satisfaction inspirait à Lukas une violence meurtrière. La même que celle qui l'avait animé et dominé lorsqu'il avait pris la décision de reprendre ce que la famille de sa bien aimée tante lui avait extorqué.

Heureusement, Lady Bliss était tout sauf une débutante. Depuis sa plus tendre enfance elle avait toujours dû composer avec l'image du méprisable individu dont elle portait le nom. Elle avait appris à ne pas se faire pavillon des valeurs de Lord Abberline, et avec le temps, était parvenue à trouver d'imparables astuces pour ne jamais perdre la face. La charmante en usa, ce soir encore, sous le menton presque vertical de Lady Syrielle. A force de trouver les bons mots, elle prouva à son interlocutrice qu'elle n'était pas la progéniture formatée que chacun pensait. Si bien que Lady Syrielle fut bientôt débarrassée de toute hostilité envers Bliss. Derrière son éventail, elle s'amusa avec malice de l'étrange couple que Lukas et la belle formaient, bien plus harmonieux que les préjugés ne le laissaient croire.
La conversation se termina mieux qu'elle n'avait commencé, au grand soulagement des trois participants. C'est le moment que choisit Bliss pour aller retoucher son maquillage avant que les danses ne débutent. Lukas et Syrielle se retrouvèrent seuls. La fiancée osa un sourire plein d'espièglerie : « Très cher, j'ai hâte de voir combien elle peut vous tenir la dragée haute. Vous avez ici un joyau de collection. Prenez en soin, ne le brisez pas. » S'en suivit une invitation à dîner autour d'une table qui réunirait les deux couples. Lukas considéra quelques instants Syrielle, plus petite que lui. Il sourit à son tour avec douceur : « C'est avec plaisir que nous vous reverrions dans un cadre moins grandiloquent, Madame. En revanche, je n'y serais entièrement disposé... » La douceur se ua en quelque chose de glacé, qui pourtant surmontait toujours un sourire. « … à la seule condition que vous ne vous adressiez plus jamais à Elizabeth comme vous venez de le faire ». Lukas se redressa devant la Dame. Elle serait certes bientôt Duchesse, mais elle n'en demeurait pas moins une femme, elle serait dans le duché une pièce rapportée. Elle devrait toujours faire preuve de déférence envers les noms plus anciens que celui des Levingstone. Lukas lui rappela ainsi, bien campé sur sa canne, que celui de Rainforth était parmi les premiers à être apparus. Le regard un peu confus que Lady Syrielle lui adressa témoignait de ce qu'elle avait compris. Elle était fière, mais pas idiote. « Ne vous méprenez pas, Madame. Une femme qui soutient son fiancé est un modèle parmi tout ce qu'il y a de plus estimable. Mais il est plus facile pour une grande épouse de défendre le nom de son mari que pour une jeune fille d'assumer le nom de son père ».
Le Duc vêtu de noir avait parlé d'une voix de velours, qui vint au creux des oreilles de Syrielle sur la pointe des pieds. Il avait l'art et la manière de remettre les gens à leur place, il avait toujours su s'y prendre. C'était un talent qu'il avait affûté à force de le pratiquer, et visiblement, ses années d'absence ne le lui avaient pas fait oublier. « Certes. Eh bien... me voilà mouchée » fit Syrielle, avec beaucoup de fair-play. « J'y suis suffisamment attaché pour me permettre une telle audace » répondit Lukas avec une fausse abnégation dont il avait aussi le secret. Les deux amis se regardèrent avec amusement. Ils s'étaient retrouvés. L'atmosphère se détendit, pour de bon.
Ils échangèrent pendant quelques minutes encore, avant que Lady Syrielle ne coupe court à la conversation. « Très cher, non que je veuille me débarrasser de vous, mais je crains qu'un odieux envahisseur ne cherche à marcher sur vos plates-bandes ». Ce disant, la Dame fit un bref mouvement du menton en direction de Bliss, perdue au milieu des autres invités. Sur le dos de sa petite main tendue reposait la bouche du Duc Chatorney. Il lui lançait un regard qu'il devait croire irrésistible. C'était un spectacle aussi répugnant que de voir ramper sur un pétale de rose une limace grasse et grosse. Syrielle tourna ses sourcils haussés vers Lukas. « Vous savez ce que l'on dit » lança Lukas en s'élançant vers eux « Ils osent tout et c'est à cela qu'on les reconnaît ». Quelques invités proches de la future Lady Levingstone sursautèrent lorsque son éclat de rire fracassa leurs oreilles.

Le cœur de Chatorney battait sous son thorax comme les tambours de l'armée d'Anathorey avant de partir en guerre. Lui qui avait cru que cette fête serait banale et sans intérêt se retrouvait soudaine face à l'espoir le plus charmant que la vie ne lui avait jamais permis. Il était parti pour s'ennuyer ferme, et c'est alors qu'il l'avait vue : gracile, délicate, et belle, si belle parmi toutes ! Il l'avait approchée, lui avait parlé et l'avait baisée sur la main – ô, quel délice ! Elle était toujours aussi adorable et mignonne. Cela ne pouvait être qu'un signe du destin : une puissance occulte lui permettait d'accomplir ce soir ce qu'il n'avait par le passé jamais osé dire, jamais osé faire. Elle le dévisageait de ses deux yeux qui brillaient comme des diamants, elle reculait comme impressionnée par sa stature masculine. Chatorney ignorait que c'était son aspect et sa personnalité repoussants qui faisaient fuir la belle. Il n'aurait jamais pu y réfléchir : il avait décidé qu'il l'aimait aveuglément et se sentit pousser des ailes. Dans un mouvement qu'il voulut gracieux et volatile, Chatorney s'élança vers sa dulcinée, en ouvrant la bouche comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose.

C'est à ce moment-là que le destin plaça le pied d'une canne dans les siens. Déséquilibré, Chatorney poussa un petit hoquet de surprise aigu, qu'il répéta jusqu'à ce qu'il rétablisse son centre de gravité au prix de grands gestes circulaires de ses bras – ce qui lui donnait l'air d'un chiot maladroit en train de patauger dans une mare. Sans qu'il n'ait rien remarqué, Chatorney se redressa, la mine courroucée et rouge de honte, devant des convives qui peinaient à dissimuler leur euphorie. C'était cela, Anathorey : on craignait les hauts titres, mais quand ils se couvraient de ridicule, on ne pouvait qu'avoir une irrépressible envie de rire. Le petit Duc, dont les cheveux gominés se faisaient la malle dans tous les sens, fit volte-face. « Qui est le peigne-cul... ! » vociféra-t-il, avant de blanchir et de s'interrompre. Le sourire de Lukas, du très beau et de l'insupportable Lukas, lui passa l'envie de terminer sa phrase. Chatorney tâcha de reprendre contenance, sans toutefois réussir à dissimuler l'hostilité qu'il éprouvait à l'égard de son rival. « Duc Rainforth ! Si je m'attendais à vous croiser ici, ce soir » - « Je suis ravi de vous retrouver également, Duc Chatorney. Ma présence ici ne devrait pourtant pas vous surprendre. Entre autres charmantes raisons, je vous rappelle que Lady Syrielle et moi-même sommes amis d'enfance » - « Ah, certes, certes. Où avais-je la tête. » marmonna Chatorney en jetant des coups d’œil à Bliss. Bon sang, et dire qu'il était à deux doigts de... ! Il n'entendait pas en rester là, oh ça non, ce grand dadais allait voir de quel bois il se chauffait !
« Elizabeth me disait qu'elle était venue ce soir à votre bras. Mais dîtes-moi, cher Duc, quel genre de cavalier délaisse une si délicieuse créature pour s'en aller bavasser avec une vieille amie ? » Une telle pique dite sur le ton de l'humour forcerait ce bellâtre à répondre avec politesse. S'il était trop hostile, il se couvrirait de ridicule. Il serait obligé de lui répondre gentiment, comme un petit toutou dressé. Dans tous les cas, c'était la victoire de Chatorney ! … Alors pourquoi ce crétin ne cessait-il de sourire ? « Vous êtes assurément un modèle pour tous les gentlemen, Chatorney. Néanmoins, rassurez-vous : mon esprit est toujours tourné vers Elizabeth, d'une manière ou d'une autre ». Ce disant, Lukas frappa le sol d'un petit coup de sa canne. Le visage du petit Duc se boursoufla en une expression d'indignation si intense que tout portait à croire qu'il allait exploser. Sa presque chute... était-il possible.. ?!

Soudain, la musique se fit plus dansante. Le quadrille ! Cela commençait ! Plus de temps à perdre avec Rainforth. Chatorney revêtit un sourire qu'il pensait des plus séduisants, et s'arma de sa voix la plus suave. « Ma douce Elizabeth, m'accorderiez-vous cette... » Et il se tut lorsqu'il vit que sa chère et tendre était d'ores et déjà au bord de la piste, emportée par Lukas, qui ne se souciait déjà plus des états d'âme de celui qu'il voyait comme une petite chose renfrognée et aigrie. Alors qu'ils arrivaient sur la piste de danse, Lukas croisa le regard de Syrielle, qui n'avait rien manqué de la scène. La dragée haute, disiez-vous ? semblait-il lui dire. A ce stade, il devait être question d'au moins quelques dizaines de sachets... !
« Je ne puis supporter qu'un aussi sinistre individu vous importune » souffla Lukas à l'oreille de Bliss, alors qu'ils entraient dans la danse. Le Duc avait, le temps de celle-ci, décidé d'abandonner sa canne. Elle reposait contre un buffet, discrète, attendant que son propriétaire ne vienne la récupérer. Lukas posa un regard amoureux sur sa belle. « Le monde entier doit comprendre que vous êtes à moi ».


Hrp:
 


Dernière édition par Lukas Rainforth le Dim 27 Jan - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyMar 22 Jan - 20:04

Beaucoup de mots pour si peu de choses. Lorsque l'insignifiant duc s'approcha un peu trop près de la si douce colombe, elle eut un mouvement de recul, mettant la main sur son buste, comme outrée de ce comportement. Bliss sentait la peur se mélanger au dégoût, chose qui était fortement désagréable au vue de la situation. Mais Chatorney savait qu'elle ne pouvait pas faire de scandale, pas ici. Elle était prise au piège.

C'était évidemment sans compter sur la magnifique Syrielle qui avait su voir un piètre loup malade dans une bergerie où le seul animal n'était pas un mouton mais une jument à la robe neige et au caractère farouche. Lady Abberline fronça légèrement les sourcils, signifiant son mécontentement, pourtant sans rien obtenir de cet homme qui ne faisait que l'harceler un peu plus. Jusqu'à ce que le torse qui vienne effleurer son épaule ne vibre, sous la voix puissante de celui qui la faisait faillir dès qu'elle le regardait.
Lukas...
Immédiatement, les muscles de la belle se détendirent, et elle ne quitta pas la proximité indécente qui s'était installée. Sans se retourner elle savourait le timbre chaud de l'individu qui était devenu celui dont elle rêvait chaque nuit. Le duc de Chatorney disparu de ses pensées, de son champ de vision qui ne se concentra qu'en un seul et même point : le coeur pulsant dans son dos. Chaque mot était délectable et elle redressa le menton, bien plus confiante en sa présence. Nul doute que leur âme résonnait en présence de l'autre, et la blonde assumait la merveilleuse rose qui fleurissait dans son bassin lorsque Lukas allait jusqu'à réclamer son exclusivité.

Dorénavant les mains jointes, elle ne savait pas ce qu'il lui prit mais tout ce qu'elle ressentait au fond d'elle était un émoi palpable que seul le brun froid et ténébreux pouvait d'ailleurs deviner. Elle s'imaginait qu'il passerait la main dans son dos, qu'il viendrait à son contact, l'enserrerait de ses bras lui baisant amoureusement le cou.
Le far qu'elle piqua fut dissimulé car il tomba au moment où l'échange verbal devint le plus malaisant. Heureusement pour elle, peut être que les yeux curieux qui restaient par là, penseraient que la tendre femme était gênée.

A ce titre, rien que de penser que Chatorney aurait pu lui tomber dessus, le visage directement dans la poitrine, la mettait dans un état furibond. Evidemment, elle garda calme et sang-froid, mais l'image la rebutait au plus haut point. Jamais elle n'avait laissé quiconque la toucher sans son accord et ce ne serait pas une mauvaise chute qui allait faire exception à cette règle.

La musique commença bon train et elle languissait d'aller sur la piste, loin de ce duc véreux. D'ailleurs, il fallut que cet affreux personnage tente d'attraper sa main dans une courbette moyennement révérencieuse pour qu'elle ne sursaute à nouveau, reprenant immédiatement ses esprits vagabonds. Sa bouche en coeur devint contrite, frustrée de devoir jouer les hypocrites. Elle ne compta même pas une seconde que Lukas attrapa sa petite main pour la guider vers l'orchestre. Bliss tourna les talons, suivant l'homme dans sa course, laissant sur le carreau Chatorney.
Le sourire empli à nouveau le visage de madame. Elle n'avait décidément rien à craindre.

Si l'on avait dit à Bliss que dans quelques années elle rencontrerait un homme éperdu qui la tiendrait dans ses bras au milieu du salon Levingstone, elle aurait très certainement rit au nez de la personne. Surtout quand cette dernière aurait précisé le nom de l'être aimé.
Mais elle ne rêvait pas.
Celui qui marquait ostensiblement son droit de propriété sur son âme et son corps était bien le duc Rainforth. Les yeux couleur suie qui plongèrent dans les siens, amoureux et bienveillants, finirent d'achever la future duchesse « Oh... Lukas j... » Ses doigts fins entourés de quelques bagues à l'anneau étroit, vinrent resserrer leur prise sur les bras de son chambellan, froissant presque le tissu. Ses lèvres pleines vinrent former des mots d'amour avec un ton empli de chaleur. Elle s'indignait de ne pouvoir être dans l'intimité d'un salon « Je... Duc de Rainforth, ma confiance en vous est totale et jamais de me quittera. Seulement penser devenir celle qui hantera votre esprit un jour, ne serait-ce que l'espace d'un instant, est d'une saveur aussi sucré que l'amour qui brûle mes lèvres en cet instant. » Mais la jolie beauté fut coupé dans ses aveux troublants. En effet, un quadrille est composé de quatre personnes et la voilà qui devait changer de partenaire.

Ce fut les deux minutes les plus longues de sa vie. Elle ne pensait pas se languir autant de la fin de cela. Lorsque la musique se stoppa, elle se décala hors du carré, attrapant un verre légèrement alcoolisé dont elle n'en apprécia pas la saveur mais qui avait le mérite de désaltérer. Les deux jeunes adultes finirent leur course non loin du buffet où Lukas avait fait attendre son amie répudiée.
Bliss était nerveuse. Les paupières basses, les doigts noueux entre eux, elle dit « Pardonnez moi, mon Lord, si j'ai pu vous offenser lors du quadrille. Les dernières semaines à vos côtés ont été bénéfiques pour moi, au point de procéder au deuil dans la dignité et sans douleur. J'ai ce sentiment agréable qui m'enivre quand je vous vois à chaque repas, et l'extrême opposé, désagréable, lorsque vous repartez. » Elle se sentait cruche, un peu gauche. Quand ils étaient chez lui, elle aimait à rire doucement et à lier une complicité et si ici il s'était montré fiévreux, légèrement froid et pourtant si possessif, elle, avait failli perdre son calme sur le coup.

Il lui fallut tout cela pour réaliser. Bliss aimait Lukas, à en damner les Princes.

Comme une révélation plus glorieuse que tout ce qu'elle avait pu vivre, ses épaules se décontractèrent. Lorsqu'elle releva alors les yeux, le visage serein, les sourcils en parfaite symétrie dans une mine détendue, elle battit deux fois des paupières avec une lenteur qui ressemblait à la langueur amoureuse qui parsemait ses iris « Lukas... » sa voix se fit câline, chuchotant en articulant chaque syllabe « ...me voilà éprise de vous. » Il avait fallut qu'elle le lui dise ici, maintenant, au coin d'un meuble austère dans une salle de réception noire de monde, près d'un pot de fleur aussi grand qu'elle. C'était parfaitement mal choisi « Chatorney a eut un seul mérite, celui de me faire réaliser combien mes sens s'en voient agréablement perturbés lorsque vous êtes près de moi. » Ses joues étaient légèrement roses de gêne et d'amour. Si elle s'écoutait, elle aurait fuit la salle de bal pour se cacher dans les jardins et flirter en secret sous un bosquet de roses tombantes.

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 27 Jan - 1:19

Les mots effrontés de Lukas s'étaient précipités hors de sa bouche. Voir Chatorney jouer du chapeau à plumes devant Bliss, sa Bliss, l'avait gonflé d'agacement. Le Duc n'était pourtant pas du genre à s'émouvoir en présence d'un rival, il ne l'avait d'ailleurs jamais été. Sa prétention qui frisait l'orgueil lui faisait même dire que quiconque choisirait Chatorney plutôt que lui-même ne pouvait être qu'aveugle et stupide. Cette famille n'avait de ducal que le titre : tous ses membres manquaient de classe, de goût et de superbe. Le peu de respect qu'ils inspiraient trouvait sa source dans leur fortune, cupidités de la politesse, preuve qu'ils étaient de petits êtres minables et indignes de leur rang. C'était là tout le bien que Lukas pensait de celui qui, aux yeux du livre de la noblesse d'Anathorey, était son égal.
Mais ils n'avaient rien d'égal. Lukas était au-dessus, terriblement au-dessus, et rien ne pouvait le faire choir de son piédestal, pas même une balle venue frôler sa colonne vertébrale.

Au diable toute cette amertume. Dans les yeux de Bliss, Lukas voyait son propre regard se refléter. La colère qui l'avait poussé à ridiculiser cet imbécile révélait quelque chose de lui-même qu'il n'avait jusqu'à lors pas encore réalisé. Bliss, sa belle et adorable Bliss, faisait l'objet de nombres de convoitises pathétiques qu'il ne pouvait mettre en berne tant qu'il n'avait pas appuyé fermement ses positions. Il avait vu en Chatorney un risible soupirant... Mais n'était-il pas lui-même une espèce de dadais du même acabit, tant qu'il ne prenait pas son courage à deux mains ? Son amour pour Bliss était évident pour lui-même, mais tant qu'il demeurait enfermé au chaud, au fond de lui-même, il ne pourrait revendiquer aucun des droits réservés aux fiancés ou aux maris. Oui, Chatorney qui marchait vers Bliss, vers sa Bliss, avec tant de détermination lui avait inspiré une forme de jalousie. Ce petit crétin avait osé avoir un mouvement vers elle que lui-même, le bel étalon, n'avait pas même encore esquissé. Sa propre lâcheté lui était revenue en pleine figure.

Voilà pourquoi les paroles de Lukas s'étaient faites si directes. Il était devenu un homme pressé, pressé d'enfin bien faire les choses. Il ne pourrait retrouver la paix avec lui-même qu'en faisant honneur à l'homme qu'il désirait être.
Son menton imberbe dressé vers l'absolu ne laissait aucunement soupçonner ce chamboulement intérieur. Tous les émois du monde, une leçon de modestie, plutôt que de perdre la face.

Le quadrille commença, au rythme de notes lentes et balancées. Les intentions de Lukas lui brûlaient déjà le bout des doigts, tant il trépignait d'avoir un moment pour parler à Bliss, et le plus tôt serait le mieux. La douce et blanche lady choisit pourtant cet instant pour se confier. Sa voix, légère comme une plume, laissa voler vers Lukas des mots d'une affection ardente qui lui entamèrent plus encore le calme dont il tâchait de faire preuve. Comme il aurait souhaité lui dire que son nom était déjà gravé dans son esprit, comme il aurait voulu éteindre le feu de sa bouche en y apposant la sienne. Les partenaires s'échangeant, tournant, marchant de côté et allant devant et en arrière les empêchèrent de poursuivre, et lorsqu'ils se retrouvèrent tous les deux, ils furent plongés dans un mutisme baigné des deux verres qu'ils burent comme pour retrouver contenance.

Près du meuble où reposait la canne, entre un mur et un énorme pot de fleur abritant une plante aux feuilles touffues, Lukas considéra Bliss, qui buvait la petite coupe qu'elle avait saisie. C'était le moment de lui dire qu'il ne se levait le matin que parce qu'il savait qu'il allait voir son visage. C'était le moment de lui dire que le soir, il peinait à trouver le sommeil, car ses grands yeux verts chatoyaient sous ses paupières closes. Il devait lui parler de cette façon qu'elle avait de sourire lorsqu'il lui parlait, qui le déstabilisait immédiatement. Il fallait lui confier qu'il adorait savoir que son ombre blanche habitait le manoir, ce manoir si morne devenu son havre de paix depuis qu'elle était là. Il était temps de lui avouer qu'il était amoureux. Qu'il était amoureux fou.

Le regard tapissé de velours vert émeraude que lui lança Bliss l'empêcha de parler. C'était ce regard, qu'il aimait. « Lukas... me voilà éprise de vous » souffla-t-elle langoureusement, sous la tonnelle sombre de ses grands cils. « Chatorney a eut un seul mérite, celui de me faire réaliser combien mes sens s'en voient agréablement perturbés lorsque vous êtes près de moi. »  

Pendant quelques secondes, Lukas n'entendit plus rien du bal, de la musique, des voix et des verres qui les entouraient. Il n'avait pas quitté la lady des yeux. Quand il se réveilla, il se rendit compte que le bal continuait de battre son plein. La musique avait accéléré, s'était faite plus gaie et dansante, et les personnes qui entraient dans la ronde se firent plus nombreuses, tandis que les autres riaient et buvaient dans une atmosphère de plus en plus allègre. Tout était parfait.

Lukas saisit Bliss par la main et la taille, puis l'emmena hors de la salle de bal. Ils traversèrent de nouveau un bout du hall pour entrer dans une des artères principales du manoir, parsemée de portes qui donnaient sans doute sur une salle à manger un salon, puis une bibliothèque. De la décoration composée de meubles et d’œuvres d'art peuplait les lieux tapissés de grenat. Ils s'enfoncèrent derrière un paravent de bois et de papier, surplombé d'une plante tout aussi feuillue que celle de la salle qu'ils venaient de quitter. Depuis leur abri la couleur criarde des appliques sur le mur s'était changée en chaleureux halo de lumière qui faisait de leurs corps deux silhouettes qu'on devinait.

Bien que Bliss fut calée contre le mur, Lukas ne relâcha pas son étreinte. Sa main gauche glissa contre la taille de la demoiselle satinée jusqu'à ce qu'elle soit prisonnière de son bras. Sa main droite mêla fébrilement leurs doigts. Son regard d'ombre plongea dans les deux jades claires, un peu plus bas, alors que leurs nez se frôlèrent. Dans un murmure douloureux, il lui dit : « Je t'aime ». Pour aussitôt confirmer son aveu, Lukas laissa tomber ses lèvres contre celles de Bliss. Son cœur laissa déferler son secret vers la belle jusqu'à ce que cette caresse le brûle. « Je t'aime... Bliss » répéta-t-il, s'oubliant, alors qu'il courait dévorer le cou blanc parsemé de mèches blondes. « Je n'en peux plus, je suis fou, j'étouffe... » Ses mains caressaient, pressaient, agrippaient le petit corps de Bliss avec ivresse, pendant qu'il lui parlait de sa voix rauque empreinte d'un émoi qu'il ne se connaissait pas. « Il ne se passe pas un instant sans que je ne pense à toi, sans que je ne frissonne... un seul pan de ta robe m'effleure et me voilà enivré ! ». Il baisa la main adorée qu'il avait dégantée, pour la goûter à même la peau. « Tu es une clarté, et moi je ne suis qu'ombre... Tu m'éblouis, et pourtant mes yeux ne peuvent regarder ailleurs sans que cela ne me déchire, sans que je n'y vois flou... ». Sa bouche chercha de nouveau la sienne, alors même qu'il avait la sensation de se noyer dans une rivière de sentiments. Son cœur à la mécanique si froide l'avait fait pantin d'un amour dont il ne pouvait plus se passer. « Je veux être l'homme au bras duquel tu serais fière de marcher, qui fait de métal devient papier entre tes mains, je veux pouvoir t'aimer jusqu'à ce que la vie s'arrache à mon corps... Je t'aime, je t'aime comme un fou ».
Lukas admira la beauté de Bliss, qui n'avait d'égal que son esprit, dans l'adorable obscurité qui les entourait. Son souffle suspendu lui serrait le cœur à l'en rendre presque haletant. Il caressa de nouveau son visage, la baisa sur la joue, sur le front, dans les cheveux. « Sois mienne » dit-il enfin, au creux de son oreille, alors qu'il la serra de nouveau contre lui. « Sois mienne, si tu penses que je puis te combler de bonheur chaque jour qui naîtra. Si tu l'acceptes, je t'en fais le serment » Son cœur battait contre elle comme un papillon s'affolait contre une vitre. « Ma beauté, mon espoir, mon amour... » susurra-t-il comme s'il priait. C'était trop, beaucoup trop pour un seul homme !

Au loin, les rires et les verres tintinnabulaient toujours, comme les chants que l'on entend lorsque l'on rêve.

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 27 Jan - 14:51

Bliss sentit émaner de Lukas quelque chose de fort qu'elle ne su immédiatement décrire. Ses yeux nuit s'étaient plantés dans les siens, émeraudes, dès la première seconde du quadrille, indiquant avec un silence vorace, combien ça le rendait fou de la laisser se blesser auprès de nobles insidieux. Et si la belle se risqua à quelques paroles, ce ne fut que pour agacer son prince, qui mourrait d'envie de se retirer pour discuter dans une intimité prétentieuse. Il vibrait sous ses mains, entre ses doigts et elle se demanda, avec surprise, ce qu'il pouvait bien lui prendre. Elle n'avait jamais vu Lukas perdre son sang-froid. Il avait été élevé comme le voulait la tradition nobiliaire et la vie ne l'avait épargné par la suite. C'était devenu quelqu'un de froid, d'intransigeant et particulièrement observateur et Bliss ne lui en voudrait jamais pour cela. Il était comme il était et elle l'aimait entièrement.
Oui, elle pouvait l'affirmer. Affirmer que la façon dont il avait remis Chatorney à sa place, l'avait faites jubilé...

Une foi près du meuble, la lady fut heureuse de ce moment d'accalmi. En effet, il fallut le temps d'un quadrille pour que la foule s'exalte, boive, mange et profite de tous les plaisirs à disposition. Personne ne faisait attention à personne, et les verres d'aclool vide s'entassaient sur des plateaux qui ne cessaient d'aller et venir. Bliss posa le sien qu'elle avait entièrement bu, sur le buffet, examinant avec le rouge au joue, la gêne évidente, la réaction de Lukas. Elle venait de s'ouvrir à lui, d'avouer son attirance et même plus : ses sentiments. Son stoïcisme la fit pâlir dans un premier temps et rendit ses mains moites.
Elle s'en voulait.
Mais au moment où la blonde allait ouvrir la bouche pour s'excuser, comprenant que le duc était très certainement dans une situation particulière de malaise, elle sentit des doigts masculins se refermer sur une de ses mains.

Ses pas s'enchaînèrent alors que son esprit réfléchissait à toute vitesse sur la prise qui se tenait sur sa taille. Elle maudissait le corset d'atténuer le touché, ne sentant alors qu'une légère force. Le geste était osé, elle ne savait pas vraiment quoi dire si ce n'était suivre le mouvement, mais ses pensées étaient obnubilées pas la proximité fugace qu'elle entretenait actuellement avec le duc Rainforth. Que dirait-on ? Ils allaient les voir et...
La foule qu'elle n'observa qu'une seule seconde, disparut derrière un mur de couloir. Bliss regarda devant elle, totalement guidée par l'homme à ses côtés, au pas pressé.

En quelques mouvements, elle eut le dos collé contre ce qu'elle devinait être une porte, et constatait qu'ils étaient dissimulés derrière un paravent. Mais l'environnement ne la préoccupait guère.
En effet, légèrement essoufflée, Bliss regarda Lukas, sans comprendre ce qu'il se passait. Les codes n'étaient pas leur priorité mais, en moins d'une minute, il en brisa une cinquantaine d'une même traite. C'était impensable et pourtant, elle était hypnotisée par ce regard profond qui, envers elle, n'avait rien de froid. Et pour cause.

La princesse était prise en étau dans une étreinte de velours dont elle en apprécia la saveur, dans un second plan. Le bras ciselé du maître entourant sa petite taille, son autre main venant nouer ses doigts aux siens et leur visage... si proche...
Si la jeune femme avait viré d'une très jolie couleur pivoine, elle n'en restait pas moins alerte. Elle avait chaud comme lorsqu'elle eut à traverser le Sidhe et elle ne pouvait empêcher son buste de s'arquer, voulant à tout prix se plaquer contre le torse du duc. Enivrée par des émotions et perturbée par ses sens, elle se laissa dictée par ses sautes d'humeur inévitable.

Bliss poussa un gémissement langoureux lorsqu'il lui avoua qu'il l'aimait. Un tutoiement audacieux pour une lady déjà dans ses bras. Lukas rompit l'halètement de la belle en capturant ses lèvres, dans une avidité à laquelle elle n'eut jamais le loisir de goûter. Tétanisée, prisonnière, elle ne bougea pas le reste du corps, se laissant emporter par l'engouement amoureux.
Mais ce fut beaucoup trop court pour elle. Bliss garda sa petite bouche en coeur légèrement entrouverte, exhalant un souffle ardant aphrodisiaque. Il venait directement puiser la chaleur au creux de son bassin, pour l'expulser, enveloppant alors ce moment d'une infinie langueur.
Ses yeux verts brillaient. Ils brillaient d'amour, de passion, de bonheur. C'était un rêve. Elle avait l'impression de rêver.
Lukas. Lukas Rainforth, duc de Rainforth, était en train de la courtiser de la manière la plus virile et audacieuse qu'elle n'ait connu. La meilleure, celle qu'elle préférait, assez pour confirmer que oui : elle l'aimait !

La lady comprit rapidement que Lukas était fiévreux. Que chaque jour avec elle, au manoir, avait été, pour lui, un calvaire. La voir, dans des vêtements qui, parfois, la mettait un peu trop en valeur, alors qu'elle s'en allait simplement faire quelques exercices, était un doux supplice. Peut être connaissait-il déjà les courbes de son corps par cœur ? Elle ne savait pas. Elle ne pouvait décemment y réfléchir, perdue dans ce miasme séducteur.
Les baisers étaient comme une brûlure dont elle souhaitait garder la marque. Son cou totalement dégagé dû à sa coiffure, était à la merci du prince dévoreur. Suivant son instinct, Bliss osa poser ses mains sur les hanches de l'homme, sous sa redingote. Elle s'y agrippa comme on se raccrocherait à une corde, pendu dans le vide. Elle s'imprégna de cette saveur inconnue, oubliant même jusqu'à l'endroit où ils se trouvaient.

La voix de Lukas s'était faite plus rauque, plus sourde, clairement empreinte d'un désir qui était encore invisible aux yeux de sa belle. Bliss frissonna sous les caresses de son homme, ne comprenant pas comment même à travers ce tissu si épais, elle était autant chavirée. Elle, n'était capable que de tenir son magnifique chemisier, parfois effleurer son dos, trop pudique et prise de cours pour réfléchir à ses propres gestes.

Bliss ne remarqua même pas que les gants avaient quitté ses bras. Dans l'euphorie, elle ne sentit pas le tissu glisser de sa peau non. Cela la marqua seulement quand elle sentit les lèvres de son aimé sur le dos de l'une d'elle. Elle frissonna, exhumant un râle, avant de se coller un peu plus à la porte. Sa tête chancela légèrement, se penchant en arrière, s'offrant totalement au prédateur amoureux.

Il l'abreuvait de passion, de mots d'amour, de choses auxquelles la jeune femme était faible lorsque cela venait de lui. Elle dû souffler un instant, avant de sentir à nouveau son cou brûler, puis sa mâchoire et lorsqu'elle se redressa, ses lèvres. Un peu plus fière, elle enserra alors maladroitement le corps de Lukas, quand celui-ci, dans un dernier sursaut passionnel, en vint à coller leur corps. Des petits cheveux commençaient à se détacher de sa coiffe, et elle sentait sa poitrine irrémédiablement attirée en avant, comme pour fusionner avec l'être aimé. Bliss était toujours sous le coup de l'émotion, de la surprise, mais elle prenait un peu plus de plaisir à profiter de cet instant incroyable, dont elle n'avait même osé rêver tant il était impossible.

Son coeur tambourinait si fort qu'elle n'entendait que lui en bruit de fond. Le bal avait disparut, et seul la communion de leur amour était audible pour elle. Complètement déboussolée en plus de ça, Bliss ne cessait de rendre l'effusion de passion à Lukas, avant de comprendre que ce prince avait fait preuve de retenu pendant beaucoup de mois. Alors ses yeux devinrent légèrement humides, brillants et sa bouche s'étira en un sourire salvateur. Elle voulu bouger, s'appuyer pour se redresser, mais la pauvre, nimbée dans un émoi qu'elle ne savait gérer, glissa sur la poignée qui ouvrir totalement la porte contre laquelle elle était, les faisant tomber tous les deux à la renverse.

L'ambiance feutrée et chaleurese qu'il y avait là faisait penser à un boudoir. Bliss n'eut pas le temps de voir l'environnement, se contentant de constater qu'il n'y avait personne avant de reporter son attention sur son prince. Son visage serein et plein de joie ne l'avait pas quitté, au contraire, quelques perles coulèrent de ses cils vers ses tempes alors qu'elle regardait le brun, au dessus d'elle « Lukas... Depuis que nous nous sommes revus... J'ai immédiatement envié la chanceuse que vos bras enserreraient. » Comme pour accompagner sa parole, elle fit glisser ses doigts sur les vêtements jusqu'à venir enserrer les triceps en tension de l'homme au dessus d'elle « J'ai envié celle a qui vous diriez tout cela et pour qui vous vous dévoilerez. Je n'ai pas voulu me faire trop présente, mais... Je ne pouvais ignorer combien mon âme vibrait lorsque vous étiez près de moi. Et ces trois derniers mois à vos côtés n'ont fait que confirmer combien j'étais amoureuse. » Elle resserra un peu sa prise « Combien je me damnerai pour toi, Lukas. » Elle sacrifierait jusqu'à sa vie pour lui.

« L'amour que j'ai me consume. J'ai... si chaud. Je brûle de l'intérieur... mon ventre est chauffé à blanc. Je... » Elle mit ses mains sur son nez et sa bouche, prouvant une légère gêne quant à son état, mais sans quitter le regard sombre de l'homme « Ma vie pour la tienne. T'appartenir serait le plus beau des trésors. Tu es celui qui me donne envie de faire sortir le meilleur de moi-même, pour prétendre être tienne. » Ses doigts vinrent alors toucher le visage de Lukas, peignant amoureusement certains épis qui, dans l'action, avait attrapé la première occasion pour se dresser sur sa tête « Celle qui te rendra fier et en qui tu auras confiance. Celle sur qui tu pourras toujours compter sans qu'elle ne te juge ou ne t'agace. Celle qui sera alors ton ombre comme ton soutient. Tu me donnes envie d'être celle-là et bien plus encore... Je t'aime, Amour. » Parce que c'était ce qu'il était : son Amour.
Mais elle ne lui révéla en rien que cela faisait maintenant quelques temps que certains de ses rêves s'égaraient d’indécence.

Dans la chute, la jupe de Bliss remonta et Lukas pouvait sentir la peau de ses jambes sur le fin tissu qui couvrait les siennes. Egalement sa poitrine, sans déborder vulgairement, cherchait à reprendre sa forme originelle. Ses bras était maintenant complètement nus et on pouvait apercevoir un léger décalage entre son corset et sa jupe, qui laissait entrevoir un brin de hanche et un début de ventre.
« Je suis cette chanceuse... Mon Duc. » murmura-t-elle, comme à soi même, le bonheur envahissant ses traits et la rendant magnifique, sublime, comme il aurait fallu qu'elle soit depuis maintenant trois mois.
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Lukas Rainforth


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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyDim 27 Jan - 20:00

La pauvre Bliss avait été totalement prise de cours par les assauts amoureux de Lukas, totalement emporté par ses émotions. Il ne se déclarait pas dans les conditions qu'il avait imaginées, ni même dans les formes qu'il avait prévues. Les valeurs ducales qui étaient les siennes auraient dû lui dicter un comportement digne et retenu, solennel mais charmant. L'honneur aurait voulu qu'il n'oublie pas la bienséance. Mais l'émoi de Bliss balaya d'un grand coup ces élucubrations nobiliaires. Quiconque était aussi amoureux que lui ne l'était de la belle pouvait comprendre qu'il lui avait été impossible de penser sereinement, qu'il n'avait pu qu'agir spontanément, poussé par son cœur et toutes les douleurs languissantes qui avaient crû pendant tous ces mois, au cours desquels Lukas s'était interdit tout geste audacieux envers Bliss. Il avait voulu résisté, il avait voulu contenir de toutes ses forces les vertiges qui l'incitaient à se pencher sur elle, mais il n'avait tout simplement pas pu. Sa défense, face à Elizabeth Abberline, était réduite à néant.

Comme attrapée au vol, la charmante lady avait répondu à ses baisers, à ses gestes et à ses soupires par un écho qui rendit Lukas plus fou encore. Bliss ne le repoussait pas, son amour ne le rejetait pas. Même s'il avait osé s'emparer d'elle et la tourmenter de multiples baisers, la peur d'être engagé dans une adoration à sens unique clignait encore dans son esprit. Cette épouvante fut bien vite chassée. Il ne restait qu'eux, quelque part dans ce manoir, quelque part sur la ligne du temps, en retrait du reste d'un monde qui ne faisait pas du tout attention à eux. Tout leur appartenait.

Complètement éperdu, le corps de Bliss se laissa aller contre la porte tandis que sa main cherchait à saisir tout ce qui pourrait la raccrocher à la réalité au cœur de leur transe. Ses doigts rencontrèrent maladroitement la poignée de la porte, qui s'enclencha soudainement.  La porte pivota vers l'arrière et ils chutèrent tous les deux à l'intérieur d'une pièce intimiste et feutrée plongée dans la pénombre. Le seul réflexe qu'eut Lukas dans son déséquilibre fut de ne pas s'effondrer sur le corps de la lady, qui reposait sous le sien, arc-bouté sur les mains et les genoux. Il resta muet de surprise, stupéfait de se retrouver dans une posture aussi osée. Il n'en laissa rien paraître, dévorant plus encore du regard la jolie Bliss dont les cheveux avaient été légèrement décoiffés, dont les vêtements s'étaient un peu défaits. Quelques larmes perlèrent de ses grands yeux clairs, brillantes de l'émotion à laquelle ils étaient en proie l'un et l'autre. Un frisson roula sur les épaules de Lukas quand Bliss saisit ses bras, toujours tendus au dessus d'elle, pour ne surtout pas l'écraser sous son torse. Le contact de ses mains sur son corps, même par dessus ses vêtements, lui était terriblement agréable.

Ils ne bougèrent pas. Bliss resserra son emprise sur le Duc, et lui parla à son tour. D'une voix confessionnelle, toute basse et veloutée, elle parla des envies et des espoirs qu'elle avait nourris depuis que tous deux s'étaient retrouvés.  Sa bouche prenant son cœur pour oreille, Bliss avoua un amour d'une intensité telle que Lukas se mit presque à trembler. Je me damnerais pour toi avait-elle dit alors que l'emprise de ses doigts se faisait plus forte. Tout tourbillonnait dans l'esprit de l'homme au visage ombragé par le col retombé de sa redingote. La douce colombe serait-elle en mesure de deviner la violence du désir que ses mots avaient réveillé en Lukas ? Elle l'appela Amour, il lui sembla alors qu'il venait tout juste de revenir à la vie. En caressant son visage imberbe, duquel s'échappait un souffle discret, Bliss eut ce petit geste devenu familier de remettre à sa place un épis brun qui s'était rebellé à la première occasion. Un sourire se dessina sur la bouche de Lukas, qui n'avait pas l'habitude de cet exercice. Lui qui s'était engoncé dans un stoïcisme austère pendant des années, sentait enfin sa chair se tordre d'une langueur presque douloureuse qui lui rappelait qu'il était un homme, douté de sentiments, de besoins, qui ne demandaient qu'à être épanchés. Le feu qui dévorait le corps de la belle ne lui était désormais plus étranger. Depuis des années, il avait enfin l'impression de ne plus être seul. Il ne le serait plus jamais. Ses sens s'attardèrent sur elle, étendue sous lui comme elle le serait dans un lit. Sa jupe légèrement remontée lui permettait de sentir ses jambes contre les siennes. Il respirait son haleine, il regardait sa gorge et sa poitrine, il remarqua le jour qui se formait sous son corset pour dénuder son ventre. Saisi d'une puissante avidité, Lukas se laissa guider par son appétit d'homme.

En réponse à la délicieuse confession, Lukas préféra un baiser plutôt qu'un long discours plein de poésie. Ce baiser n'avait rien à voir avec celui qu'il lui avait volé quelques minutes plus tôt : celui-ci était indolent, hâtif, transi d'un amour acharné, destiné à faire communier leurs cœurs et leurs esprits vers le chemin qu'ils avaient tendrement affirmé vouloir faire ensemble. S'ils respiraient pendant cet échange charnel, c'était à même la peau qu'ils trouvaient leur oxygène. Les doigts se mêlèrent, de même que leurs jambes, et leurs bassins ébouillantés.
Alors qu'il reprenait son souffle, Lukas les fit asseoir tous les deux sur le tapis qui avait amorti leur chute. Sans qu'il ne cesse de l'embrasser, le Duc sentit qu'il s'accrochait plus encore qu'auparavant au corps et aux vêtement de Bliss. Il se changeait en prédateur, il voulait la dévorer toute crue. La sentir tout contre lui, la respirer, la toucher, s'imprégner d'elle jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable de sentir une autre odeur que la sienne étaient devenus ses seuls besoins vitaux. « Ma belle, ma toute belle... Je te désire par dessus tout... », fit Lukas entre deux caresses, d'un ton pressé par l'envie. Il sentit que ses doigts effleuraient le petit ventre mou, blanc comme l'ivoire, sous le corset qui ne se pliait plus à la discipline des tenues de la haute société. Il remarqua que le reste s'égarait sous cette jupe relevée, le long de l'une des jambes que le tissu devait normalement dissimuler. Ce qu'il peinait à l'effleurer sans soupirer, sans trembler, comme il était difficile de ne pas être ivre du nectar de cette peau sucrée...

Dans le silence du petit boudoir, les deux amants échangèrent un regard embué d'affolement. Ils comprirent alors qu'aucun d'eux n'était prêt à retourner dans la salle de réception. Qu'aucun d'eux n'en avait ne serait-ce qu'envie. La fête à laquelle ils aspiraient était d'un ordre bien plus privé. Lukas tendit le bras vers la porte ouverte et d'un geste la referma. Il dévora Bliss du regard alors qu'il actionna le verrou sous la poignée. Quoiqu'ils fassent, personne ne pourrait venir les déranger. Le bruit de la soirée n'était plus qu'un vague bourdonnement à peine perceptible au travers de la porte. Tous deux se retrouvaient dans l'obscurité de la pièce, brisée par la clarté des deux Lunes qui filtrait au travers du rideau blanc pendant à la grande fenêtre. La silhouette de Bliss se découpait dans la pénombre comme celle d'une nymphe dont Lukas avait rêvé. De nouveau près d'elle, il posa sa main contre sa petite joue rosie par l'émotion. « Sois mon trésor » murmura-t-il tout doucement, au creux de son cou.

L'instant d'après, ils se trouvaient tous les deux sur la méridienne qui trônait près des rayons lunaires perçant au travers des hautes vitres. L'une était allongée sous l'autre qui la surplombait. La redingote de Lukas avait été abandonnée au sol, tandis que son maître s'attelait à passer une main dans la chevelure blonde de Bliss, libérée de son chignon. Il l'admira quelques instants, teintée de bleu par la nuit. « Ta beauté me coupe le souffle. Tu me donnes le vertige... » dit-il en lui souriant un peu.
La cadence de ses baisers reprit, sur les lèvres, la mâchoire, le cou de son aimée, pendant que ses mains glissaient le long des mollets de la belle pour aller rejoindre sa cuisse. Le corset qui se débinait de plus en plus entama l'effeuillage progressif de leurs vêtements. L'instinct de Lukas poussait ses gestes à épouser parfaitement les courbes de Bliss, dont il avait tant rêvé et qu'il avait tant observées qu'elles lui paraissaient familières. Les frissons de sa chair lui rappelaient qu'il y goûtait pour la première fois. A force de se serrer contre elle, la lady en prendrait conscience de l'état d’ébullition dans lequel son prince se trouvait. Elle put sentir une main d'homme s'égarer sur sa poitrine, tandis que la voix de cet homme lui souffla à même les lèvres : « Si je suis ton Duc... toi, tu es ma Reine ».

Dehors, la porte par laquelle les danseurs amoureux s'étaient enfoncés avait disparu derrière un paravent. Non, celui-ci n'avait pas vocation à rendre la pièce secrète, à l'origine. Si les statues et autres tableaux  pouvaient parler, ils auraient dit qu'un homme à l'allure de colosse en costume de majordome était arrivé, une canne dans les mains, peu après que son maître eut fermé la porte. Sa grosse main avait déplacé le paravent et l'avait entouré des plantes qui se trouvaient par là pour faire croire à une décoration normale. Après tout, un simple tour de verrou ne garantissait pas à lui seul la tranquillité de Monsieur et Madame...
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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptyLun 28 Jan - 20:12

Bliss se retrouvait gênée des mots qui étaient sortit de sa bouche. Elle nouait ses doigts entre eux, avant de venir parcourir la tignasse du duc. Sa lèvre inférieure coincée entre ses dents, elle attendait, le souffle coupée, que celui qui la surplombait finisse de la déshabiller du regard. Non qu'elle n'appréciait pas mais elle se sentait si petite au creux de son étreinte. Elle s'en remettait à lui, totalement soumise à ses désirs, ses envies et son expérience. Elle lui faisait tant confiance qu'elle ne craignait rien.

La lady pu observer le regard sombre du visage ténébreux de Lukas. Son cœur fit un bon en le voyant aussi désirable et elle fondait sous ces yeux noirs. Il fallut que le duc se penche sur elle, pliant légèrement les coudes, pour qu'elle constate combien il retenait sa folie. Ses bras enserrèrent le dos de l'homme, venant ainsi respirer son odeur pendant qu'il dévorait son cou blanc de baisers hâtifs. Leur souffle était bruyant et saccadé, et la petite ne pu s'empêcher de laisser échapper quelques râles légèrement sourds.
Il fallut qu'ils soient assis pour se décoller l'un de l'autre. En posant ses mains sur ses joues, elle constata combien elle avait chaud et à quel point elle devait être rouge. Lukas avait les mains habiles et n'avait aucun mal à serrer les points vitaux de sa belle. Il étreignait sa tailles, venait pincer son dos, avant de saisir une cuisse par dessus la grande jupe. Bliss ne savait plus où donner de la tête, étourdie comme si on l'avait faite tournée plusieurs fois sur elle-même.

Le regard émeraude de la victime du désir, changea lorsqu'elle sentit la pulpe des doigts de Lukas sur sa peau au niveau de son ventre. Ses muscles se contractèrent, ce qui creusa un peu plus cette plaine laiteuse. Il s'empêchait de la faire sienne sur le champs, préférant passer sa frustration en baisers langoureux et passionnés. Bliss le lui rendit, autant qu'elle pu, avant de frissonner, jetant un regard un peu plus alerte à son duc : aucun d'eux ne désirait quitter cette pièce.

Entreprenant il ne fallut qu'un geste de la main pour faire claquer le bois ouvragé et en tourner le verrou.

La voilà faite.
Elle ne pouvait faire machine arrière.
Ça allait être son moment, celui pour lequel elle avait œuvré toute sa vie selon les protocoles : satisfaire son amant et confident.

La façon dont il ne la quittait pas des yeux, malgré la position assise qui la mettait, disons-le, peu en valeur, lui fit presque peur. La pénombre de la pièce faisait qu'elle distinguait tout juste la brillance de ses yeux qui s'étaient mue en quelque chose de bestial. Elle était transit, amoureuse, enivré par cela. Elle lui faisait confiance et, pourtant, savait qu'elle allait être entièrement dévorée.
Son cœur faillit rompre dans sa poitrine tant il était emballé, assourdissant. Son souffle se faisait plus haletant, inconsciemment, et son buste ne cessait de se soulever à outrance.

« Sois mon trésor... » Lady Abberline laissa échapper un râle langoureux qui tentait de sortir depuis plusieurs minutes maintenant. Le timbre sourd de sa voix, mêlé à la tension qui avait enveloppé la pièce où ils étaient, avait fait chancelé la volonté de Bliss. La voici à sa merci, complètement obsédé par lui et son touché. Sa main sur sa joue fut comme une marque brûlante dont elle apprécia pourtant le contact, car la brûlure se répercutait inlassablement dans son bassin. La douce se sentait mollir contre lui.

Le petit boléro de Bliss se retrouva emmêlé à la redingote qui avait chu, à même le sol. Juste comme ça, elle avait maintenant les bras, les épaules et une grande partie du buste, ainsi que du dos, totalement nu. Si on ne voyait rien de son anatomie, on distinguait alors beaucoup mieux ses formes. Les dames devaient se parer sous des couches de vêtements pour ne pas tenter le regard de l'homme, chose qu'ici, elle ne décida pas. Euphorique, transit d'amour, elle ne cessait de s'amouracher de ce duc.
Ses cheveux blonds, ondulés, totalement lâches, ses chaussures et bas quittés, elle se sentait presque nue.

Lorsque Lukas vint peigner sa blondeur, elle frissonna. Jamais elle n'avait eu cette sensation avant. Ce n'était pas pareil que les domestiques, ce n'était pas comme si quelqu'un la peignait. C'était lui qui la touchait et, ce simple fait la mit dans un émoi dans lequel elle se laissa aller. Elle leva ses bras, venant effleurer ses propres joues avec ses phalanges, constatant combien la température entre ses mains et son visage n'était pas la même. Son corps s'arqua, sa poitrine se galba sous ce geste et ses yeux devinrent des amandes où y brillait l'envie. Lukas avait la vue dégagée sur l'entièreté de son corps, contraire à lui qu'elle distinguait mal, dos à la lumière stellaire. Mais ça lui plaisait...

Son prince n'y tint plus et après un compliment qui ne fit qu'affirmer qu'il avait ouvert son coeur à la démence amoureuse, il se rua sur elle pour l'imprégner de ses baisers ravageurs. Elle passa une main dans son dos, laissant l'autre au dessus de sa tête. Elle soufflait, souffrait, soupirait, haletait, gémissait, râlait mais de tous, elle adorait. Bliss ne put empêcher son corps d'onduler contre celui qui deviendra un jour son mari, frottant alors avidement certaines zones contre les siennes, attisant un peu plus son désir. Pour l'instant, elle ne faisait pas attention de concentrant sur le haut du corps. Elle constata à regret que le tissu dur du corset résistait, bien plaqué sur ses flancs. Il fallut qu'elle se courbe, prenant appui sur ses talons, pour attraper la grosse ficelle, tirant jusqu'à tendre son bras pour en dénouer le nœud.

« Si je suis ton Duc... Toi tu es ma Reine. »,« Lukas... Luk... as... je... » Tout tournait autour d'elle, elle se sentait malade, fiévreuse, mais dans un petit bonheur. Quand elle comprit qu'il avait sa main sur sa cuisse nue, elle glapit, serrant les jambes, emprisonnant le duc en le forçant à se coller un peu plus. Elle constata combien les os de ses hanches étaient saillants, durs et s'étonna d'en sentir la texture près de sa petite rose.

La méridienne rembourrée et très confortable sur laquelle ils étaient, avait une largeur assez respectable pour que Lukas ne chute ni d'un côté ni de l'autre. Bliss, également, s'y sentait plus qu'à l'aise. Elle s'accrocha à un rebord pour s'aider à ne pas sombrer dans une ivresse infernale, comme si c'était sa seule ancre à la réalité « Je... Je suis en train de... devenir folle... » Son coeur la serrait, son corps étroit se compressait et elle étouffait dans ce corset abominable. Un bras dans son dos, elle en tira nerveusement les fils, maudissant cet attirail de vêtements qui tuait l'amour et le désir. Elle savait se l'enlever seule mais, ici, ses sens répondaient mal à sa volonté. Malgré tout elle y arriva soupirant en se sentant délivrée. Pour autant elle laissa à Lukas le soin de faire passer le vêtement au dessus de sa tête si tel était son envie...

La jeune femme posa une main sur sa bouche et détourna les yeux, gênée « Je... Je ne suis pas apprêtée. Je ne pensais pas que nous... » Son visage prit une teinte un peu plus cramoisie « Je n'ai pas eu le temps de revoir... » ses leçons. Car oui, sa tante l'y avait préparé théoriquement, qu'on le veuille ou non, mais Bliss n'avait pas fait cas, écoutant que d'une oreille distraite. Elle s'en voulu « Je sais qu'il est un peu tard pour ça mais... » Elle hésita un peu « Mon Lord, ma peau et mon corps sont vierges de tout homme, pardonnez future ma maladresse. » Mais ce n'était pas ce qu'il fallait y voir. Non, il était du devoir de l'époux de prendre soin de sa femme et ici, Bliss voulait simplement lui dire qu'il allait être le premier. Lui confirmer que cette neige virginale sur laquelle il marchait, accueillerait ses pas avec amour et bienveillance. Car tel était son rôle et tel était son vœu.
La façon dont elle dit ça était exaltante. Une Lady d'à peine vingt deux ans, qui décidait de s'offrir enfin, avec un visage embué d'un désir déjà présent, un cœur enveloppé d'un amour subtil et un corps terriblement attiré par celui qui trônait au dessus d'elle. Elle ne souhaitait pas qu'il la juge, qu'il ne la prenne pour une fille de joie ou simplement une fille facile. Elle tut ses doutes, mais elle ne pouvait totalement les ignorer. Cependant, ici, ce n'était ni le lieu, ni le moment et elle se contorsionna pour remonter un peu plus sur le divan, laissant sa jupe descendre à ses hanches, à une limite presque indécente.

Mais elle se fichait de son corps nu et blanc, elle n'avait qu'une envie, voir et toucher celui qu'elle avait entre les mains. Le visage de Lukas était si émouvant, qu'elle peinait à le regarder. Ses mains viriles sur ses jambes courbées, étaient du venin langoureux et son bassin contre le sien ne faisait qu'échauffer, encore et encore, la fleur de feu qui fleurissait dans son bas-ventre. Et si elle passa ses mains sous la chemise non défaite, elle les retira, gênée, un peu peureuse de la réaction de son homme. Mais il était inutile d'en craindre quoi que ce soit, les crocs du prédateurs ne s'enfonceraient pas dans sa chair. Pas encore...

« Oh Lukas... Fais moi tienne... » ...je n'y tiens plus, criaient ses sens mais... La petite ne savait pas qu'avant l'absolution il y avait le pardon, et l'expérience de cher Duc allait démontrer à la jeune femme que c'était la langueur de l'attente qui faisait de l'acte, un divin plaisir.

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MessageSujet: Re: Nos retours en société [PV. Bliss Abberline]   Nos retours en société [PV. Bliss Abberline] EmptySam 2 Fév - 19:42

Ce n'était pas la première fois que Lukas allait s'adonner aux plaisirs de la chair. Lorsqu'il était encore valide, de l'adolescence jusqu'à la vingtaine, il avait eu parfois des conquêtes lors de bals ou de soirées qui ennuyaient les jeunes gens. Les rapprochements auxquels il s'était adonné avec certaines filles de bonne famille, derrière un lointain rideau, dans une chambre vide ou au bout d'un couloir silencieux avaient su donner du piquant à ces moments de flottement nobiliaires qui n'amusaient jamais personne. A cette époque, Lukas ne se souciait que de son propre plaisir, pressé par ses pulsions et le frisson d'être surpris en fâcheuse posture. Son égoïsme plus que sa prudence l'en avait toujours préservé. Que lui importait la frustration de sa partenaire, déjà chanceuse d'avoir été défleurie par un des héritiers les plus prometteurs d'Anathorey. Il lui était arrivé de coucher avec une femme plus mûre, en âge d'être sa mère. Il avait eu la cruauté de rire lorsque celle-ci lui avait dit, avec beaucoup d'amour dans la voix, qu'elle avait le sentiment de retrouver une seconde jeunesse en compagnie de Lukas. L'honneur et la bienséance l'avaient empêchée de protester. Même jeune, c'était lui l'homme, c'était lui qui avait le pouvoir de faire tomber en disgrâce la pécheresse qu'elle était. Elle s'était donc tue, et Lukas avait continuer à s'amuser, avec elle une ou deux fois, puis avec quelques autres ponctuellement.

Après qu'il fut blessé, il ne put avoir des rapports qu'après une longue convalescence qui l'avait plongé dans un était de frustration telle qu'il aurait pu se jeter sur la première apte à combler ses besoins. Une première femme fut choisie pour dégoupiller ce qui lui faisait défaut depuis si longtemps. Il l'oublia dès qu'il fut sorti de son corps et eut quelques autres partenaires. Trois, peut-être quatre. Mais comme auparavant, il n'était question que de besoins charnels, quelques coups de butoirs plus ou moins nombreux et des soupirs qui ne demandaient qu'à être expulsés de son thorax au bord de l'étouffement. Il n'y avait jamais rien eu de plus. Aucune écoute, aucun échange, aucun amour. Rien qu'un désir pulsionnel qui une fois assouvi s'assoupissait jusqu'à la prochaine salve.

Au dessus du corps presque dénudé de Bliss, Lukas sut qu'il n'avait jamais rien comprit à ce qu'étaient les plaisirs intimes, s'il souhaitait les goûter à leur paroxysme. A peine un de ses vêtements avait chut, tout juste sa chevelure s'était elle dénouée qu'il s'était senti défaillir. Il la dévorait de ses yeux noirs tandis qu'elle l'aspirait de son regard vert. Il la voulait, il la voulait si fort qu'il aurait pu la mordre à même la chair, dans sa peau laiteuse, fragile et douce comme de la dentelle. Mais il refusait de la traiter comme d'autres, ces autres qui n'étaient plus que des silhouettes floues perdues dans des souvenirs sans intérêt. Puisqu'elle était sa reine, elle méritait tous les égards dus à son rang. Puisqu'il était son duc, il devait se montrer à la hauteur de la confiance qu'elle lui témoignait.

De ses grandes mains fermes, Lukas suivait les courbes de Bliss comme s'il était en train de la sculpter. Ignorer ses complaintes était une affliction des plus difficiles, mais c'était comme souffler sur des braises pour attiser un feu. Un vrai délice. C'était avec une certaine taquinerie que Lukas glissait sur la presque nudité de sa belle, pour lui faire découvrir que le plaisir ne s'animait pas que dans les endroits auxquels on s'attendait. Rien ne lui fut épargner des épaules au creux des hanches, le Duc la caressait de ses paumes et de ses lèvres comme pour bénir Bliss, la couvrir d'or et de lumière.
Bliss commença à suffoquer dans son corset. Elle le dénoua, mais ne put s'en débarrasser complètement, coincée entre une méridienne trop confortable pour s'en lever, et le torse glabre de Lukas, dévoilé par sa chemise béante. Sans la lâcher des yeux, il s'empara du vêtement asphyxiant, l'entrouvrit plus encore et le fit passer par dessus la tête de sa porteuse pour la libérer. Quelques autres gestes permirent de délivrer sa poitrine. Elle était belle, ferme et galbée comme le corps des chérubins qui décoraient les plus augustes bâtisses d'Anathorey. L'esprit embué, Lukas se pencha dessus pour l'effleurer avec sa bouche, son nez, son souffle, sans que ses mains ne cessent de parcourir le reste, jusqu'à susciter des frémissements intenses que Bliss devrait trouver la force de supporter, même si elle affirmait devenir folle. Ne l'était-il pas lui-même, à cet instant précis ?

Quelques paroles hésitantes firent naître un sourire sur le visage de Lukas. Pour son plus grand plaisir, la jupe était descendu sur les hanches de Bliss jusqu'à une frontière que les bonnes manières commandent de n'être connue que par les époux. Cependant Lukas n'avait aucune envie de se conduire en parfait gentleman ce soir-là. C'était beaucoup trop tard pour y songer. Presque couché sur son amour, il l'embrassa sur le menton. « Au diable la théorie, ma douce ». Ses doigts allèrent s'emparer des coutures de la jupe. « Il te suffit de te détendre ». Le tissu commença à glisser le long des cuisses de Bliss. « Laisse-toi aller ». Le vêtement atteignit les genoux. « Abandonne toi à moi ». La jupe arriva sur les petites chevilles de la lady. « Et savoure ce qui n'appartient qu'à nous » . La mousseline claire atterrit sur le tapis sombre.

Bliss était presque entièrement nue. Le teint rosit par l'envie et la timidité, elle laissa traîner ses mains toutes fines sur le torse de Lukas sans oser poursuivre ses caresses. « N'aie pas peur... » dit-il de sa voix feutrée. Lukas saisit tendrement ces mains toutes fines et les guida pour qu'elles attrapent les deux pans de sa chemise pour la faire glisser lentement le long de ses épaules, de ses bras, de son dos. L'émoi qu'il lut dans les yeux envieux de Bliss lui donnèrent des idées plus espiègles. « Un peu d'audace pour rétablir l'égalité » poursuivit-il, en se redressant sur les genoux. Il mena cette fois les mains de la belle vers les cinq boutons qui fermaient son pantalon. Il l'aida à les défaire, un par un, en savourant les légers tremblements qui palpitaient au creux de ses paumes. Il la trouva adorable. Bientôt Lukas se retrouva dans un aussi simple appareil que ne l'était Bliss.

Il prit quelques instants pour la toiser et l'admirer. Ses yeux effleurèrent son visage, ses seins, son ventre, le milieu de son corps. « Tu es d'une beauté étourdissante » souffla-t-il en s'allongeant sur elle, pour sentir contre lui sa quasi-nudité. Leurs peaux se firent brûlantes au contact l'une de l'autre, et l'ardeur de Lukas se changea bientôt en fébrilité. Il n'y pouvait plus tenir. La supplication de Bliss au creux de son oreille lui fit perdre la raison une bonne fois pour toutes.

Ils se retrouvèrent nus, et plus rien, pas même la fraîcheur de la pièce qui les abritait, n'aurait pu faire chuter la fièvre qui s'était emparée d'eux.

Les nœuds de plaisir furent caressés, les points de langueur furent pressés, les zones les plus sensibles furent pincés, que ce fut sous le joug de mains curieuses ou de lèvres avides. Lukas équilibrait ses gestes entre audace et tendresse, pour ne pas malmener Bliss. Il voulait pouvoir l'enivrer autant qu'elle ne l'enivrait. Il l'embrassa éperdument, dix ou cent fois, il lui chuchota qu'elle était belle, qu'elle était sa belle, qu'il l'aimait à en faire fondre son cœur. Il émanait d'eux une vapeur telle qu'ils auraient pu étouffer s'ils n'avaient pris soin de reprendre leur souffle lors de moments d'accalmie. Ce n'était qu'un échauffement, mais il fallait que Bliss fut tout à fait détendue. Et Lukas travaillait à cette détente, tout en tirant sur la corde de son plaisir, un peu plus, toujours un peu plus, jusqu'à tendre à un point de rupture qui lui serait fatal s'il ne prenait garde à maîtriser ses émotions.

Échaudé comme un soldat prêt pour la guerre, Lukas échangea un regard avec Bliss. Un regard brillant d'une envie que ces effleurements ne pouvaient plus combler. Un regard luisant du désir d caler leurs corps l'un dans l'autre, comme s'imbriquaient les pièces d'une boîte à secret. C'est avec une infinie douceur qu'il entrouvrit l'écrin de sa belle pour y poser ce qui les délivrerait tous les deux.
La morsure voluptueuse fut si intense que Lukas poussa un râle du plus profond de son ventre. Le plaisir lui rentra dans la peau de bas en haut, tout son être était tendu, et son souffle suspendu. Il éprouva un besoin physique de bouger le bassin, qu'il fit onduler en Bliss pour la ressentir dans toute son étroitesse. Doucement, doucement, il ne fallait pas lui faire de mal. Était-il possible qu'elle ressente de la douleur ? Le duc tâcha de demeurer alerte. Mais cette ivresse qui lui tournait la tête, ce vertige amoureux qui s'emparait de lui, rendait la tâche très, très difficile...
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